MESSAGES DU PAPE BENOIT XVI
                                   


                                                                             



Extraits des messages de Benoît XVI aux JMJ
:

"Notre monde en a assez de l'avidié, de  l'exploitation et de la division, de l'ennui des fausses idoles et des réponses partielles, ainsi que des fausses promesses. Notre coeur aspirent à une vision de la vie où règne l'amour, où les dons sont partagés, où l'unité se construit, où la liverté trouve sa propre signification dans la vérité et où l'identité se trouve dans une communion respectueuse. C'est là l'oeuvre de l'Esprit Saint !  C'est là l'espérance qu'offre l'Evangile de Jésus Christ !
C'est pour rendre témoignage à cette réalité que vous avez été recréés par le baptême et affermis par les dons de l'Esprit, reçus à la confirmation.
Voilà le message que, de Sydney, vous portez au monde !"  
(discours d'accueil le 17 juillet)

"Ce soir, réunis sous la beauté du ciel étoilé, nos coeurs et nos esprits sont remplis de gratitude envers Dieu pour le merveilleux don de notre foi en la Trinité. Nous nous rappelons nos parents et grands-parents qui ont marché à nos côtés lorsqu'enfants, nous faisions nos premiers pas sur le chemin de la foi. Aujourd'hui, bveaucoup d'années plus tard, vous êtes rassemlés comme jeunes adultes avec le successeur de Pierre. Je suis profondément heureux d'être avec vous. Invoquoons l'Esprit Saint, il est l'artisan de l'oeuvre de Dieu. Laissez ses dons vous modeler. De même que l'Eglise partage le même voyage que toute l'humanité, vous êtes également appelés à exercer les dons du Saint Esprit à travers les hauts et les bas de votre vie quotidienne."  (Homélie de la veillée, le 19 juillet)

"Chers jeunes, laissez-moi maintenant vous poser une question. Et vous, qu'allez-vous laisser à la prochaine génération N Bâtissez-vous votre vie sur des fondations solides, construisez-vous quelque chose qui perdurera ? Vivez-vous votre vie de manière à laissez la place à l'Esprit au milieu d'un monde qui veut oublier Dieu, voire le rejeter au nom d'une fausse conception de la liberté ? Comment utilisez-vous les dons que vous avez reçus, la "force" que l'Esprit Saint s'appreête à libérer en vous ? Quel héritage allez-vous transmettre à la jeune génération à venir ? Quel différence allez(-vous faire ?
(Homélie de la messe de clôture)

Dans les contes de fées, l'histoire se termine là et tous "vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants".  Dans la réalité, ce n'est pas si simple. Pour Marie, nombreuses furent les difficultész qui l'attendaient comme conséquence de son "oui" donné au Seigneur.  Siméon prophétisa qu'une épée transpererait son coeur. Dans les épreuves, elle resta fidèle à sa promesse, soutenue par l'Esprit de courage. Et elle fut glorieusement récompensée. chers jeunes, nous aussi devons rester fidèles au "oui" que nous avons donné en répondant à l'offre d'amitié du Seigneur. Nous savons qu'il ne nous abandonnera jamais."  (Angelus final, raandwick, le 20 juillet)



           

Le jeudi 17 juillet LE PAPE ACCUEILLI PAR 250 000 JEUNES

Le Pape appelle les jeunes à respecter la dignité de la Création et de l'homme

article






Homélie du Saint Père à Randwick

Chers amis,

« Vous allez recevoir une force, celle de l’Esprit Saint qui descendra sur vous » (Actes 1,8). Nous avons vu cette promesse s’accomplir ! Le jour de la Pentecôte, comme nous l’entendions dans la première lecture, le Seigneur ressuscité, assis à la droite du Père, envoya l’Esprit sur les disciples réunis dans la chambre haute. Avec la force de cet Esprit, Pierre et les apôtres partirent annoncer l’Évangile jusqu’aux extrémités de la Terre. À travers les âges, dans toutes les langues, l’Église dans le monde entier continue à proclamer les merveilles de Dieu et à appeler tous les peuples et nations à la foi, à l’espérance et à une vie nouvelle dans le Christ.

Je suis venu en ces jours, en tant que successeur de Saint Pierre, dans ce magnifique pays qu’est l’Australie. Je suis venu, mes jeunes frères et sœurs, pour vous conforter dans votre foi et pour vous encourager à ouvrir votre cœur à la force de l’Esprit du Christ et à la richesse de ses dons. Je prie que cette belle assemblée, qui unit des jeunes « de toutes les nations qui sont sous le ciel » (cf. Actes 2,5), soit une nouvelle chambre haute. Puisse le feu de l’Amour de Dieu descendre remplir votre cœur, vous unisse toujours plus étroitement au Seigneur et à son Église, et vous envoie de l’avant, nouvelle génération d’apôtres, pour mener le monde à Dieu.

« Vous allez recevoir une force, celle de l’Esprit Saint qui descendra sur vous ». Ces mots du Seigneur ressuscité prennent un sens particulier pour les jeunes qui vont être confirmés, marqués du don de l’Esprit Saint, à la messe d’aujourd’hui. Mais ils sont également adressés à chacun d’entre nous – à tous ceux qui ont reçu, dans le baptême, le don de l’Esprit de la réconciliation et d’une vie nouvelle, qui l’ont accueilli dans leur cœur le jour de leur confirmation comme leur soutien et leur guide, et qui grandissent chaque jour dans ses dons de grâce par la Sainte Eucharistie. À chaque messe en effet, le Saint Esprit descend à nouveau, invoqué par la prière solennelle de l’Église, non seulement pour transformer nos offrandes du pain et du vin en corps et sang du Seigneur, mais aussi pour transformer nos vies, pour faire de nous, par sa force, « un seul corps, un seul esprit dans le Christ ».

Mais quelle est cette « force » de l’Esprit Saint ? C’est la force de la vie divine ! C’est la force de ce même esprit qui plana sur les eaux à l’aube de la création et qui, quand vint la plénitude des temps, ressuscita Jésus des morts. C’est la force qui nous montre, à nous et à notre monde, la venue du Royaume de Dieu. Dans l’Évangile d’aujourd’hui, Jésus déclare qu’un nouvel âge a commencé, dans lequel l’Esprit Saint sera déversé sur toute l’humanité. (cf. Luc 4:21). Il est venu lui-même parmi nous pour nous donner cet Esprit. Comme la source de notre vie nouvelle dans le Christ, le Saint Esprit est aussi, d’une manière très réelle, l’âme de l’Église, l’Amour qui nous unit au Seigneur et les uns avec les autres, et la lumière qui nous ouvre les yeux pour voir tout autour de nous les merveilles de la grâce de Dieu.

Ici en Australie, cette grande « terre australe du Saint Esprit », nous avons tous eu une expérience inoubliable de la présence et de la force de l’Esprit dans la beauté de la nature. Nos yeux ont été ouverts pour voir le monde qui nous entoure tel qu’il est réellement : « chargé » comme dit le poète « de la grandeur de Dieu », rempli de la gloire de son amour créateur. Ici aussi, dans cette grande assemblée de jeunes chrétiens du monde entier, nous avons eu une expérience intense de la présence et de la force du Saint-Esprit dans la vie de l’Église. Nous avons vu l’Église telle qu’elle est réellement : le Corps du Christ, une communauté d’amour vivante, embrassant des gens de toutes races, pays et langues, de tous temps et de tous lieux, dans l’unité née de notre foi dans le Christ ressuscité.

La force de l’Esprit ne cesse jamais de remplir l’Église de vie ! Par la grâce des sacrements de l’Église, cette force circule au plus profond de notre être, comme une rivière souterraine qui nourrit notre esprit et nous attire toujours plus près de la source de la vraie vie : le Christ. Saint Ignace d’Antioche, qui est mort martyr à Rome au début du second siècle, nous a laissé une splendide description de la force de l’Esprit demeurant en nous. Il parlait de l’Esprit comme d’une fontaine d’eau vive jaillissant dans son cœur et murmurant : « viens, viens vers le Père » (cf. Ad Rom., 6,1-9).

Cependant, cette force, la grâce de l’Esprit, n’est pas quelque chose que nous pouvons mériter ou atteindre, mais que nous pouvons seulement recevoir comme un don. L’amour de Dieu ne peut déployer sa force que lorsque nous le laissons nous convertir de l’intérieur. Nous devons le laisser pénétrer l’épaisse carapace de notre indifférence, de notre lassitude spirituelle, de notre conformité aveugle à l’esprit de notre temps. Alors seulement, pouvons-nous laisser cet amour enflammer notre imagination et modeler nos aspirations les plus profondes. C’est pourquoi la prière est si importante : la prière quotidienne, la prière personnelle dans le secret de nos cœurs et devant le Saint Sacrement, et la prière liturgique au cœur de l’Église. La prière est pure réceptivité à la grâce de Dieu, amour en action, communion avec l’Esprit qui demeure en nous, nous conduisant, par Jésus, vers notre Père céleste. Par la force de son Esprit, Jésus est toujours présent dans nos cœurs, attendant calmement que nous fassions silence, que nous entendions sa voix, que nous trouvions notre réconfort dans son amour, que nous recevions sa « force venue d’en haut », qui nous permettra de devenir le sel et la lumière de notre monde.
À son Ascension, le Seigneur ressuscité dit à ses disciples : « Vous serez mes témoins … jusqu’aux extrémités de la terre » (Actes 1,8). Ici, en Australie, remercions le Seigneur pour le don de la foi, qui est descendu sur nous comme un trésor transmis de génération en génération dans la communion de l’Église. Ici, en Océanie, rendons grâce d’une manière particulière pour tous ces missionnaires héroïques, prêtres et religieux dévoués, parents et grands-parents chrétiens, enseignants et catéchistes qui édifièrent l’Église sur ces terres – des témoins comme Mary Mac Killop, Saint Pierre Chanel, Bienheureux Pierre To Rot et tant d’autres ! La force de l’Esprit, révélée dans leur vie, est toujours à l’œuvre dans les bonnes choses qu’ils ont laissées derrière eux, dans la société qu’ils ont modelée et qui vous est confiée.
Chers jeunes, laissez-moi maintenant vous poser une question. Et vous, qu’allez-vous laisser à la prochaine génération ? Bâtissez-vous votre vie sur des fondations solides, construisez-vous quelque chose qui perdurera ? Vivez-vous votre vie de manière à laisser la place à l’Esprit au milieu d’un monde qui veut oublier Dieu, voire le rejeter au nom d’une fausse conception de la liberté ? Comment utilisez-vous les dons que vous avez reçus, la « force » que l’Esprit Saint s’apprête à libérer en vous ? Quel héritage allez-vous transmettre à la jeune génération à venir ? Quelle différence allez-vous faire ?
La force de l’Esprit Saint ne fait pas que nous éclairer et nous consoler. Elle nous indique aussi le futur, la venue du Royaume de Dieu. Quelle magnifique vision d’une humanité rachetée et renouvelée pouvons-nous voir dans le nouvel âge promis par l’Évangile d’aujourd’hui ! Saint Luc nous dit que Jésus-Christ est l’accomplissement de toutes les promesses de Dieu, le Messie qui possède pleinement l’Esprit-Saint afin de le répandre sur tous les hommes. L’effusion de l’Esprit du Christ sur l’humanité est une promesse d’espérance et de délivrance de tout ce qui nous appauvrit. Elle rend aux aveugles la vue ; libère les opprimés, et crée l’unité dans et à travers la diversité (cf. Luc 4,18-19; Is 61,1-2). Cette force peut créer un monde nouveau : elle peut « renouveler la face de la terre » (cf. Ps 104,30) !
Ayant reçu la force de l’Esprit, et s’appuyant sur la riche vision de la foi, une nouvelle génération de chrétiens est appelée à construire un monde dans lequel le don de la vie de Dieu est accueilli, respecté et chéri – et non rejeté, craint comme une menace et détruit. Un nouvel âge dans lequel l’amour n’est pas cupide ni égoïste, mais pur, fidèle et authentiquement libre, ouvert aux autres, respectueux de leur dignité, cherchant leur bien, rayonnant de joie et de beauté. Un nouvel âge dans lequel l’espérance nous libère de la superficialité, de l’apathie et de l’égocentrisme qui affaiblissent nos âmes et empoisonnent nos relations. Chers jeunes amis, le Seigneur vous demande d’être les prophètes de ce nouvel âge, les messagers de son amour, attirant les hommes vers le Père et construisant un futur rempli d’espérance pour l’humanité entière.
Le monde a besoin de ce renouveau ! Dans tant de nos sociétés, parallèlement à la prospérité matérielle, se répand le désert spirituel : un vide intérieur, une peur indéfinissable, un sentiment caché de désespoir. Combien de nos contemporains se sont creusé des citernes lézardées et vides (cf. Jr 2:13) dans leur quête désespérée de sens – le sens ultime que seul l’amour peut donner ? C’est le grand don libérateur que nous apporte l’Évangile : il révèle notre dignité d’hommes et de femmes créés à l’image de Dieu et à sa ressemblance. Il révèle la sublime vocation de l’humanité : trouver la plénitude dans l’amour. Il révèle la vérité sur l’homme et la vérité sur la vie.
L’Église aussi a besoin de ce renouveau ! Elle a besoin de votre foi, de votre idéalisme et de votre générosité afin de pouvoir rester jeune dans l’Esprit (cf. Lumen Gentium, 4) ! Dans la deuxième lecture d’aujourd’hui, Paul nous rappelle que tout chrétien a reçu un don destiné à construire le Corps du Christ. L’Église a tout particulièrement besoin des dons des jeunes, de tous les jeunes. Elle a besoin de grandir dans la force de L’Esprit qui, aujourd’hui encore, donne de la joie à votre jeunesse et vous inspire à servir le Seigneur avec joie. Ouvrez vos cœurs à cette force ! Je lance cet appel d’une manière particulière à ceux d’entre vous que le Seigneur appelle à la prêtrise et à la vie consacrée. N’ayez pas peur de dire « oui » à Jésus, de trouver votre bonheur en faisant sa volonté, en vous donnant complètement pour parvenir à la sainteté, et en mettant tout vos talents aux services des autres !
Dans quelques instants, nous célébrerons le sacrement de Confirmation. L’Esprit Saint descendra sur les confirmands ; ils seront « scellés » par le don de l’Esprit et envoyés pour être les témoins du Christ. Que signifie recevoir le « sceau » de l’Esprit Saint ? Cela signifie être marqué de manière indélébile, transformé de manière inaltérable, être une nouvelle création. Pour ceux qui ont reçu ce don, rien ne sera comme avant ! Être « baptisé » en un seul Esprit (cf. 1 Co 12,13) signifie être embrasé de l’amour de Dieu. Être « abreuvé » de l’Esprit signifie être rafraîchi par la beauté du plan de Dieu pour nous et pour le monde, et devenir à notre tour une source de rafraîchissement spirituel pour les autres. Être « scellé de l’Esprit » signifie ne pas avoir peur de défendre le Christ, laissant la vérité de l’Évangile imprégner notre manière de voir, de penser et d’agir, tandis que nous œuvrons pour le triomphe de la civilisation de l’amour.
Alors que nous prions pour les confirmands, demandons que la force du Saint-Esprit ravive la grâce de notre propre confirmation. Qu’il répande ses dons en abondance sur vous qui êtes ici présents, sur la ville de Sydney, sur cette terre australienne et sur tout son peuple ! Que chacun d’entre nous soit renouvelé dans l’esprit de sagesse et d’intelligence, l’esprit de conseil et de force, l’esprit de science et de piété, l’esprit d’admiration et de crainte face à la présence de Dieu !
Par l’intercession aimante de Marie, Mère de l’Eglise, que ces vingt-troisièmes Journées Mondiales de la Jeunesse soient vécues comme une nouvelle chambre haute, depuis laquelle, chacun d’entre nous, brûlant du feu et de l’amour de l’Esprit Saint, se mette en route pour proclamer le Christ ressuscité et attirer tous les cœurs à lui ! Amen.







Message Urbi et Orbi

 MESSAGE DU DIMANCHE DE PAQUES

ROME, Dimanche 23 mars 2008 (ZENIT.org) - Les « plaies » de l'humanité « attendent d'être soulagées et guéries par les plaies glorieuses du Seigneur ressuscité »: l

e pape Benoît XVI a lancé cet appel à la responsabilité du chrétien dans son message de Pâques, à l'occasion de sa bénédiction « Urbi et Orbi », au terme de la messe de Pâques.

Le parvis de la basilique était à cette occasion transformé en jardin parfumé et fleuri par des horticulteurs hollandais, mais la pluie battante démentait ce printemps liturgique, sans pour autant décourager les dizaines de milliers de chrétiens participant à la célébration.

« Le Christ est ressuscité. Sainte fête de Pâques ! Que pour vous ce mystère soit source de bonheur et de paix profonde », disait ensuite le pape aux francophones présents place Saint-Pierre ou en liaison directe par la télévision ou la radio.

Benoît XVI citait ces paroles liturgiques en latin : « Je suis ressuscité, je suis toujours avec toi. Alleluia ! Chers frères et sœurs, Jésus crucifié et ressuscité nous répète aujourd'hui cette joyeuse annonce : l'annonce pascale. Accueillons-la avec un profond émerveillement et avec une grande gratitude ! »

Mais Benoît XVI mentionnait en même temps « les plaies de l'humanité, ouvertes et douloureuses en tout coin de la planète, même si elles sont souvent ignorées et parfois volontairement cachées ; plaies qui écorchent les âmes et les corps de tant de nos frères et de nos sœurs ».

D'où cet appel à la responsabilité du chrétien dans le monde d'aujourd'hui: « Elles attendent d'être soulagées et guéries par les plaies glorieuses du Seigneur ressuscité (cf. 1 P 2, 24-25) et par la solidarité de tous les hommes qui, sur ses pas et en son nom, posent des gestes d'amour, s'engagent concrètement pour la justice et répandent autour d'eux des signes lumineux d'espérance dans les lieux ensanglantés par les conflits et partout où la dignité de la personne humaine continue à être outragée et foulée aux pieds ».

Le pape en appelle à des « témoignages de douceur et de pardon ! » Et de citer « le Darfour et la Somalie », le  « Moyen-Orient tourmenté », et spécialement la Terre Sainte, l'Irak, le Liban, et le Tibet. Pour toutes ces régions, le pape « encourage la recherche de solutions qui sauvegardent le bien et la paix ! », mais aussi « la solidarité fraternelle » et « la paix ».

Le pape invite « à contempler le Christ ressuscité, en en faisant résonner la voix dans notre cœur » : « Par son sacrifice rédempteur, Jésus de Nazareth nous a rendus fils adoptifs de Dieu, de sorte que maintenant nous pouvons, nous aussi, nous insérer dans le dialogue mystérieux entre Lui et le Père. Nous avons en mémoire ce qu'un jour il a dit à ses auditeurs : « Tout m'a été confié par mon Père ; personne ne connaît le Fils, sinon le Père, et personne ne connaît le Père, sinon le Fils, et celui à qui le Fils veut le révéler » (Mt 11, 27) ».

Le pape actualisait cette parole de l'Evangile en soulignant l'œuvre de la miséricorde divine: « Grâce à la mort et à la résurrection du Christ, nous aussi aujourd'hui, nous ressuscitons à une vie nouvelle et, unissant notre voix à la sienne, nous proclamons que nous voulons demeurer pour toujours avec Dieu, notre Père infiniment bon et miséricordieux ».

Benoît XVI soulignait aussi cette manifestation de l'amour trinitaire: « L'événement surprenant de la résurrection de Jésus est essentiellement un événement d'amour : amour du Père qui livre son Fils pour le salut du monde ; amour du Fils qui s'abandonne à la volonté du Père pour nous tous ; amour de l'Esprit qui ressuscite Jésus d'entre les morts dans son corps transfiguré. Et encore : amour du Père qui « embrasse de nouveau » le Fils, l'enveloppant dans sa gloire ; amour du Fils qui, par la force de l'Esprit, retourne au Père, revêtu de notre humanité transfigurée ».

Benoît XVI évoque cette « expérience absolue et particulière de la résurrection de Jésus » qui constitue un «  appel à nous convertir à l'Amour », à « vivre en refusant la haine et l'égoïsme, et à suivre docilement les traces de l'Agneau immolé pour notre salut, à imiter le Rédempteur « doux et humble de cœur », qui est «repos pour nos âmes » (cf. Mt 11, 29) ».


 VEILLEE PASCALE

Pâques : Dans le « départ » de Jésus, une nouveauté qui « change le monde »

Homélie prononcée par Benoît XVI la nuit de Pâques


ROME, Dimanche 23 mars 2008 (ZENIT.org) - Dans la mort et la résurrection de Jésus se trouve « une nouveauté unique, qui change le monde », explique Benoît XVI dans son homélie pour la veillée pascale. Et, ajoute le pape, c'est une espérance pour la paix et la réconciliation dans le monde : « les croyants ne sont jamais totalement étrangers l'un à l'autre ».

Le pape a en effet présidé la célébration de la veillée pascale, « mère » de toutes les célébrations liturgiques de l'Eglise.

« Dans le cas de Jésus, expliquait Benoît XVI, il y a une nouveauté unique, qui change le monde. Dans notre mort, s'en aller, c'est quelque chose de définitif, il n'y a pas de retour. Jésus, au contraire, dit de sa mort : ‘Je m'en vais, et je reviens vers vous' ».

Transformés par l'amour

C'est un départ pour une « présence », et une présence d'amour, sans fin, souligne le pape : «  En réalité, dans ce départ, il vient. Son départ inaugure pour lui un mode de présence totalement nouveau et plus grand. Par sa mort, il entre dans l'amour du Père. Sa mort est un acte d'amour. Mais l'amour est immortel. C'est pourquoi son départ se transforme en un nouveau retour, en une forme de présence qui parvient plus en profondeur et qui ne finit plus ».

Et de préciser la différence entre les amours humains, toujours plus ou moins entravés, et l'amour du Christ, absolument libre: « Bien sûr, dans l'amour nous pouvons d'une certaine façon entrer dans l'existence d'autrui. Cependant, la barrière qui vient du fait que nous sommes différents demeure infranchissable. Au contraire, Jésus, qui est maintenant totalement transformé par l'action de l'amour, est libéré de ces barrières et de ces limites ».

Le Christ passe les murailles des limites humaines : « Il est en mesure de passer non seulement à travers les portes extérieures fermées, comme nous le racontent les Évangiles (cf. Jn 20, 19). Il peut passer à travers la porte intérieure entre le je et le tu, la porte fermée entre l'hier et l'aujourd'hui, entre le passé et l'avenir ».

Un départ qui est une présence

D'où ce paradoxe du « départ » pour une présence universelle : « Son départ devient un retour dans le mode universel de la présence du Ressuscité, dans lequel il est présent hier, aujourd'hui et pour l'éternité ; dans lequel il embrasse tous les temps et tous les lieux. Maintenant il peut aussi franchir le mur de l'altérité qui sépare le je du tu ».

Au catéchumènes, le pape expliquait ce qui est en jeu dans la relation nouvelle avec le Christ : «  Dans le Baptême, le Seigneur entre dans votre vie par la porte de votre cœur. Nous ne sommes plus l'un à côté de l'autre ou l'un contre l'autre. Le Seigneur traverse toutes ces portes. Telle est la réalité du Baptême : lui, le Ressuscité, vient, il vient à vous et il associe sa vie à la vôtre, vous tenant dans le feu ouvert de son amour. Vous devenez une unité, oui, un avec Lui, et de ce fait un entre vous ».

Benoît XVI souligne que le baptême est la source d'une fraternité universelle : « Dans un premier temps, cela peut sembler très théorique et peu réaliste. Mais plus vous vivrez la vie de baptisés, plus vous pourrez faire l'expérience de la vérité de ces paroles. Les personnes baptisées et croyantes ne sont jamais vraiment étrangères l'une à l'autre. (...) Les croyants ne sont jamais totalement étrangers l'un à l'autre. Nous sommes en communion en raison de notre identité la plus profonde : le Christ en nous ».

Au milieu des dangers

Benoît XVI y voit une espérance pour la paix et la réconciliation : « Ainsi la foi est une force de paix et de réconciliation dans le monde : l'éloignement est dépassé ; dans le Seigneur nous sommes devenus proches (cf. Ep 2, 13) ».

Comment tant un passage  de l'Epître aux Hébreux, Benoît XVI soulignait encore cette libération apportée par le Christ dans l'histoire : « Pour nous Jésus est descendu dans les eaux obscures de la mort. Mais en vertu de son sang, nous dit la Lettre aux Hébreux, il a été remonté de la mort : son amour s'est uni à celui du Père et ainsi, de la profondeur de la mort, il a pu remonter à la vie. Maintenant il nous élève de la mort à la vraie vie. Oui, c'est ce qui se réalise dans le Baptême : il nous remonte vers lui, il nous attire dans la vraie vie. Il nous conduit à travers la mer souvent si obscure de l'histoire, où nous sommes fréquemment menacés de sombrer, au milieu des confusions et des dangers ».

Le pape faisait le rapprochement avec le récit de la libération du peuple d'Israël d ‘Egypte lu pendant cette liturgie: « Dans le Baptême, il nous prend comme par la main, il nous conduit sur le chemin qui passe à travers la Mer Rouge de ce temps et il nous introduit dans la vie sans fin, celle qui est vraie et juste. Tenons serrée sa main ! Quoiqu'il arrive ou quel que soit ce que nous rencontrons, n'abandonnons pas sa main ! Nous marchons alors sur le chemin qui conduit à la vie ».

Je peux « passer ma vie à dormir »

A propos du symbole de la lumière du Christ, le pape ajoutait : «  Etre baptisés signifie que le feu de cette lumière est descendu jusqu'au plus intime de nous-mêmes. C'est pourquoi, dans l'Église ancienne, le Baptême était appelé aussi le Sacrement de l'illumination : la lumière de Dieu entre en nous ; nous devenons ainsi nous-mêmes fils de la lumière ».

Surtout le pape soulignait la responsabilité du baptisé qui a reçu cette lumière : « Cette lumière de la vérité qui nous indique le chemin, nous ne voulons pas la laisser s'éteindre. Nous voulons la protéger contre toutes les puissances qui veulent l'éteindre pour faire en sorte que nous soyons dans l'obscurité sur Dieu et sur nous-mêmes. De temps en temps, l'obscurité peut sembler commode. Je peux me cacher et passer ma vie à dormir. Cependant, nous ne sommes pas appelés aux ténèbres mais à la lumière ».

Devenir des personnes pascales

C'est pourquoi le baptisé renouvelle chaque année ces promesses baptismales, à Pâques, rappelait le pape : « Le Seigneur nous a donné la lumière de la vérité. Cette lumière est en même temps feu, force qui vient de Dieu, force qui ne détruit pas, mais qui veut transformer nos cœurs, afin que nous devenions vraiment des hommes de Dieu et que sa paix devienne efficace en ce monde ».

Le pape concluait sur cette effort constant du chrétien pour correspondre à al grâce reçue : «  Et nous devons toujours de nouveau faire en sorte que notre cœur soit soustrait à la force de gravité qui le tire vers le bas, et que nous l'élevions intérieurement vers le haut : dans la vérité et l'amour (...). Et nous le prions ainsi : Oui, Seigneur, fait que nous devenions des personnes pascales, des hommes et des femmes de la lumière, remplis du feu de ton amour. Amen ».




Chemin de croix au Colisée : Le Christ est la réponse à notre soif d’infini

Allocution de Benoît XVI

ROME, Vendredi 21 mars 2008 (ZENIT.org) - Le Christ est la réponse à la soif d'infini du cœur humain, a rappelé Benoît XVI à l'issue du chemin de croix qu'il a présidé ce vendredi soir au Colisée, à Rome.

Plusieurs dizaines de milliers de personnes - que le pape a remerciées pour leur « patience sous la pluie » - ont participé à ce chemin de croix, bravant un froid inattendu et une pluie battante.

« De nombreuses personnes, à notre époque également, ne connaissent pas Dieu et ne peuvent pas le trouver dans le Christ crucifié. Beaucoup sont à la recherche d'un amour ou d'une liberté qui exclut Dieu. Beaucoup croient ne pas avoir besoin de Dieu », a déclaré Benoît XVI.

« Jésus Christ est mort pour affranchir l'humanité tout entière de l'ignorance de Dieu, du cercle de la haine et de la violence, de l'esclavage du péché. La Croix fait de nous des frères et sœurs », a-t-il expliqué

« Mais demandons-nous, maintenant, ce que nous avons fait de ce don. Qu'avons-nous fait de la révélation du visage de Dieu en Jésus Christ, de la révélation de l'amour de Dieu qui triomphe de la haine ? » s'est-il interrogé.

Le pape a invité les croyants à se laisser « interpeller » par le sacrifice du Christ.

« Laissons-le mettre nos certitudes humaines en crise, a-t-il exhorté. Ouvrons-lui notre cœur. Jésus est la vérité qui nous rend libres d'aimer. N'ayons pas peur : en mourant, le Seigneur a détruit le péché et sauvé les pécheurs, c'est-à-dire nous tous ».

« Voilà la vérité du Vendredi Saint : sur la croix, le Rédempteur a fait de nous des fils adoptifs de Dieu, il nous a créés à son image et à sa ressemblance », a-t-il expliqué.

« O Christ, donne-nous la paix que nous cherchons, la joie à laquelle nous aspirons, l'amour qui comble notre cœur assoiffé d'infini. Nous t'en prions, ce soir, Fils de Dieu, mort pour nous sur la croix et ressuscité le troisième jour », a conclu le pape.

Les méditations et les prières, confiées cette année par Benoît XVI au cardinal Joseph Zen Ze-kiun, s.d.b., évêque de Hong Kong, ont permis de sensibiliser les fidèles à la situation des « martyrs vivants », les chrétiens persécutés à travers le monde.

« Plus que nous, sans doute, ils ont probablement vécu dans leur corps la Passion de Jésus. Dans leur chair, Jésus a été de nouveau arrêté, calomnié, torturé, raillé, traîné, écrasé sous le poids de la croix et cloué sur ce bois, comme un criminel », explique le cardinal chinois dans l'introduction aux méditations.

Dans les représentations de chacune des quatorze stations du chemin de croix figurant dans le livret remis aux pèlerins et présentées par les chaînes de télévision du monde, Jésus apparaît avec des traits orientaux, de même que les autres personnages de l'Evangile.

A la douzième station, une jeune Chinoise a remis la croix au pape qui avait suivi le chemin de croix sous un abri installé sur le mont Palatin, tout proche du Colisée.

La croix avait été auparavant portée par des frères de la Custodie de Terre sainte, une femme porteuse de handicap, en fauteuil, une famille de Rome, une religieuse du Burkina Faso et le cardinal Camillo Ruini, vicaire du pape pour le diocèse de Rome.






Benoît XVI, ce mercredi 19 mars lors de l'Audience Générale :

"Nous allons revivre les jours appelés «saints», événement central de notre Rédemption. Ces trois jours sont le cœur de l’année liturgique et de la vie de l’Église.

Le Jeudi Saint, l’Église fait mémoire de la dernière Cène, au cours de laquelle le Seigneur institua l’Eucharistie et nous donna le commandement nouveau de l’amour fraternel. Cette célébration est précédée dans tous les diocèses par la Messe chrismale, où l’Évêque et les prêtres renouvellent les promesses de leur ordination.

Le Vendredi Saint, nous ferons mémoire de la passion, de la crucifixion et de la mort de Jésus. L’Église se recueille pour méditer sur le grand mystère du mal et du péché opprimant l’humanité, parcourant de nouveau, à la lumière des Écritures et des gestes liturgiques, les souffrances du Seigneur. Toutes les traditions de piété ont pour objectif d’imprimer dans l’âme des fidèles le sentiment d’une participation véritable au sacrifice rédempteur du Christ.

Le Samedi Saint est marqué par un profond silence; dans l’attente de la Résurrection, avec Marie, les chrétiens persévèrent dans la prière et la méditation. Une grande importance est donnée au Sacrement de Réconciliation, chemin indispensable pour se purifier et se préparer à Pâques.

La Veillée pascale nous introduit dans le dimanche le plus important de l’année: la Pâque du Christ. Dans les ténèbres, l’Église accueille la lumière et médite la promesse, contenue dans l’Écriture, de la libération définitive de l’esclavage du péché et de la mort."


  Le Jésus de Benoît XVI

Telle est la grande question qui nous accompagnera tout au long de ce livre : qu’est-ce que Jésus a vraiment apporté, s’il n’a pas apporté la paix dans le monde, le bien-être pour tous, un monde meilleur ? Qu’a-t-il apporté ? la réponse est très simple : Dieu. Il a apporté Dieu...

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Message à la jeunesse mondiale 2007

« Le secret de l’amour » : c’est ce que le pape Benoît XVI confie aux jeunes dans ce message pour la XXIIe Journée mondiale de la jeunesse, le dimanche 1er avril, dimanche des Rameaux.


"Comme je vous ai aimés,

vous aussi aimez-vous les uns les autres " (Jn 13,34) 

EXTRAITS :

Chers jeunes,


À l’occasion de la XXIIe Journée Mondiale de la Jeunesse, qui sera célébrée dans les diocèses lors du prochain Dimanche des Rameaux, je voudrais proposer à votre méditation les paroles de Jésus : « Comme je vous ai aimés, vous aussi aimez-vous les uns les autres » Jn 13, 34).

Est-il possible d’aimer ?

Toute personne éprouve le désir d’aimer et d’être aimée. Pourtant, qu’il est difficile d’aimer, et combien d’erreurs et d’échecs dans l’amour ! Certains en viennent même à douter que l’amour soit possible. Mais si des manques d’affection ou des déceptions sentimentales peuvent faire penser que l’amour est une utopie, un rêve inaccessible, faut-il pour autant se résigner ? Non, l’amour est possible et le but de mon message est de contribuer à raviver en chacun de vous, qui êtes l’avenir et l’espérance de l’humanité, la confiance dans l’amour véritable, fidèle et fort ; un amour qui engendre paix et joie ; un amour qui relie les personnes, leur permettant de se sentir libres, dans le respect mutuel.

Dieu, source de l’amour

Le premier temps concerne la source du véritable amour, qui est unique : Dieu. Saint Jean le met bien en évidence lorsqu’il affirme que « Dieu est amour » (1 Jn 4, 8.16). À ce point, il ne veut pas simplement dire que Dieu nous aime, mais que l’être même de Dieu est amour.

La Croix du Christ révèle pleinement l’amour de Dieu

Comment se manifeste à nous Dieu-amour ? Nous en sommes au deuxième temps de notre itinéraire. Même si déjà, dans la création, les signes de l’amour divin sont clairs, la révélation plénière du mystère intime de Dieu est advenue avec l’Incarnation, quand Dieu lui-même s’est fait homme. Dans le Christ, vrai Dieu et vrai Homme, nous avons connu l’amour dans toute sa signification. C’est sur la Croix que la manifestation de l’amour divin est totale et parfaite, comme l’affirme saint Paul : « La preuve que Dieu nous aime, c’est que le Christ est mort pour nous alors que nous étions encore pécheurs » (Rm 5, 8). Chacun d’entre nous peut donc dire sans peur de se tromper : « Le Christ m’a aimé et s’est livré pour moi » (cf. Ep 5, 2).

Aimer le prochain comme le Christ nous aime

Nous voici maintenant arrivés au troisième temps de notre réflexion. Sur la Croix, le Christ crie : « J’ai soif » (Jn 19, 28), révélant ainsi son ardente soif d’aimer et d’être aimé par chacun de nous. C’est seulement si nous parvenons à comprendre la profondeur et l’intensité d’un tel mystère que nous nous rendons compte de la nécessité et de l’urgence d’aimer à notre tour « comme » Il nous a aimés. Lla nouveauté du Christ consiste dans le fait qu’aimer comme Lui nous a aimés signifie aimer tous les autres, sans distinction, y compris ses ennemis, « jusqu’au bout » (cf. Jn 13,1).

Témoins de l’amour du Christ

Je voudrais maintenant m’arrêter sur trois lieux de la vie quotidienne où vous êtes particulièrement appelés, chers jeunes, à manifester l’amour de Dieu. Le premier lieu est l’Église qui est notre famille spirituelle, composée de tous les disciples du Christ. Vous souvenant de ses paroles : « Ce qui montrera à tous les hommes que vous êtes mes disciples, c’est l’amour que vous aurez les uns pour les autres » (Jn 13,35),

Se préparer à l’avenir

Le deuxième lieu où vous êtes appelés à exprimer l’amour et à grandir en lui concerne la préparation de votre avenir. Si vous êtes fiancés, Dieu a un projet d’amour sur votre avenir de couple et de famille, et il est donc essentiel que vous le découvriez avec l’aide de l’Église. L’amour de l’homme et de la femme est à l’origine de la famille humaine, et le couple que forment un homme et une femme a son fondement dans le dessein originel de Dieu (cf. Gn 2, 18-25).  N’hésitez pas à répondre généreusement à l’appel du Seigneur, car le mariage chrétien est une authentique et véritable vocation dans l’Église. De la même façon, chers jeunes, soyez prêts à dire « oui » si Dieu vous appelle à le suivre sur le chemin du sacerdoce ministériel ou de la vie consacrée.

Croître dans l’amour chaque jour

Le troisième lieu de l’engagement qu’implique l’amour concerne la vie quotidienne, avec ses multiples relations. Je pense notamment à la famille, aux études, au travail et aux loisirs. Chers jeunes, cultivez vos talents, non seulement pour obtenir une position sociale, mais aussi pour aider les autres « à grandir ». Développez toutes vos capacités, non seulement pour devenir plus « compétitifs » et plus « performants », mais pour être des « témoins de la charité ».

« Oser l’amour » en suivant l’exemple des saints

Chers jeunes, je voudrais vous inviter à « oser l’amour », à ne désirer rien de moins pour votre vie qu’un amour fort et beau, capable de faire de toute votre existence un joyeux accomplissement du don de vous-mêmes à Dieu et à vos frères, à l’exemple de Celui qui, par l’amour, est à jamais vainqueur de la haine et de la mort (cf. Ap 5,13). L’amour est la seule force capable de changer le cœur de l’homme et l’humanité entière. C’est de cela que témoigne la vie des saints. Apprenez à mieux les connaître, confiez-vous à leur intercession, cherchez à vivre avec eux.

Le secret de l’amour

Chacun de vous, chers amis, est appelé à atteindre ce même degré d’amour, mais seulement en recourant à l’indispensable soutien de la Grâce divine. Le contact avec le Seigneur, par la prière,  l’Eucharistie est par-dessus tout la grande école de l’amour. En participant régulièrement et avec dévotion à la Messe, en prenant de longs temps d’adoration en présence de Jésus Eucharistie, il est plus facile de comprendre la longueur, la largeur, la hauteur, la profondeur de son amour, qui surpasse toute connaissance (cf. Ep 3, 17-18).


Vers la rencontre de Sydney

À ce sujet, l’exhortation de l’apôtre Jean est éclairante : « Mes enfants, nous devons aimer non pas avec des paroles et des discours, mais par des actes et en vérité. En agissant ainsi, nous reconnaîtrons que nous appartenons à la vérité » (1 Jn 3, 18-19). Chers jeunes, c’est dans cet esprit que je vous invite à vivre la prochaine Journée Mondiale de la Jeunesse avec vos évêques dans vos différents diocèses. Elle constituera une étape importante vers la rencontre de Sydney, dont le thème sera : « Vous allez recevoir une force, celle du Saint-Esprit qui viendra sur vous. Alors vous serez mes témoins » (Ac 1, 8). Que Marie, Mère du Christ et de l’Église, vous aide à faire résonner partout le cri qui a changé le monde : « Dieu est amour ! ». Je vous accompagne de ma prière et vous bénis de tout cœur.

Du Vatican, le 27 janvier 2007.

MESSAGE INTEGRAL

Chers jeunes,

À l’occasion de la XXIIe Journée Mondiale de la Jeunesse, qui sera célébrée dans les diocèses lors du prochain Dimanche des Rameaux, je voudrais proposer à votre méditation les paroles de Jésus : « Comme je vous ai aimés, vous aussi aimez-vous les uns les autres » Jn 13, 34).

Est-il possible d’aimer ?

Toute personne éprouve le désir d’aimer et d’être aimée. Pourtant, qu’il est difficile d’aimer, et combien d’erreurs et d’échecs dans l’amour ! Certains en viennent même à douter que l’amour soit possible. Mais si des manques d’affection ou des déceptions sentimentales peuvent faire penser que l’amour est une utopie, un rêve inaccessible, faut-il pour autant se résigner ? Non, l’amour est possible et le but de mon message est de contribuer à raviver en chacun de vous, qui êtes l’avenir et l’espérance de l’humanité, la confiance dans l’amour véritable, fidèle et fort ; un amour qui engendre paix et joie ; un amour qui relie les personnes, leur permettant de se sentir libres, dans le respect mutuel. Permettez-moi donc de parcourir avec vous un itinéraire en trois temps à la « découverte » de l’amour.

Dieu, source de l’amour

Le premier temps concerne la source du véritable amour, qui est unique : Dieu. Saint Jean le met bien en évidence lorsqu’il affirme que « Dieu est amour » (1 Jn 4, 8.16). À ce point, il ne veut pas simplement dire que Dieu nous aime, mais que l’être même de Dieu est amour. Nous sommes là devant la plus lumineuse révélation de la source de l’amour qu’est le mystère trinitaire : en Dieu, un et trine, il existe un éternel échange d’amour entre les personnes du Père et du Fils, et cet amour n’est pas une énergie ou un sentiment, mais une personne, l’Esprit Saint.

La Croix du Christ révèle pleinement l’amour de Dieu

Comment se manifeste à nous Dieu-amour ? Nous en sommes au deuxième temps de notre itinéraire. Même si déjà, dans la création, les signes de l’amour divin sont clairs, la révélation plénière du mystère intime de Dieu est advenue avec l’Incarnation, quand Dieu lui-même s’est fait homme. Dans le Christ, vrai Dieu et vrai Homme, nous avons connu l’amour dans toute sa signification. En effet, comme je l’ai écrit dans l’encyclique Deus caritas est, « la véritable nouveauté du Nouveau Testament ne consiste pas en des idées nouvelles, mais dans la figure même du Christ qui donne chair et sang aux concepts - un réalisme inouï ! » (n. 12). C’est sur la Croix que la manifestation de l’amour divin est totale et parfaite, comme l’affirme saint Paul : « La preuve que Dieu nous aime, c’est que le Christ est mort pour nous alors que nous étions encore pécheurs » (Rm 5, 8). Chacun d’entre nous peut donc dire sans peur de se tromper : « Le Christ m’a aimé et s’est livré pour moi » (cf. Ep 5, 2). Rachetée par son sang, aucune vie humaine n’est inutile ou sans valeur, parce que nous sommes tous aimés personnellement de Lui, d’un amour passionné et fidèle, d’un amour sans limites. La Croix, folie pour le monde, scandale pour de nombreux croyants, est au contraire « sagesse de Dieu » pour ceux qui se laissent toucher jusqu’au fond de leur être, « car la folie de Dieu est plus sage que l’homme, et la faiblesse de Dieu est plus forte que l’homme » (1 Co 1, 24-25). Plus encore, le Crucifié, qui porte à jamais après sa Résurrection les marques de sa passion, met en lumière les « caricatures » et les mensonges sur Dieu qui s’affublent d’un visage de violence, de vengeance et d’exclusion. Le Christ est l’Agneau de Dieu qui prend sur lui le péché du monde et qui extirpe la haine du cœur de l’homme. Telle est la véritable « révolution » opérée par Lui : l’amour.

Aimer le prochain comme le Christ nous aime

Nous voici maintenant arrivés au troisième temps de notre réflexion. Sur la Croix, le Christ crie : « J’ai soif » (Jn 19, 28), révélant ainsi son ardente soif d’aimer et d’être aimé par chacun de nous. C’est seulement si nous parvenons à comprendre la profondeur et l’intensité d’un tel mystère que nous nous rendons compte de la nécessité et de l’urgence d’aimer à notre tour « comme » Il nous a aimés. Cela comporte l’engagement, si c’est nécessaire, de donner aussi sa vie pour ses frères, en étant soutenus par l’amour du Christ. Déjà dans l’Ancien Testament, Dieu avait dit : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » (Lv 19, 18), mais la nouveauté du Christ consiste dans le fait qu’aimer comme Lui nous a aimés signifie aimer tous les autres, sans distinction, y compris ses ennemis, « jusqu’au bout » (cf. Jn 13,1).

Témoins de l’amour du Christ

Je voudrais maintenant m’arrêter sur trois lieux de la vie quotidienne où vous êtes particulièrement appelés, chers jeunes, à manifester l’amour de Dieu. Le premier lieu est l’Église qui est notre famille spirituelle, composée de tous les disciples du Christ. Vous souvenant de ses paroles : « Ce qui montrera à tous les hommes que vous êtes mes disciples, c’est l’amour que vous aurez les uns pour les autres » (Jn 13,35), soutenez, par votre enthousiasme et votre charité, les activités des paroisses, des communautés, des mouvements ecclésiaux et des groupes de jeunes auxquels vous appartenez. Manifestez votre sollicitude en recherchant le bien d’autrui, dans la fidélité aux engagements que vous avez pris. N’hésitez pas à renoncer avec joie à certains loisirs, acceptez de bon cœur les sacrifices nécessaires, témoignez de votre amour fidèle pour Jésus, annonçant son Évangile tout spécialement aux jeunes de votre âge.

Se préparer à l’avenir

Le deuxième lieu où vous êtes appelés à exprimer l’amour et à grandir en lui concerne la préparation de votre avenir. Si vous êtes fiancés, Dieu a un projet d’amour sur votre avenir de couple et de famille, et il est donc essentiel que vous le découvriez avec l’aide de l’Église, libres du préjugé courant selon lequel le christianisme, avec ses commandements et ses interdits, met des obstacles à la joie de l’amour et empêche en particulier de goûter pleinement au bonheur que l’homme et la femme recherchent dans leur amour réciproque. L’amour de l’homme et de la femme est à l’origine de la famille humaine, et le couple que forment un homme et une femme a son fondement dans le dessein originel de Dieu (cf. Gn 2, 18-25). Apprendre à s’aimer comme couple est un chemin merveilleux, qui requiert toutefois un apprentissage exigeant. La période des fiançailles, fondamentale pour la construction d’un couple, est un temps d’attente et de préparation, qui doit être vécu dans la chasteté des gestes et des paroles. Cela permet de mûrir dans l’amour, dans la prévenance et dans l’attention à l’autre ; cela aide à exercer la maîtrise de soi, à développer le respect de l’autre, caractérisant l’amour véritable, qui ne recherche pas d’abord sa propre satisfaction ni son confort personnel. Dans la prière commune, demandez au Seigneur qu’il garde votre amour, qu’il le fasse grandir et qu’il le purifie de tout égoïsme. N’hésitez pas à répondre généreusement à l’appel du Seigneur, car le mariage chrétien est une authentique et véritable vocation dans l’Église. De la même façon, chers jeunes, soyez prêts à dire « oui » si Dieu vous appelle à le suivre sur le chemin du sacerdoce ministériel ou de la vie consacrée. Votre exemple sera un encouragement pour de nombreux autres jeunes de votre âge qui sont à la recherche du véritable bonheur.

Croître dans l’amour chaque jour

Le troisième lieu de l’engagement qu’implique l’amour concerne la vie quotidienne, avec ses multiples relations. Je pense notamment à la famille, aux études, au travail et aux loisirs. Chers jeunes, cultivez vos talents, non seulement pour obtenir une position sociale, mais aussi pour aider les autres « à grandir ». Développez toutes vos capacités, non seulement pour devenir plus « compétitifs » et plus « performants », mais pour être des « témoins de la charité ». Parallèlement à votre formation professionnelle, faites l’effort d’acquérir des connaissances religieuses qui vous seront utiles pour accomplir votre mission de manière responsable. En particulier, je vous invite à approfondir la doctrine sociale de l’Église, pour que, par ses principes, elle inspire et éclaire votre action dans le monde. Que l’Esprit Saint vous rende inventifs dans la charité, persévérants dans vos engagements et audacieux dans vos initiatives, pour contribuer à l’édification de la « civilisation de l’amour ». L’horizon de l’amour est vraiment illimité : c’est le monde entier !

« Oser l’amour » en suivant l’exemple des saints

Chers jeunes, je voudrais vous inviter à « oser l’amour », à ne désirer rien de moins pour votre vie qu’un amour fort et beau, capable de faire de toute votre existence un joyeux accomplissement du don de vous-mêmes à Dieu et à vos frères, à l’exemple de Celui qui, par l’amour, est à jamais vainqueur de la haine et de la mort (cf. Ap 5,13). L’amour est la seule force capable de changer le cœur de l’homme et l’humanité entière, en rendant fructueux les rapports entre hommes et femmes, entre riches et pauvres, entre cultures et civilisations. C’est de cela que témoigne la vie des saints, qui, véritables amis de Dieu, sont le canal et le reflet de cet amour originaire. Apprenez à mieux les connaître, confiez-vous à leur intercession, cherchez à vivre avec eux. Je voudrais simplement citer Mère Teresa, qui, parce qu’elle s’est empressée de répondre au cri du Christ « J’ai soif », cri qui l’avait profondément touchée, a commencé à accueillir les mourants dans les rues de Calcutta, en Inde. L’unique désir de sa vie est alors devenu d’étancher la soif d’amour de Jésus, non par des mots, mais par des actes concrets, en reconnaissant son visage défiguré, assoiffé d’amour, dans le visage des plus pauvres parmi les pauvres. La Bienheureuse Teresa a mis en pratique l’enseignement du Seigneur : « Chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces petits qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait » (Mt 25, 40). Et le message de cet humble témoin de l’amour divin s’est répandu dans le monde entier.

Le secret de l’amour

Chacun de vous, chers amis, est appelé à atteindre ce même degré d’amour, mais seulement en recourant à l’indispensable soutien de la Grâce divine. Seule l’aide du Seigneur nous permet en effet d’échapper à la résignation devant l’ampleur de la tâche à accomplir et nous donne le courage de réaliser ce qui est humainement inconcevable. Le contact avec le Seigneur, par la prière, nous maintient dans l’humilité, nous rappelant que nous sommes des « serviteurs inutiles » (cf. Lc 17, 10). L’Eucharistie est par-dessus tout la grande école de l’amour. En participant régulièrement et avec dévotion à la Messe, en prenant de longs temps d’adoration en présence de Jésus Eucharistie, il est plus facile de comprendre la longueur, la largeur, la hauteur, la profondeur de son amour, qui surpasse toute connaissance (cf. Ep 3, 17-18). En partageant le pain eucharistique avec nos frères de la communauté ecclésiale, nous sommes poussés, comme le fit la Vierge avec Élisabeth, à concrétiser « en hâte » l’amour du Christ dans un généreux service envers nos frères.

Vers la rencontre de Sydney

À ce sujet, l’exhortation de l’apôtre Jean est éclairante : « Mes enfants, nous devons aimer non pas avec des paroles et des discours, mais par des actes et en vérité. En agissant ainsi, nous reconnaîtrons que nous appartenons à la vérité » (1 Jn 3, 18-19). Chers jeunes, c’est dans cet esprit que je vous invite à vivre la prochaine Journée Mondiale de la Jeunesse avec vos évêques dans vos différents diocèses. Elle constituera une étape importante vers la rencontre de Sydney, dont le thème sera : « Vous allez recevoir une force, celle du Saint-Esprit qui viendra sur vous. Alors vous serez mes témoins » (Ac 1, 8). Que Marie, Mère du Christ et de l’Église, vous aide à faire résonner partout le cri qui a changé le monde : « Dieu est amour ! ». Je vous accompagne de ma prière et vous bénis de tout cœur.

Du Vatican, le 27 janvier 2007.