MESSAGES DU PAPE BENOIT XVI

Extraits des messages de Benoît XVI aux JMJ :
"Notre monde en a assez de
l'avidié, de l'exploitation et de la division, de l'ennui
des fausses idoles et des réponses partielles, ainsi que des
fausses promesses. Notre coeur aspirent à une vision de la vie
où règne l'amour, où les dons sont
partagés, où l'unité se construit, où la
liverté trouve sa propre signification dans la
vérité et où l'identité se trouve dans une
communion respectueuse. C'est là l'oeuvre de l'Esprit Saint !
C'est là l'espérance qu'offre l'Evangile de
Jésus Christ !
C'est pour rendre témoignage
à cette réalité que vous avez été
recréés par le baptême et affermis par les dons de
l'Esprit, reçus à la confirmation.
Voilà le message que, de Sydney, vous portez au monde !" (discours d'accueil le 17 juillet)
"Ce soir, réunis
sous la beauté du ciel étoilé, nos coeurs et nos
esprits sont remplis de gratitude envers Dieu pour le merveilleux don
de notre foi en la Trinité. Nous nous rappelons nos parents et
grands-parents qui ont marché à nos côtés
lorsqu'enfants, nous faisions nos premiers pas sur le chemin de la foi.
Aujourd'hui, bveaucoup d'années plus tard, vous êtes
rassemlés comme jeunes adultes avec le successeur de Pierre. Je
suis profondément heureux d'être avec vous. Invoquoons
l'Esprit Saint, il est l'artisan de l'oeuvre de Dieu. Laissez ses dons
vous modeler. De même que l'Eglise partage le même voyage
que toute l'humanité, vous êtes également
appelés à exercer les dons du Saint Esprit à
travers les hauts et les bas de votre vie quotidienne." (Homélie de la veillée, le 19 juillet)
"Chers jeunes, laissez-moi
maintenant vous poser une question. Et vous, qu'allez-vous laisser
à la prochaine génération N Bâtissez-vous
votre vie sur des fondations solides, construisez-vous quelque chose
qui perdurera ? Vivez-vous votre vie de manière à laissez
la place à l'Esprit au milieu d'un monde qui veut oublier Dieu,
voire le rejeter au nom d'une fausse conception de la liberté ?
Comment utilisez-vous les dons que vous avez reçus, la "force"
que l'Esprit Saint s'appreête à libérer en vous ?
Quel héritage allez-vous transmettre à la jeune
génération à venir ? Quel différence
allez(-vous faire ?
(Homélie de la messe de clôture)
Dans les contes de fées,
l'histoire se termine là et tous "vécurent heureux et
eurent beaucoup d'enfants". Dans la réalité, ce
n'est pas si simple. Pour Marie, nombreuses furent les
difficultész qui l'attendaient comme conséquence de son
"oui" donné au Seigneur. Siméon prophétisa
qu'une épée transpererait son coeur. Dans les
épreuves, elle resta fidèle à sa promesse,
soutenue par l'Esprit de courage. Et elle fut glorieusement
récompensée. chers jeunes, nous aussi devons rester
fidèles au "oui" que nous avons donné en répondant
à l'offre d'amitié du Seigneur. Nous savons qu'il ne nous
abandonnera jamais." (Angelus final, raandwick, le 20 juillet)

Le jeudi 17 juillet LE PAPE ACCUEILLI PAR 250 000 JEUNES
Le Pape appelle les jeunes à respecter la dignité de la Création et de l'homme
article
Homélie du Saint Père à Randwick
Chers amis,
« Vous allez recevoir une force, celle de l’Esprit Saint qui
descendra sur vous » (Actes 1,8). Nous avons vu cette promesse
s’accomplir ! Le jour de la Pentecôte, comme nous l’entendions dans la
première lecture, le Seigneur ressuscité, assis à la droite du Père,
envoya l’Esprit sur les disciples réunis dans la chambre haute. Avec la
force de cet Esprit, Pierre et les apôtres partirent annoncer
l’Évangile jusqu’aux extrémités de la Terre. À travers les âges, dans
toutes les langues, l’Église dans le monde entier continue à proclamer
les merveilles de Dieu et à appeler tous les peuples et nations à la
foi, à l’espérance et à une vie nouvelle dans le Christ.
Je suis venu en ces jours, en tant que successeur de Saint Pierre,
dans ce magnifique pays qu’est l’Australie. Je suis venu, mes jeunes
frères et sœurs, pour vous conforter dans votre foi et pour vous
encourager à ouvrir votre cœur à la force de l’Esprit du Christ et à la
richesse de ses dons. Je prie que cette belle assemblée, qui unit des
jeunes « de toutes les nations qui sont sous le ciel » (cf. Actes 2,5),
soit une nouvelle chambre haute. Puisse le feu de l’Amour de Dieu
descendre remplir votre cœur, vous unisse toujours plus étroitement au
Seigneur et à son Église, et vous envoie de l’avant, nouvelle
génération d’apôtres, pour mener le monde à Dieu.
« Vous allez recevoir une force, celle de l’Esprit Saint qui
descendra sur vous ». Ces mots du Seigneur ressuscité prennent un sens
particulier pour les jeunes qui vont être confirmés, marqués du don de
l’Esprit Saint, à la messe d’aujourd’hui. Mais ils sont également
adressés à chacun d’entre nous – à tous ceux qui ont reçu, dans le
baptême, le don de l’Esprit de la réconciliation et d’une vie nouvelle,
qui l’ont accueilli dans leur cœur le jour de leur confirmation comme
leur soutien et leur guide, et qui grandissent chaque jour dans ses
dons de grâce par la Sainte Eucharistie. À chaque messe en effet, le
Saint Esprit descend à nouveau, invoqué par la prière solennelle de
l’Église, non seulement pour transformer nos offrandes du pain et du
vin en corps et sang du Seigneur, mais aussi pour transformer nos vies,
pour faire de nous, par sa force, « un seul corps, un seul esprit dans
le Christ ».
Mais quelle est cette « force » de l’Esprit Saint ? C’est la force
de la vie divine ! C’est la force de ce même esprit qui plana sur les
eaux à l’aube de la création et qui, quand vint la plénitude des temps,
ressuscita Jésus des morts. C’est la force qui nous montre, à nous et à
notre monde, la venue du Royaume de Dieu. Dans l’Évangile
d’aujourd’hui, Jésus déclare qu’un nouvel âge a commencé, dans lequel
l’Esprit Saint sera déversé sur toute l’humanité. (cf. Luc 4:21). Il
est venu lui-même parmi nous pour nous donner cet Esprit. Comme la
source de notre vie nouvelle dans le Christ, le Saint Esprit est aussi,
d’une manière très réelle, l’âme de l’Église, l’Amour qui nous unit au
Seigneur et les uns avec les autres, et la lumière qui nous ouvre les
yeux pour voir tout autour de nous les merveilles de la grâce de Dieu.
Ici en Australie, cette grande « terre australe du Saint Esprit »,
nous avons tous eu une expérience inoubliable de la présence et de la
force de l’Esprit dans la beauté de la nature. Nos yeux ont été ouverts
pour voir le monde qui nous entoure tel qu’il est réellement : « chargé
» comme dit le poète « de la grandeur de Dieu », rempli de la gloire de
son amour créateur. Ici aussi, dans cette grande assemblée de jeunes
chrétiens du monde entier, nous avons eu une expérience intense de la
présence et de la force du Saint-Esprit dans la vie de l’Église. Nous
avons vu l’Église telle qu’elle est réellement : le Corps du Christ,
une communauté d’amour vivante, embrassant des gens de toutes races,
pays et langues, de tous temps et de tous lieux, dans l’unité née de
notre foi dans le Christ ressuscité.
La force de l’Esprit ne cesse jamais de remplir l’Église de vie !
Par la grâce des sacrements de l’Église, cette force circule au plus
profond de notre être, comme une rivière souterraine qui nourrit notre
esprit et nous attire toujours plus près de la source de la vraie vie :
le Christ. Saint Ignace d’Antioche, qui est mort martyr à Rome au début
du second siècle, nous a laissé une splendide description de la force
de l’Esprit demeurant en nous. Il parlait de l’Esprit comme d’une
fontaine d’eau vive jaillissant dans son cœur et murmurant : « viens,
viens vers le Père » (cf. Ad Rom., 6,1-9).
Cependant, cette force, la grâce de l’Esprit, n’est pas quelque
chose que nous pouvons mériter ou atteindre, mais que nous pouvons
seulement recevoir comme un don. L’amour de Dieu ne peut déployer sa
force que lorsque nous le laissons nous convertir de l’intérieur. Nous
devons le laisser pénétrer l’épaisse carapace de notre indifférence, de
notre lassitude spirituelle, de notre conformité aveugle à l’esprit de
notre temps. Alors seulement, pouvons-nous laisser cet amour enflammer
notre imagination et modeler nos aspirations les plus profondes. C’est
pourquoi la prière est si importante : la prière quotidienne, la prière
personnelle dans le secret de nos cœurs et devant le Saint Sacrement,
et la prière liturgique au cœur de l’Église. La prière est pure
réceptivité à la grâce de Dieu, amour en action, communion avec
l’Esprit qui demeure en nous, nous conduisant, par Jésus, vers notre
Père céleste. Par la force de son Esprit, Jésus est toujours présent
dans nos cœurs, attendant calmement que nous fassions silence, que nous
entendions sa voix, que nous trouvions notre réconfort dans son amour,
que nous recevions sa « force venue d’en haut », qui nous permettra de
devenir le sel et la lumière de notre monde.
À son Ascension, le
Seigneur ressuscité dit à ses disciples : « Vous serez mes témoins …
jusqu’aux extrémités de la terre » (Actes 1,8). Ici, en Australie,
remercions le Seigneur pour le don de la foi, qui est descendu sur nous
comme un trésor transmis de génération en génération dans la communion
de l’Église. Ici, en Océanie, rendons grâce d’une manière particulière
pour tous ces missionnaires héroïques, prêtres et religieux dévoués,
parents et grands-parents chrétiens, enseignants et catéchistes qui
édifièrent l’Église sur ces terres – des témoins comme Mary Mac Killop,
Saint Pierre Chanel, Bienheureux Pierre To Rot et tant d’autres ! La
force de l’Esprit, révélée dans leur vie, est toujours à l’œuvre dans
les bonnes choses qu’ils ont laissées derrière eux, dans la société
qu’ils ont modelée et qui vous est confiée.
Chers jeunes, laissez-moi maintenant vous poser une question. Et vous,
qu’allez-vous laisser à la prochaine génération ? Bâtissez-vous votre
vie sur des fondations solides, construisez-vous quelque chose qui
perdurera ? Vivez-vous votre vie de manière à laisser la place à
l’Esprit au milieu d’un monde qui veut oublier Dieu, voire le rejeter
au nom d’une fausse conception de la liberté ? Comment utilisez-vous
les dons que vous avez reçus, la « force » que l’Esprit Saint s’apprête
à libérer en vous ? Quel héritage allez-vous transmettre à la jeune
génération à venir ? Quelle différence allez-vous faire ?
La force de l’Esprit Saint ne fait pas que nous éclairer et nous
consoler. Elle nous indique aussi le futur, la venue du Royaume de
Dieu. Quelle magnifique vision d’une humanité rachetée et renouvelée
pouvons-nous voir dans le nouvel âge promis par l’Évangile
d’aujourd’hui ! Saint Luc nous dit que Jésus-Christ est
l’accomplissement de toutes les promesses de Dieu, le Messie qui
possède pleinement l’Esprit-Saint afin de le répandre sur tous les
hommes. L’effusion de l’Esprit du Christ sur l’humanité est une
promesse d’espérance et de délivrance de tout ce qui nous appauvrit.
Elle rend aux aveugles la vue ; libère les opprimés, et crée l’unité
dans et à travers la diversité (cf. Luc 4,18-19; Is 61,1-2). Cette
force peut créer un monde nouveau : elle peut « renouveler la face de
la terre » (cf. Ps 104,30) !
Ayant reçu la force de l’Esprit, et s’appuyant sur la riche vision de
la foi, une nouvelle génération de chrétiens est appelée à construire
un monde dans lequel le don de la vie de Dieu est accueilli, respecté
et chéri – et non rejeté, craint comme une menace et détruit. Un nouvel
âge dans lequel l’amour n’est pas cupide ni égoïste, mais pur, fidèle
et authentiquement libre, ouvert aux autres, respectueux de leur
dignité, cherchant leur bien, rayonnant de joie et de beauté. Un nouvel
âge dans lequel l’espérance nous libère de la superficialité, de
l’apathie et de l’égocentrisme qui affaiblissent nos âmes et
empoisonnent nos relations. Chers jeunes amis, le Seigneur vous demande
d’être les prophètes de ce nouvel âge, les messagers de son amour,
attirant les hommes vers le Père et construisant un futur rempli
d’espérance pour l’humanité entière.
Le monde a besoin de ce renouveau ! Dans tant de nos sociétés,
parallèlement à la prospérité matérielle, se répand le désert spirituel
: un vide intérieur, une peur indéfinissable, un sentiment caché de
désespoir. Combien de nos contemporains se sont creusé des citernes
lézardées et vides (cf. Jr 2:13) dans leur quête désespérée de sens –
le sens ultime que seul l’amour peut donner ? C’est le grand don
libérateur que nous apporte l’Évangile : il révèle notre dignité
d’hommes et de femmes créés à l’image de Dieu et à sa ressemblance. Il
révèle la sublime vocation de l’humanité : trouver la plénitude dans
l’amour. Il révèle la vérité sur l’homme et la vérité sur la vie.
L’Église aussi a besoin de ce renouveau ! Elle a besoin de votre foi,
de votre idéalisme et de votre générosité afin de pouvoir rester jeune
dans l’Esprit (cf. Lumen Gentium, 4) ! Dans la deuxième lecture
d’aujourd’hui, Paul nous rappelle que tout chrétien a reçu un don
destiné à construire le Corps du Christ. L’Église a tout
particulièrement besoin des dons des jeunes, de tous les jeunes. Elle a
besoin de grandir dans la force de L’Esprit qui, aujourd’hui encore,
donne de la joie à votre jeunesse et vous inspire à servir le Seigneur
avec joie. Ouvrez vos cœurs à cette force ! Je lance cet appel d’une
manière particulière à ceux d’entre vous que le Seigneur appelle à la
prêtrise et à la vie consacrée. N’ayez pas peur de dire « oui » à
Jésus, de trouver votre bonheur en faisant sa volonté, en vous donnant
complètement pour parvenir à la sainteté, et en mettant tout vos
talents aux services des autres !
Dans quelques instants, nous célébrerons le sacrement de Confirmation.
L’Esprit Saint descendra sur les confirmands ; ils seront « scellés »
par le don de l’Esprit et envoyés pour être les témoins du Christ. Que
signifie recevoir le « sceau » de l’Esprit Saint ? Cela signifie être
marqué de manière indélébile, transformé de manière inaltérable, être
une nouvelle création. Pour ceux qui ont reçu ce don, rien ne sera
comme avant ! Être « baptisé » en un seul Esprit (cf. 1 Co 12,13)
signifie être embrasé de l’amour de Dieu. Être « abreuvé » de l’Esprit
signifie être rafraîchi par la beauté du plan de Dieu pour nous et pour
le monde, et devenir à notre tour une source de rafraîchissement
spirituel pour les autres. Être « scellé de l’Esprit » signifie ne pas
avoir peur de défendre le Christ, laissant la vérité de l’Évangile
imprégner notre manière de voir, de penser et d’agir, tandis que nous
œuvrons pour le triomphe de la civilisation de l’amour.
Alors que nous prions pour les confirmands, demandons que la force du
Saint-Esprit ravive la grâce de notre propre confirmation. Qu’il
répande ses dons en abondance sur vous qui êtes ici présents, sur la
ville de Sydney, sur cette terre australienne et sur tout son peuple !
Que chacun d’entre nous soit renouvelé dans l’esprit de sagesse et
d’intelligence, l’esprit de conseil et de force, l’esprit de science et
de piété, l’esprit d’admiration et de crainte face à la présence de
Dieu !
Par l’intercession aimante de Marie, Mère de l’Eglise, que ces
vingt-troisièmes Journées Mondiales de la Jeunesse soient vécues comme
une nouvelle chambre haute, depuis laquelle, chacun d’entre nous,
brûlant du feu et de l’amour de l’Esprit Saint, se mette en route pour
proclamer le Christ ressuscité et attirer tous les cœurs à lui ! Amen.
Message Urbi et Orbi
MESSAGE DU DIMANCHE DE PAQUES
ROME, Dimanche 23 mars 2008 (ZENIT.org) - Les
« plaies » de l'humanité « attendent d'être soulagées et guéries
par les plaies glorieuses du Seigneur ressuscité »: l
e pape Benoît XVI a
lancé cet appel à la responsabilité du chrétien dans son message de Pâques, à
l'occasion de sa bénédiction « Urbi et Orbi », au terme de la messe
de Pâques.
Le parvis de la basilique était à cette
occasion transformé en jardin parfumé et fleuri par des horticulteurs
hollandais, mais la pluie battante démentait ce printemps liturgique, sans pour
autant décourager les dizaines de milliers de chrétiens participant à la
célébration.
« Le Christ est ressuscité. Sainte fête
de Pâques ! Que pour vous ce mystère soit source de bonheur et de paix
profonde », disait ensuite le pape aux francophones présents place
Saint-Pierre ou en liaison directe par la télévision ou la radio.
Benoît XVI citait ces paroles liturgiques en
latin : « Je suis ressuscité, je suis toujours avec toi. Alleluia !
Chers frères et sœurs, Jésus crucifié et ressuscité nous répète aujourd'hui
cette joyeuse annonce : l'annonce pascale. Accueillons-la avec un profond
émerveillement et avec une grande gratitude ! »
Mais Benoît XVI mentionnait en même temps
« les plaies de l'humanité, ouvertes et douloureuses en tout coin de la
planète, même si elles sont souvent ignorées et parfois volontairement cachées
; plaies qui écorchent les âmes et les corps de tant de nos frères et de nos
sœurs ».
D'où cet appel à la responsabilité du
chrétien dans le monde d'aujourd'hui: « Elles attendent d'être
soulagées et guéries par les plaies glorieuses du Seigneur ressuscité (cf. 1 P
2, 24-25) et par la solidarité de tous les hommes qui, sur ses pas et en son
nom, posent des gestes d'amour, s'engagent concrètement pour la justice et
répandent autour d'eux des signes lumineux d'espérance dans les lieux
ensanglantés par les conflits et partout où la dignité de la personne humaine
continue à être outragée et foulée aux pieds ».
Le pape en appelle à des « témoignages de
douceur et de pardon ! » Et de citer « le Darfour et la
Somalie », le « Moyen-Orient tourmenté », et spécialement la
Terre Sainte, l'Irak, le Liban, et le Tibet. Pour toutes ces régions, le pape
« encourage la recherche de solutions qui sauvegardent le bien et la paix
! », mais aussi « la solidarité fraternelle » et « la
paix ».
Le pape invite « à contempler le Christ
ressuscité, en en faisant résonner la voix dans notre cœur » :
« Par son sacrifice rédempteur, Jésus de Nazareth nous a rendus fils
adoptifs de Dieu, de sorte que maintenant nous pouvons, nous aussi, nous
insérer dans le dialogue mystérieux entre Lui et le Père. Nous avons en mémoire
ce qu'un jour il a dit à ses auditeurs : « Tout m'a été confié par mon Père ;
personne ne connaît le Fils, sinon le Père, et personne ne connaît le Père,
sinon le Fils, et celui à qui le Fils veut le révéler » (Mt 11, 27) ».
Le pape actualisait cette parole de l'Evangile
en soulignant l'œuvre de la miséricorde divine: « Grâce à la mort et à la
résurrection du Christ, nous aussi aujourd'hui, nous ressuscitons à une vie
nouvelle et, unissant notre voix à la sienne, nous proclamons que nous voulons
demeurer pour toujours avec Dieu, notre Père infiniment bon et
miséricordieux ».
Benoît XVI soulignait aussi cette
manifestation de l'amour trinitaire: « L'événement surprenant de la
résurrection de Jésus est essentiellement un événement d'amour : amour du Père
qui livre son Fils pour le salut du monde ; amour du Fils qui s'abandonne à la
volonté du Père pour nous tous ; amour de l'Esprit qui ressuscite Jésus d'entre
les morts dans son corps transfiguré. Et encore : amour du Père qui « embrasse
de nouveau » le Fils, l'enveloppant dans sa gloire ; amour du Fils qui, par la
force de l'Esprit, retourne au Père, revêtu de notre humanité
transfigurée ».
Benoît XVI évoque cette « expérience absolue
et particulière de la résurrection de Jésus » qui constitue un «
appel à nous convertir à l'Amour », à « vivre en refusant la haine et
l'égoïsme, et à suivre docilement les traces de l'Agneau immolé pour notre
salut, à imiter le Rédempteur « doux et humble de cœur », qui est «repos pour
nos âmes » (cf. Mt 11, 29) ».
VEILLEE PASCALE
Pâques : Dans le « départ » de Jésus, une nouveauté qui « change le monde
»
Homélie prononcée par Benoît XVI la nuit de Pâques
ROME, Dimanche 23 mars 2008 (ZENIT.org) - Dans la mort et la résurrection de Jésus se
trouve « une nouveauté unique, qui change le monde », explique Benoît XVI dans
son homélie pour la veillée pascale. Et, ajoute le pape, c'est une espérance
pour la paix et la réconciliation dans le monde : « les croyants ne sont jamais
totalement étrangers l'un à l'autre ».
Le pape a en effet présidé la
célébration de la veillée pascale,
« mère » de toutes les
célébrations liturgiques de l'Eglise.
« Dans le cas de Jésus, expliquait Benoît XVI, il y a une nouveauté unique,
qui change le monde. Dans notre mort, s'en aller, c'est quelque chose de
définitif, il n'y a pas de retour. Jésus, au contraire, dit de sa mort : ‘Je
m'en vais, et je reviens vers vous' ».
Transformés par l'amour
C'est un départ pour une « présence », et une présence d'amour, sans fin,
souligne le pape : « En réalité, dans ce départ, il vient. Son départ inaugure
pour lui un mode de présence totalement nouveau et plus grand. Par sa mort, il
entre dans l'amour du Père. Sa mort est un acte d'amour. Mais l'amour est
immortel. C'est pourquoi son départ se transforme en un nouveau retour, en une
forme de présence qui parvient plus en profondeur et qui ne finit plus ».
Et de préciser la différence entre les amours humains, toujours plus ou moins
entravés, et l'amour du Christ, absolument libre: « Bien sûr, dans l'amour nous
pouvons d'une certaine façon entrer dans l'existence d'autrui. Cependant, la
barrière qui vient du fait que nous sommes différents demeure infranchissable.
Au contraire, Jésus, qui est maintenant totalement transformé par l'action de
l'amour, est libéré de ces barrières et de ces limites ».
Le Christ passe les murailles des limites humaines : « Il est en mesure de
passer non seulement à travers les portes extérieures fermées, comme nous le
racontent les Évangiles (cf. Jn 20, 19). Il peut passer à travers la porte
intérieure entre le je et le tu, la porte fermée entre l'hier et l'aujourd'hui,
entre le passé et l'avenir ».
Un départ qui est une présence
D'où ce paradoxe du « départ »
pour une présence universelle : « Son
départ devient un retour dans le mode universel de la
présence du Ressuscité, dans lequel il est présent
hier, aujourd'hui et pour l'éternité ; dans lequel il
embrasse tous les temps et tous les lieux. Maintenant il peut aussi
franchir le mur de l'altérité qui sépare le je du
tu ».
Au catéchumènes, le pape expliquait ce qui est en jeu dans la relation
nouvelle avec le Christ : « Dans le Baptême, le Seigneur entre dans votre vie
par la porte de votre cœur. Nous ne sommes plus l'un à côté de l'autre ou l'un
contre l'autre. Le Seigneur traverse toutes ces portes. Telle est la réalité du
Baptême : lui, le Ressuscité, vient, il vient à vous et il associe sa vie à la
vôtre, vous tenant dans le feu ouvert de son amour. Vous devenez une unité, oui,
un avec Lui, et de ce fait un entre vous ».
Benoît XVI souligne que le baptême est la source d'une fraternité
universelle : « Dans un premier temps, cela peut sembler très théorique et peu
réaliste. Mais plus vous vivrez la vie de baptisés, plus vous pourrez faire
l'expérience de la vérité de ces paroles. Les personnes baptisées et croyantes
ne sont jamais vraiment étrangères l'une à l'autre. (...) Les croyants ne sont
jamais totalement étrangers l'un à l'autre. Nous sommes en communion en raison
de notre identité la plus profonde : le Christ en nous ».
Au milieu des dangers
Benoît XVI y voit une espérance pour la paix et la réconciliation : « Ainsi
la foi est une force de paix et de réconciliation dans le monde : l'éloignement
est dépassé ; dans le Seigneur nous sommes devenus proches (cf. Ep 2, 13) ».
Comment tant un passage de l'Epître aux Hébreux, Benoît XVI soulignait
encore cette libération apportée par le Christ dans l'histoire : « Pour nous
Jésus est descendu dans les eaux obscures de la mort. Mais en vertu de son sang,
nous dit la Lettre aux Hébreux, il a été remonté de la mort : son amour s'est
uni à celui du Père et ainsi, de la profondeur de la mort, il a pu remonter à la
vie. Maintenant il nous élève de la mort à la vraie vie. Oui, c'est ce qui se
réalise dans le Baptême : il nous remonte vers lui, il nous attire dans la vraie
vie. Il nous conduit à travers la mer souvent si obscure de l'histoire, où nous
sommes fréquemment menacés de sombrer, au milieu des confusions et des
dangers ».
Le pape faisait le rapprochement avec le récit de la libération du peuple
d'Israël d ‘Egypte lu pendant cette liturgie: « Dans le Baptême, il nous prend
comme par la main, il nous conduit sur le chemin qui passe à travers la Mer
Rouge de ce temps et il nous introduit dans la vie sans fin, celle qui est vraie
et juste. Tenons serrée sa main ! Quoiqu'il arrive ou quel que soit ce que nous
rencontrons, n'abandonnons pas sa main ! Nous marchons alors sur le chemin qui
conduit à la vie ».
Je peux « passer ma vie à dormir »
A propos du symbole de la lumière du Christ, le pape ajoutait : « Etre
baptisés signifie que le feu de cette lumière est descendu jusqu'au plus intime
de nous-mêmes. C'est pourquoi, dans l'Église ancienne, le Baptême était appelé
aussi le Sacrement de l'illumination : la lumière de Dieu entre en nous ; nous
devenons ainsi nous-mêmes fils de la lumière ».
Surtout le pape soulignait la responsabilité du baptisé qui a reçu cette
lumière : « Cette lumière de la vérité qui nous indique le chemin, nous ne
voulons pas la laisser s'éteindre. Nous voulons la protéger contre toutes les
puissances qui veulent l'éteindre pour faire en sorte que nous soyons dans
l'obscurité sur Dieu et sur nous-mêmes. De temps en temps, l'obscurité peut
sembler commode. Je peux me cacher et passer ma vie à dormir. Cependant, nous ne
sommes pas appelés aux ténèbres mais à la lumière ».
Devenir des personnes pascales
C'est pourquoi le baptisé renouvelle chaque année ces promesses baptismales,
à Pâques, rappelait le pape : « Le Seigneur nous a donné la lumière de la
vérité. Cette lumière est en même temps feu, force qui vient de Dieu, force qui
ne détruit pas, mais qui veut transformer nos cœurs, afin que nous devenions
vraiment des hommes de Dieu et que sa paix devienne efficace en ce monde ».
Le pape concluait sur cette effort constant du chrétien pour correspondre à
al grâce reçue : « Et nous devons toujours de nouveau faire en sorte que notre
cœur soit soustrait à la force de gravité qui le tire vers le bas, et que nous
l'élevions intérieurement vers le haut : dans la vérité et l'amour (...). Et
nous le prions ainsi : Oui, Seigneur, fait que nous devenions des personnes
pascales, des hommes et des femmes de la lumière, remplis du feu de ton amour.
Amen ».
Chemin de croix au Colisée : Le Christ est la réponse à notre soif
d’infini

Allocution de Benoît XVI
ROME, Vendredi 21 mars 2008 (ZENIT.org) - Le Christ est la réponse à la soif d'infini du
cœur humain, a rappelé Benoît XVI à l'issue du chemin de croix qu'il a présidé
ce vendredi soir au Colisée, à Rome.
Plusieurs dizaines de milliers de personnes - que le pape a remerciées pour
leur « patience sous la pluie » - ont participé à ce chemin de croix, bravant un
froid inattendu et une pluie battante.
« De nombreuses personnes, à notre époque également, ne connaissent pas Dieu
et ne peuvent pas le trouver dans le Christ crucifié. Beaucoup sont à la
recherche d'un amour ou d'une liberté qui exclut Dieu. Beaucoup croient ne pas
avoir besoin de Dieu », a déclaré Benoît XVI.
« Jésus Christ est mort pour affranchir l'humanité tout entière de
l'ignorance de Dieu, du cercle de la haine et de la violence, de l'esclavage du
péché. La Croix fait de nous des frères et sœurs », a-t-il expliqué
« Mais demandons-nous, maintenant, ce que nous avons fait de ce don.
Qu'avons-nous fait de la révélation du visage de Dieu en Jésus Christ, de la
révélation de l'amour de Dieu qui triomphe de la haine ? » s'est-il
interrogé.
Le pape a invité les croyants à se laisser « interpeller » par le sacrifice
du Christ.
« Laissons-le mettre nos certitudes humaines en crise, a-t-il exhorté.
Ouvrons-lui notre cœur. Jésus est la vérité qui nous rend libres d'aimer.
N'ayons pas peur : en mourant, le Seigneur a détruit le péché et sauvé les
pécheurs, c'est-à-dire nous tous ».
« Voilà la vérité du Vendredi Saint : sur la croix, le Rédempteur a fait de
nous des fils adoptifs de Dieu, il nous a créés à son image et à sa
ressemblance », a-t-il expliqué.
« O Christ, donne-nous la paix que nous cherchons, la joie à laquelle nous
aspirons, l'amour qui comble notre cœur assoiffé d'infini. Nous t'en prions, ce
soir, Fils de Dieu, mort pour nous sur la croix et ressuscité le troisième
jour », a conclu le pape.
Les méditations et les prières, confiées cette année par Benoît XVI au
cardinal Joseph Zen Ze-kiun, s.d.b., évêque de Hong Kong, ont permis de
sensibiliser les fidèles à la situation des « martyrs vivants », les chrétiens
persécutés à travers le monde.
« Plus que nous, sans doute, ils ont probablement vécu dans leur corps la
Passion de Jésus. Dans leur chair, Jésus a été de nouveau arrêté, calomnié,
torturé, raillé, traîné, écrasé sous le poids de la croix et cloué sur ce bois,
comme un criminel », explique le cardinal chinois dans l'introduction aux
méditations.
Dans les représentations de chacune des quatorze stations du chemin de croix
figurant dans le livret remis aux pèlerins et présentées par les chaînes de
télévision du monde, Jésus apparaît avec des traits orientaux, de même que les
autres personnages de l'Evangile.
A la douzième station, une jeune Chinoise a remis la croix au pape qui avait
suivi le chemin de croix sous un abri installé sur le mont Palatin, tout proche
du Colisée.
La croix avait été auparavant portée par des frères de la Custodie de Terre
sainte, une femme porteuse de handicap, en fauteuil, une famille de Rome, une
religieuse du Burkina Faso et le cardinal Camillo Ruini, vicaire du pape pour le
diocèse de Rome.
Benoît XVI, ce mercredi 19 mars lors de l'Audience Générale :
"Nous allons revivre les jours appelés «saints», événement central de
notre Rédemption. Ces trois jours sont le cœur de l’année liturgique et
de la vie de l’Église.
Le
Jeudi Saint, l’Église fait mémoire de la dernière Cène, au cours de
laquelle le Seigneur institua l’Eucharistie et nous donna le
commandement nouveau de l’amour fraternel. Cette célébration est
précédée dans tous les diocèses par la Messe chrismale, où l’Évêque et
les prêtres renouvellent les promesses de leur ordination.
Le
Vendredi Saint, nous ferons mémoire de la passion, de la crucifixion et
de la mort de Jésus. L’Église se recueille pour méditer sur le grand
mystère du mal et du péché opprimant l’humanité, parcourant de nouveau,
à la lumière des Écritures et des gestes liturgiques, les souffrances
du Seigneur. Toutes les traditions de piété ont pour objectif
d’imprimer dans l’âme des fidèles le sentiment d’une participation
véritable au sacrifice rédempteur du Christ.
Le Samedi Saint
est marqué par un profond silence; dans l’attente de la Résurrection,
avec Marie, les chrétiens persévèrent dans la prière et la méditation.
Une grande importance est donnée au Sacrement de Réconciliation, chemin
indispensable pour se purifier et se préparer à Pâques.
La
Veillée pascale nous introduit dans le dimanche le plus important de
l’année: la Pâque du Christ. Dans les ténèbres, l’Église accueille la
lumière et médite la promesse, contenue dans l’Écriture, de la
libération définitive de l’esclavage du péché et de la mort."
Le Jésus de Benoît XVI
Telle est la grande question qui nous accompagnera tout au long
de ce livre : qu’est-ce que Jésus a vraiment apporté, s’il n’a pas apporté la paix
dans le monde, le bien-être pour tous, un monde meilleur ? Qu’a-t-il apporté ?
la réponse est très simple : Dieu. Il a apporté Dieu...
site croire :
http://www.croire.com/article/index.jsp?docId=2300465&rubId=188
Message à la jeunesse mondiale 2007
"Comme je vous ai aimés,
vous aussi aimez-vous les uns les autres " (Jn 13,34)
EXTRAITS :
Chers jeunes,
À l’occasion de la XXIIe Journée
Mondiale de la Jeunesse,
qui sera célébrée dans les diocèses lors du prochain Dimanche des Rameaux, je
voudrais proposer à votre méditation les paroles de Jésus : « Comme
je vous ai aimés, vous aussi aimez-vous les uns les autres » Jn 13, 34).
Est-il possible d’aimer ?
Toute personne éprouve le désir d’aimer et d’être aimée.
Pourtant, qu’il est difficile d’aimer, et combien d’erreurs et d’échecs dans
l’amour ! Certains en viennent même à douter que l’amour soit possible.
Mais si des manques d’affection ou des déceptions sentimentales peuvent faire
penser que l’amour est une utopie, un rêve inaccessible, faut-il pour autant se
résigner ? Non, l’amour est possible et le but de mon message est de
contribuer à raviver en chacun de vous, qui êtes l’avenir et l’espérance de
l’humanité, la confiance dans l’amour véritable, fidèle et fort ; un amour
qui engendre paix et joie ; un amour qui relie les personnes, leur
permettant de se sentir libres, dans le respect mutuel.
Dieu, source de l’amour
Le premier temps concerne la source du véritable amour,
qui est unique : Dieu. Saint Jean le met bien en évidence lorsqu’il
affirme que « Dieu est amour » (1 Jn 4, 8.16). À ce point, il ne veut
pas simplement dire que Dieu nous aime, mais que l’être même de Dieu est amour.
La Croix
du Christ révèle pleinement l’amour de Dieu
Comment se manifeste à nous Dieu-amour ? Nous en
sommes au deuxième temps de notre itinéraire. Même si déjà, dans la création,
les signes de l’amour divin sont clairs, la révélation plénière du mystère
intime de Dieu est advenue avec l’Incarnation, quand Dieu lui-même s’est fait
homme. Dans le Christ, vrai Dieu et vrai Homme, nous avons connu l’amour dans
toute sa signification. C’est sur la Croix que la manifestation
de l’amour divin est totale et parfaite, comme l’affirme saint Paul :
« La preuve que Dieu nous aime, c’est que le Christ est mort pour nous
alors que nous étions encore pécheurs » (Rm 5, 8). Chacun d’entre nous
peut donc dire sans peur de se tromper : « Le Christ m’a aimé et
s’est livré pour moi » (cf. Ep 5, 2).
Aimer le prochain comme le Christ nous aime
Nous voici maintenant arrivés au troisième temps de notre
réflexion. Sur la Croix,
le Christ crie : « J’ai soif » (Jn 19, 28), révélant ainsi son
ardente soif d’aimer et d’être aimé par chacun de nous. C’est seulement si nous
parvenons à comprendre la profondeur et l’intensité d’un tel mystère que nous
nous rendons compte de la nécessité et de l’urgence d’aimer à notre tour
« comme » Il nous a aimés. Lla nouveauté du
Christ consiste dans le fait qu’aimer comme Lui nous a aimés signifie aimer
tous les autres, sans distinction, y compris ses ennemis, « jusqu’au
bout » (cf. Jn 13,1).
Témoins de l’amour du Christ
Je voudrais maintenant m’arrêter sur trois lieux de la
vie quotidienne où vous êtes particulièrement appelés, chers jeunes, à
manifester l’amour de Dieu. Le premier lieu est l’Église qui est notre famille
spirituelle, composée de tous les disciples du Christ. Vous souvenant de ses
paroles : « Ce qui montrera à tous les hommes que vous êtes mes
disciples, c’est l’amour que vous aurez les uns pour les autres » (Jn
13,35),
Se préparer à l’avenir
Le deuxième lieu où vous
êtes appelés à exprimer l’amour
et à grandir en lui concerne la préparation de votre
avenir. Si vous êtes
fiancés, Dieu a un projet d’amour sur votre avenir de
couple et de famille, et
il est donc essentiel que vous le découvriez avec l’aide
de l’Église. L’amour de l’homme et de la femme
est à l’origine de la
famille humaine, et le couple que forment un homme et une femme a son
fondement
dans le dessein originel de Dieu (cf. Gn 2, 18-25).
N’hésitez pas à répondre
généreusement à l’appel du Seigneur, car le
mariage chrétien est une
authentique et véritable vocation dans l’Église. De
la même façon, chers
jeunes, soyez prêts à dire « oui »
si Dieu vous appelle à le suivre
sur le chemin du sacerdoce ministériel ou de la vie
consacrée.
Croître dans l’amour chaque jour
Le troisième lieu de l’engagement qu’implique l’amour
concerne la vie quotidienne, avec ses multiples relations. Je pense notamment à
la famille, aux études, au travail et aux loisirs. Chers jeunes, cultivez vos
talents, non seulement pour obtenir une position sociale, mais aussi pour aider
les autres « à grandir ». Développez toutes vos capacités, non
seulement pour devenir plus « compétitifs » et plus « performants »,
mais pour être des « témoins de la charité ».
« Oser l’amour » en suivant l’exemple des saints
Chers jeunes, je voudrais vous inviter à « oser
l’amour », à ne désirer rien de moins pour votre vie qu’un amour fort et
beau, capable de faire de toute votre existence un joyeux accomplissement du
don de vous-mêmes à Dieu et à vos frères, à l’exemple de Celui qui, par
l’amour, est à jamais vainqueur de la haine et de la mort (cf. Ap 5,13).
L’amour est la seule force capable de changer le cœur de l’homme et l’humanité
entière. C’est de cela que témoigne la vie
des saints. Apprenez à mieux les connaître, confiez-vous à leur
intercession, cherchez à vivre avec eux.
Le secret de l’amour
Chacun de vous, chers amis, est appelé à atteindre ce même
degré d’amour, mais seulement en recourant à l’indispensable soutien de la Grâce divine. Le contact avec le Seigneur, par la prière, l’Eucharistie est par-dessus tout la grande
école de l’amour. En participant régulièrement et avec dévotion à la Messe, en prenant de longs
temps d’adoration en présence de Jésus Eucharistie, il est plus facile de
comprendre la longueur, la largeur, la hauteur, la profondeur de son amour, qui
surpasse toute connaissance (cf. Ep 3, 17-18).
Vers la rencontre de Sydney
À ce sujet, l’exhortation de l’apôtre Jean est
éclairante : « Mes enfants, nous devons aimer non pas avec des
paroles et des discours, mais par des actes et en vérité. En agissant ainsi,
nous reconnaîtrons que nous appartenons à la vérité » (1 Jn 3, 18-19).
Chers jeunes, c’est dans cet esprit que je vous invite à vivre la prochaine
Journée Mondiale de la
Jeunesse avec vos évêques dans vos différents diocèses. Elle
constituera une étape importante vers la rencontre de Sydney, dont le thème
sera : « Vous allez recevoir une force, celle du Saint-Esprit qui
viendra sur vous. Alors vous serez mes témoins » (Ac 1, 8). Que Marie,
Mère du Christ et de l’Église, vous aide à faire résonner partout le cri qui a
changé le monde : « Dieu est amour ! ». Je vous accompagne
de ma prière et vous bénis de tout cœur.
Du Vatican, le 27 janvier 2007.
MESSAGE INTEGRAL
Chers jeunes,
À l’occasion de la XXIIe Journée
Mondiale de la Jeunesse,
qui sera célébrée dans les diocèses lors du prochain Dimanche des Rameaux, je
voudrais proposer à votre méditation les paroles de Jésus : « Comme
je vous ai aimés, vous aussi aimez-vous les uns les autres » Jn 13, 34).
Est-il possible d’aimer ?
Toute personne éprouve le désir d’aimer et d’être aimée.
Pourtant, qu’il est difficile d’aimer, et combien d’erreurs et d’échecs dans
l’amour ! Certains en viennent même à douter que l’amour soit possible.
Mais si des manques d’affection ou des déceptions sentimentales peuvent faire
penser que l’amour est une utopie, un rêve inaccessible, faut-il pour autant se
résigner ? Non, l’amour est possible et le but de mon message est de
contribuer à raviver en chacun de vous, qui êtes l’avenir et l’espérance de
l’humanité, la confiance dans l’amour véritable, fidèle et fort ; un amour
qui engendre paix et joie ; un amour qui relie les personnes, leur
permettant de se sentir libres, dans le respect mutuel. Permettez-moi donc de
parcourir avec vous un itinéraire en trois temps à la « découverte »
de l’amour.
Dieu, source de l’amour
Le premier temps concerne la source du véritable amour,
qui est unique : Dieu. Saint Jean le met bien en évidence lorsqu’il
affirme que « Dieu est amour » (1 Jn 4, 8.16). À ce point, il ne veut
pas simplement dire que Dieu nous aime, mais que l’être même de Dieu est amour.
Nous sommes là devant la plus lumineuse révélation de la source de l’amour
qu’est le mystère trinitaire : en Dieu, un et trine, il existe un éternel
échange d’amour entre les personnes du Père et du Fils, et cet amour n’est pas
une énergie ou un sentiment, mais une personne, l’Esprit Saint.
La Croix
du Christ révèle pleinement l’amour de Dieu
Comment se manifeste à nous Dieu-amour ? Nous en
sommes au deuxième temps de notre itinéraire. Même si déjà, dans la création,
les signes de l’amour divin sont clairs, la révélation plénière du mystère
intime de Dieu est advenue avec l’Incarnation, quand Dieu lui-même s’est fait
homme. Dans le Christ, vrai Dieu et vrai Homme, nous avons connu l’amour dans
toute sa signification. En effet, comme je l’ai écrit dans l’encyclique Deus
caritas est, « la véritable nouveauté du Nouveau Testament ne consiste pas
en des idées nouvelles, mais dans la figure même du Christ qui donne chair et
sang aux concepts - un réalisme inouï ! » (n. 12). C’est sur la Croix que la manifestation
de l’amour divin est totale et parfaite, comme l’affirme saint Paul :
« La preuve que Dieu nous aime, c’est que le Christ est mort pour nous
alors que nous étions encore pécheurs » (Rm 5, 8). Chacun d’entre nous
peut donc dire sans peur de se tromper : « Le Christ m’a aimé et
s’est livré pour moi » (cf. Ep 5, 2). Rachetée par son sang, aucune vie
humaine n’est inutile ou sans valeur, parce que nous sommes tous aimés
personnellement de Lui, d’un amour passionné et fidèle, d’un amour sans
limites. La Croix,
folie pour le monde, scandale pour de nombreux croyants, est au contraire
« sagesse de Dieu » pour ceux qui se laissent toucher jusqu’au fond
de leur être, « car la folie de Dieu est plus sage que l’homme, et la
faiblesse de Dieu est plus forte que l’homme » (1 Co 1, 24-25). Plus
encore, le Crucifié, qui porte à jamais après sa Résurrection les marques de sa
passion, met en lumière les « caricatures » et les mensonges sur Dieu
qui s’affublent d’un visage de violence, de vengeance et d’exclusion. Le Christ
est l’Agneau de Dieu qui prend sur lui le péché du monde et qui extirpe la
haine du cœur de l’homme. Telle est la véritable « révolution »
opérée par Lui : l’amour.
Aimer le prochain comme le Christ nous aime
Nous voici maintenant arrivés au troisième temps de notre
réflexion. Sur la Croix,
le Christ crie : « J’ai soif » (Jn 19, 28), révélant ainsi son
ardente soif d’aimer et d’être aimé par chacun de nous. C’est seulement si nous
parvenons à comprendre la profondeur et l’intensité d’un tel mystère que nous
nous rendons compte de la nécessité et de l’urgence d’aimer à notre tour
« comme » Il nous a aimés. Cela comporte l’engagement, si c’est
nécessaire, de donner aussi sa vie pour ses frères, en étant soutenus par l’amour
du Christ. Déjà dans l’Ancien Testament, Dieu avait dit : « Tu
aimeras ton prochain comme toi-même » (Lv 19, 18), mais la nouveauté du
Christ consiste dans le fait qu’aimer comme Lui nous a aimés signifie aimer
tous les autres, sans distinction, y compris ses ennemis, « jusqu’au
bout » (cf. Jn 13,1).
Témoins de l’amour du Christ
Je voudrais maintenant m’arrêter sur trois lieux de la
vie quotidienne où vous êtes particulièrement appelés, chers jeunes, à
manifester l’amour de Dieu. Le premier lieu est l’Église qui est notre famille
spirituelle, composée de tous les disciples du Christ. Vous souvenant de ses
paroles : « Ce qui montrera à tous les hommes que vous êtes mes
disciples, c’est l’amour que vous aurez les uns pour les autres » (Jn
13,35), soutenez, par votre enthousiasme et votre charité, les activités des
paroisses, des communautés, des mouvements ecclésiaux et des groupes de jeunes
auxquels vous appartenez. Manifestez votre sollicitude en recherchant le bien
d’autrui, dans la fidélité aux engagements que vous avez pris. N’hésitez pas à
renoncer avec joie à certains loisirs, acceptez de bon cœur les sacrifices
nécessaires, témoignez de votre amour fidèle pour Jésus, annonçant son Évangile
tout spécialement aux jeunes de votre âge.
Se préparer à l’avenir
Le deuxième lieu où vous êtes appelés à exprimer l’amour
et à grandir en lui concerne la préparation de votre avenir. Si vous êtes
fiancés, Dieu a un projet d’amour sur votre avenir de couple et de famille, et
il est donc essentiel que vous le découvriez avec l’aide de l’Église, libres du
préjugé courant selon lequel le christianisme, avec ses commandements et ses
interdits, met des obstacles à la joie de l’amour et empêche en particulier de
goûter pleinement au bonheur que l’homme et la femme recherchent dans leur
amour réciproque. L’amour de l’homme et de la femme est à l’origine de la
famille humaine, et le couple que forment un homme et une femme a son fondement
dans le dessein originel de Dieu (cf. Gn 2, 18-25). Apprendre à s’aimer comme
couple est un chemin merveilleux, qui requiert toutefois un apprentissage
exigeant. La période des fiançailles, fondamentale pour la construction d’un
couple, est un temps d’attente et de préparation, qui doit être vécu dans la
chasteté des gestes et des paroles. Cela permet de mûrir dans l’amour, dans la
prévenance et dans l’attention à l’autre ; cela aide à exercer la maîtrise
de soi, à développer le respect de l’autre, caractérisant l’amour véritable,
qui ne recherche pas d’abord sa propre satisfaction ni son confort personnel.
Dans la prière commune, demandez au Seigneur qu’il garde votre amour, qu’il le
fasse grandir et qu’il le purifie de tout égoïsme. N’hésitez pas à répondre
généreusement à l’appel du Seigneur, car le mariage chrétien est une
authentique et véritable vocation dans l’Église. De la même façon, chers
jeunes, soyez prêts à dire « oui » si Dieu vous appelle à le suivre
sur le chemin du sacerdoce ministériel ou de la vie consacrée. Votre exemple
sera un encouragement pour de nombreux autres jeunes de votre âge qui sont à la
recherche du véritable bonheur.
Croître dans l’amour chaque jour
Le troisième lieu de l’engagement qu’implique l’amour
concerne la vie quotidienne, avec ses multiples relations. Je pense notamment à
la famille, aux études, au travail et aux loisirs. Chers jeunes, cultivez vos
talents, non seulement pour obtenir une position sociale, mais aussi pour aider
les autres « à grandir ». Développez toutes vos capacités, non
seulement pour devenir plus « compétitifs » et plus « performants »,
mais pour être des « témoins de la charité ». Parallèlement à votre
formation professionnelle, faites l’effort d’acquérir des connaissances
religieuses qui vous seront utiles pour accomplir votre mission de manière
responsable. En particulier, je vous invite à approfondir la doctrine sociale
de l’Église, pour que, par ses principes, elle inspire et éclaire votre action
dans le monde. Que l’Esprit Saint vous rende inventifs dans la charité,
persévérants dans vos engagements et audacieux dans vos initiatives, pour
contribuer à l’édification de la « civilisation de l’amour ».
L’horizon de l’amour est vraiment illimité : c’est le monde entier !
« Oser l’amour » en suivant l’exemple des saints
Chers jeunes, je voudrais vous inviter à « oser
l’amour », à ne désirer rien de moins pour votre vie qu’un amour fort et
beau, capable de faire de toute votre existence un joyeux accomplissement du
don de vous-mêmes à Dieu et à vos frères, à l’exemple de Celui qui, par
l’amour, est à jamais vainqueur de la haine et de la mort (cf. Ap 5,13).
L’amour est la seule force capable de changer le cœur de l’homme et l’humanité
entière, en rendant fructueux les rapports entre hommes et femmes, entre riches
et pauvres, entre cultures et civilisations. C’est de cela que témoigne la vie
des saints, qui, véritables amis de Dieu, sont le canal et le reflet de cet
amour originaire. Apprenez à mieux les connaître, confiez-vous à leur
intercession, cherchez à vivre avec eux. Je voudrais simplement citer Mère
Teresa, qui, parce qu’elle s’est empressée de répondre au cri du Christ
« J’ai soif », cri qui l’avait profondément touchée, a commencé à
accueillir les mourants dans les rues de Calcutta, en Inde. L’unique désir de
sa vie est alors devenu d’étancher la soif d’amour de Jésus, non par des mots,
mais par des actes concrets, en reconnaissant son visage défiguré, assoiffé
d’amour, dans le visage des plus pauvres parmi les pauvres. La Bienheureuse Teresa
a mis en pratique l’enseignement du Seigneur : « Chaque fois que vous
l’avez fait à l’un de ces petits qui sont mes frères, c’est à moi que vous
l’avez fait » (Mt 25, 40). Et le message de cet humble témoin de l’amour
divin s’est répandu dans le monde entier.
Le secret de l’amour
Chacun de vous, chers amis, est appelé à atteindre ce même
degré d’amour, mais seulement en recourant à l’indispensable soutien de la Grâce divine. Seule l’aide
du Seigneur nous permet en effet d’échapper à la résignation devant l’ampleur
de la tâche à accomplir et nous donne le courage de réaliser ce qui est humainement
inconcevable. Le contact avec le Seigneur, par la prière, nous maintient dans
l’humilité, nous rappelant que nous sommes des « serviteurs
inutiles » (cf. Lc 17, 10). L’Eucharistie est par-dessus tout la grande
école de l’amour. En participant régulièrement et avec dévotion à la Messe, en prenant de longs
temps d’adoration en présence de Jésus Eucharistie, il est plus facile de
comprendre la longueur, la largeur, la hauteur, la profondeur de son amour, qui
surpasse toute connaissance (cf. Ep 3, 17-18). En partageant le pain
eucharistique avec nos frères de la communauté ecclésiale, nous sommes poussés,
comme le fit la Vierge
avec Élisabeth, à concrétiser « en hâte » l’amour du Christ dans un
généreux service envers nos frères.
Vers la rencontre de Sydney
À ce sujet, l’exhortation de l’apôtre Jean est
éclairante : « Mes enfants, nous devons aimer non pas avec des
paroles et des discours, mais par des actes et en vérité. En agissant ainsi,
nous reconnaîtrons que nous appartenons à la vérité » (1 Jn 3, 18-19).
Chers jeunes, c’est dans cet esprit que je vous invite à vivre la prochaine
Journée Mondiale de la
Jeunesse avec vos évêques dans vos différents diocèses. Elle
constituera une étape importante vers la rencontre de Sydney, dont le thème
sera : « Vous allez recevoir une force, celle du Saint-Esprit qui
viendra sur vous. Alors vous serez mes témoins » (Ac 1, 8). Que Marie,
Mère du Christ et de l’Église, vous aide à faire résonner partout le cri qui a
changé le monde : « Dieu est amour ! ». Je vous accompagne
de ma prière et vous bénis de tout cœur.
Du Vatican, le 27 janvier 2007.