Benoît XVI présente l'espérance de la résurrection à un monde qui
souffre
Message de Pâques et bénédiction « urbi et orbi »
ROME, Dimanche 4 avril 2010 (ZENIT.org) - Aujourd'hui encore l'humanité souffrante a besoin
d'un « exode », c'est-à-dire de passer de l'esclavage du péché à la Terre
promise. Ce passage est une « nouvelle naissance dans l'Esprit Saint », qui nous
est donnée dans le mystère de Pâques.
C'est ce qu'a expliqué le pape Benoît XVI dans le message de Pâques qu'il a
transmis au monde, ce dimanche, depuis la loggia centrale de la basilique
Saint-Pierre, en présence de plusieurs milliers de personnes rassemblées sur la
place, malgré la pluie, après avoir célébré la messe de la résurrection, sur le
parvis de la basilique.
« L'humanité a besoin d'un ‘exode', non pas seulement d'ajustements
superficiels, mais d'une conversion spirituelle et morale. Elle a besoin du
salut de l'Évangile, pour sortir d'une crise qui est profonde et qui, comme
telle, réclame des changements profonds, à commencer par celui de la
conscience », a expliqué Benoît XVI.
« Par sa mort et sa résurrection, Jésus Christ a libéré l'homme de
l'esclavage radical, celui du péché, et lui a ouvert la route vers la Terre
promise, le Royaume de Dieu, règne universel de justice, d'amour et de paix », a
souligné le pape.
« Cet 'exode' se réalise avant tout à l'intérieur de l'homme lui-même, et il
consiste en une nouvelle naissance dans l'Esprit Saint, conséquence du Baptême
que le Christ nous a précisément donné dans le mystère pascal. L'homme ancien
laisse la place à l'homme nouveau ; en laissant derrière soi la vie d'avant, il
est possible d'avancer dans une vie nouvelle (cf. Rm 6, 4). Mais l'
‘exode' spirituel est le principe d'une libération intégrale, susceptible de
rénover l'homme dans toutes ses dimensions, personnelle et sociale », a-t-il
ajouté.
« Oui, frères, Pâques est le vrai salut de l'humanité ! Si le Christ -
l'Agneau de Dieu - n'avait pas versé son Sang pour nous, nous n'aurions aucune
espérance ; notre destin et celui du monde entier serait inévitablement la
mort », a insisté le pape.
« Mais la Pâque a renversé la perspective : la Résurrection du Christ est une
nouvelle création, à la manière d'une greffe qui peut régénérer l'ensemble de la
planète. C'est un événement qui a modifié l'orientation profonde de l'histoire,
la faisant basculer une fois pour toutes du côté du bien, de la vie, du pardon.
Nous sommes libres, nous sommes sauvés ! », a-t-il déclaré.
Le pape a présenté l'espérance de la résurrection à tous les peuples qui
souffrent particulièrement : le Moyen Orient et en particulier la terre sainte,
les chrétiens d'Irak, l'Amérique latine qui souffre du trafic de la drogue,
Haïti, le Chili, l'Afrique où les conflits « continuent à provoquer destructions
et souffrances », le Pakistan.
Benoît XVI a rappelé que « la Pâque n'agit pas de façon magique ».
« Tout comme au-delà de la Mer rouge les hébreux trouvèrent le désert,
l'Église, après la Résurrection, rencontre toujours l'histoire avec ses joies et
ses espérances, ses douleurs et ses angoisses », a-t-il constaté.
« Et cependant, cette histoire est transformée, elle est marquée par une
alliance nouvelle et éternelle, elle est réellement ouverte à un avenir. C'est
pourquoi, sauvés en espérance, nous poursuivons notre pèlerinage en portant dans
le cœur le cantique ancien et toujours nouveau : 'Chantons le Seigneur : il est
vraiment ressuscité!' » a conclu le pape.
Avant de donner sa bénédiction urbi et orbi, le pape a présenté ses
voeux de Pâques, retransmis en mondiovision, dans 65 langues.
Messe de la Cène du Seigneur : Homélie de Benoît XVI
Appel à l’unité, « pour que le monde croie »
ROME, Jeudi 1er avril 2010 (ZENIT.org) - Benoît XVI a lancé un appel à l'unité des
disciples du Christ - « pour que le monde croie » - lors de la messe de la Cène
du Seigneur ce Jeudi Saint, en la basilique Saint-Jean-du-Latran, sa
cathédrale.
Chers frères et sœurs,
D'une façon plus ample que les trois autres évangélistes, saint Jean, à sa
manière propre, nous renvoie dans son évangile au discours d'adieu de Jésus, qui
apparaît aussi comme son testament et comme la synthèse du noyau essentiel de
son message. Au début de ce discours, il y a le lavement des pieds, dans lequel
le service rédempteur de Jésus pour l'humanité qui a besoin de purification est
résumé dans un geste d'humilité. A la fin, les paroles de Jésus se transforment
en prière, c'est la Prière sacerdotale, dont les exégètes ont repéré
l'arrière-fond dans le rituel de la fête juive de l'Expiation. Ce qui était le
sens de cette fête et de ses rites-la purification du monde, sa réconciliation
avec Dieu- se réalise dans l'acte de la prière de Jésus, une prière qui en même
temps, anticipe la Passion, la transforme en prière. Ainsi, dans la Prière
sacerdotale, se rend aussi visible d'une manière tout à fait particulière, le
mystère permanent du Jeudi Saint : le nouveau sacerdoce de Jésus Christ et sa
continuation dans la consécration des Apôtres, dans la participation des
disciples au sacerdoce du Seigneur. Dans ce texte inépuisable, je voudrais, à
présent, choisir trois paroles de Jésus, qui puissent nous introduire plus
profondément dans le mystère du Jeudi-Saint.
Il y a tout d'abord la phrase : « La vie éternelle, c'est de te connaître,
toi, le seul Dieu, le vrai Dieu et de connaître celui que tu as envoyé,
Jésus-Christ » (Jn 17,3). Chaque être humain veut vivre. Il désire une vie
véritable, pleine, une vie qui vaille la peine, qui soit une joie. A
l'aspiration à la vie, est jointe, en même temps, la résistance à la mort, qui,
cependant, est inéluctable. Lorsque Jésus parle de la vie éternelle, il entend
la vie authentique, vraie, qui mérite d'être vécue. Il n'entend pas simplement
la vie qui vient après la mort. Il entend la manière authentique de la vie- une
vie qui est pleinement vie et pour cela est soustraite à la mort, mais qui peut,
de fait, déjà commencer en ce monde, ou mieux, qui doit commencer en lui : c'est
seulement si nous apprenons déjà maintenant à vivre de façon authentique, si
nous apprenons cette vie que la mort ne peut enlever, que la promesse de
l'éternité a un sens. Mais comment cela se réalise-t-il ? Qu'est donc cette vie
vraiment éternelle, à laquelle la mort ne peut nuire ? La réponse de Jésus, nous
l'avons entendue : la vraie vie c'est qu'ils te connaissent, toi, Dieu et ton
Envoyé, Jésus Christ. A notre surprise, il nous est dit là que la vie est
connaissance. Cela signifie, par-dessus-tout : la vie est relation. Personne n'a
la vie de lui-même et seulement pour lui-même. Nous l'avons de l'autre, dans la
relation avec l'autre. Si c'est une relation dans la vérité et dans l'amour, un
donner et recevoir, elle donne plénitude à la vie, elle la rend belle. Mais
justement à cause de cela, la destruction de la relation, œuvre de la mort, peut
être particulièrement douloureuse, peut mettre en question la vie elle-même.
Seule la relation avec Celui qui est lui-même la Vie, peut soutenir aussi ma vie
au-delà des eaux de la mort, peut me conduire vivant à travers elles. Déjà, dans
la philosophie grecque, existait l'idée que l'homme peut trouver une vie
éternelle s'il s'attache à ce qui est indestructible-à la vérité qui est
éternelle. On devrait, pour ainsi dire, se remplir de la vérité pour porter en
soi la substance de l'éternité. Mais seulement si la Vérité est Personne, elle
peut me faire traverser la nuit de la mort. Nous nous accrochons à Dieu, à Jésus
Christ, le Ressuscité. Et nous sommes ainsi portés par Celui qui est la Vie
même. Dans cette relation, nous vivons aussi en traversant la mort, parce que
Celui qui est la Vie même ne nous abandonne pas.
Mais revenons aux paroles de Jésus : La vie éternelle : c'est qu'ils te
connaissent, Toi et ton Envoyé. La connaissance de Dieu devient vie éternelle.
Naturellement, ici par ‘connaissance', on entend quelque chose de plus qu'un
savoir extérieur, comme nous savons, par exemple, quand est mort un personnage
célèbre et quand fut faite une invention. Connaître dans le sens de la Sainte
Écriture, c'est devenir intérieurement une seule chose avec l'autre. Connaître
Dieu, connaître le Christ signifie toujours aussi L'aimer, devenir en quelque
sorte une seule chose avec Lui, en vertu de la connaissance et de l'amour. Notre
vie devient donc une vie authentique, vraie et ainsi aussi éternelle, si nous
connaissons Celui qui est la source de tout être et de toute vie. Ainsi, la
parole de Jésus devient une invitation pour nous: devenons amis de Jésus,
cherchons à Le connaître toujours plus ! Vivons en dialogue avec lui ! Apprenons
de Lui la vie droite, devenons ses témoins ! Alors nous devenons des personnes
qui aiment et alors nous agissons de façon juste. Alors, nous vivons
vraiment.
Par deux fois, au cours de la Prière sacerdotale, Jésus parle de la
révélation du nom de Dieu. « J'ai fait connaître ton nom aux hommes que tu as
pris dans le monde pour me les donner » (v.6). « Je leur ai fait connaître ton
nom et je le ferai connaître encore : pour qu'ils aient en eux l'amour dont tu
m'as aimé, et que moi aussi, je sois en eux» (v.26). Le Seigneur fait allusion
ici à la scène du Buisson ardent, dans laquelle Dieu, à la demande de Moïse,
avait révélé son nom. Jésus veut donc dire que Lui porte à sa fin ce qui avait
commencé au Buisson ardent ; qu'en Lui, Dieu, qui s'était fait connaître à
Moïse, se révèle maintenant pleinement. Et qu'ainsi il accomplit la
réconciliation ; que l'amour avec lequel Dieu aime son fils dans le mystère de
la Trinité, entraîne maintenant les hommes dans cette circulation divine de
l'amour. Mais qu'est-ce-que cela signifie plus précisément que la révélation du
Buisson ardent soit portée à son terme, atteigne pleinement son but ?
L'essentiel de l'événement du Mont Horeb, n'a pas été la parole mystérieuse, le
‘Nom', que Dieu avait livré à Moïse, pour ainsi dire, comme signe de
reconnaissance. Communiquer le nom signifie entrer en relation avec l'autre. La
révélation du nom divin signifie donc que Dieu, qui est infini et subsistant en
lui-même, entre dans le jeu des relations humaines ; que Lui, pour ainsi dire,
sort de lui-même et devient l'un de nous, quelqu'un qui est présent au milieu de
nous et pour nous. Pour cela, en Israël, sous le nom de Dieu, on ne voyait pas
seulement un terme enveloppé de mystère, mais le fait de l'être-avec-nous de
Dieu. Le Temple, selon la Sainte Écriture, est le lieu dans lequel habite le nom
de Dieu. Dieu n'est pas renfermé dans quelque espace terrestre ; Il demeure
infiniment au-dessus du monde. Mais dans le Temple il est présent pour nous
comme celui qui peut être nommé-comme Celui qui veut être avec nous. Cet être de
Dieu avec son peuple s'accomplit dans l'Incarnation du Fils. En elle se complète
réellement ce qui avait débuté au Buisson ardent : Dieu comme Homme peut être
appelé par nous et nous est proche. Il est l'un de nous et, par-dessus tout, Il
est Dieu éternel et infini. Son amour sort, pour ainsi dire, de lui-même et
entre en nous. Le mystère eucharistique, la présence du Seigneur sous les
espèces du pain et du vin est la plus haute et la plus intense condensation de
ce nouvel être-avec-nous de Dieu. « Vraiment tu es un Dieu caché, Dieu
d'Israël », a prié le prophète Isaïe (45,15). Cela reste toujours vrai. Mais en
même temps, nous pouvons dire : vraiment tu es un Dieu proche, tu es un
Dieu-avec-nous. Tu nous as révélé ton mystère et tu nous as montré ton visage.
Tu t'es révélé toi-même et tu t'es donné dans nos mains... En ce moment, doit
nous envahir la joie et la gratitude parce qu'il s'est montré ; parce que Lui,
l'Infini et l'Insaisissable pour notre raison, est le Dieu proche qui aime, le
Dieu que nous pouvons connaître et aimer.
La demande la plus connue de la Prière sacerdotale est la demande de l'unité
pour les disciples, pour ceux d'alors et ceux de l'avenir : « Je ne prie pas
seulement pour ceux qui sont là-la communauté des disciples réunis au Cénacle-
mais encore pour ceux qui accueilleront leur parole et croiront en moi : que
tous, ils soient un, comme toi, Père, tu es en moi et moi en toi. Qu'ils soient
un en nous, eux aussi, pour que le monde croie que tu m'as envoyé (v. 20sv ; cf.
v. 11.13) ». Que demande précisément ici le Seigneur ? Par-dessus tout, il prie
pour les disciples de ce temps et de tous les temps à venir. Il regarde en avant
vers l'étendue de l'histoire à venir. Il en voit les dangers et recommande cette
communauté au cœur du Père. Et il demande au Père l'Église et son unité. Il a
été dit que, dans l'Évangile de Jean, l'Église n'apparaît pas. Ici, au
contraire, elle apparaît, dans ses caractéristiques essentielles : comme la
communauté des disciples qui, grâce à la parole apostolique, croient en Jésus
Christ et ainsi deviennent un. Jésus implore l'Église comme une et apostolique.
Ainsi, cette prière est précisément un acte fondateur de l'Église. Le Seigneur
demande l'Église au Père. Elle naît de la prière de Jésus et grâce à l'annonce
des Apôtres, qui font connaître le nom de Dieu et introduisent les hommes dans
la communion d'amour avec Dieu. Jésus demande donc que l'annonce des disciples
se poursuive au long des temps ; qu'une telle annonce rassemble les hommes, que
grâce à elle, ils reconnaissent Dieu et son Envoyé, le Fils Jésus Christ. Et il
prie afin que les hommes soient conduits à la foi, et au moyen de la foi, à
l'amour. Et il demande au Père que ces croyants «soient un en nous » (v. 21) ;
qu'ils vivent, pourrait-on dire, à l'intérieur de la communion avec Dieu et avec
Jésus Christ, et que par cet être intérieurement en communion avec Dieu,
s'édifie l'unité visible. Par deux fois, le Seigneur dit que cette unité devrait
faire en sorte que le monde croie à la mission de Jésus. En effet, ce doit être
une unité qui puisse se voir-une unité qui va tellement au-delà de ce qu'il est
habituellement possible entre les hommes, qu'elle devient un signe pour le monde
et confirme la mission de Jésus Christ. La prière de Jésus nous donne la
garantie que l'annonce des Apôtres ne pourra jamais cesser dans l'histoire ;
qu'elle suscitera toujours la foi et rassemblera les hommes dans l'unité-dans
une unité qui devient témoignage pour la mission de Jésus Christ. Mais cette
prière est toujours aussi un examen de conscience pour nous. En ce moment, le
Seigneur nous demande : vis-tu, par la foi, dans la communion avec moi et aussi
dans la communion avec Dieu ? Ou ne vis-tu pas peut-être plutôt pour toi-même,
t'éloignant ainsi de la foi ? Et n'es-tu pas ainsi coupable de la division qui
obscurcit ma mission dans le monde, qui barre aux hommes l'accès à l'amour de
Dieu ? Que Lui l'ai vue, et qu'il voie encore tout ce qui menace et détruit
l'unité, a été une composante de la Passion historique de Jésus et demeure une
partie de sa Passion qui se prolonge dans l'histoire. Quand nous méditons sur la
Passion du Seigneur, nous devons aussi percevoir la douleur de Jésus par le fait
que nous sommes en opposition avec sa prière ; que nous résistons à son amour ;
que nous nous opposons à l'unité qui doit être pour le monde le témoignage de sa
mission.
En ce moment où, le Seigneur dans la Très Sainte Eucharistie se donne
lui-même-son corps et son sang-, se donne dans nos mains et dans nos cœurs, nous
voulons nous laisser toucher par sa prière. Nous voulons entrer nous aussi dans
sa prière, et nous l'implorons ainsi: Oui, Seigneur, donne-nous la foi en toi,
Toi qui es un avec le Père dans l'Esprit-Saint. Donne-nous de vivre dans ton
amour et ainsi de devenir un avec toi, comme tu es un avec le Père pour que le
monde croie. Amen.
© Copyright : Libreria Editrice del Vaticano
Traduction du texte original en italien distribuée par le Bureau de presse
du Saint-Siège
« Arrêtez ! » : Appel de Benoît XVI
aux groupes armés du monde entier
Angélus du 1er janvier 2010
ROME, Vendredi 1er janvier 2010 (ZENIT.org) - « Arrêtez
! » : Benoît XVI appelle les groupes armés du monde entier à renoncer à la
violence, leur faisant entrevoir le retour en eux de la « joie de la paix ».
Benoît XVI a lancé cet appel depuis la fenêtre de son bureau,
interrompu par les applaudissements nourris de milliers de visiteurs rassemblés
place Saint-Pierre, en dépit de la pluie, avant la prière de l'angélus de ce
vendredi 1er janvier 2010.
« En ce premier jour de l'année, je voudrais adresser un appel aux
consciences de ceux qui font partie de groupes armés, quelle que soit leur
nature. A tous et à chacun je dis : « Arrêtez-vous, réfléchissez, et abandonnez
la voie de la violence ! ». »
Le pape en appelle à leur « courage » en disant : « Sur le moment,
ce pas pourra vous sembler impossible, mais si vous avez le courage de
l'accomplir, Dieu vous aidera, et vous sentirez la joie de la paix - que vous
avez peut-être oubliée depuis longtemps - revenir dans vos cœurs ».
MESSAGE DE NOËL DE BENOIT XVI
Chers frères et
sœurs de Rome et du monde entier, et vous tous, hommes et femmes aimés du
Seigneur !
« Lux fulgebit hodie super nos,
Quia natus est nobis Dominus.
Aujourd'hui, sur nous, la lumière va resplendir,
car le Seigneur nous est né ».
(Missel romain, Nativité du Seigneur - Messe de l'Aurore, Antienne d'ouverture).
La liturgie de la Messe de l'Aurore nous a rappelé que,
désormais, la nuit est passée, le jour est avancé ; la lumière qui émane de la
grotte de Bethléem resplendit sur nous.
Toutefois la Bible et la Liturgie ne nous parlent pas de la lumière
naturelle, mais d'une autre lumière, spéciale, de quelque façon dirigée et
orientée vers un « nous », le même « nous » pour lequel l'Enfant de Bethléem «
est né ». Ce « nous » c'est l'Église, la grande famille universelle des
croyants dans le Christ, qui ont attendu avec espérance la nouvelle naissance du Sauveur et
qui, aujourd'hui, célèbrent dans ce mystère l'actualité permanente de cet
événement.
Au début, autour de la crèche de Bethléem, ce « nous » était presque invisible
aux yeux des hommes. Comme nous le rapporte l'Évangile de saint Luc, il
comprenait, en plus de Marie et de Joseph, quelques humbles bergers qui
arrivèrent à la grotte, après avoir été avertis par les anges. La lumière du
premier Noël fut comme un feu allumé dans la nuit. Autour tout était sombre,
tandis que dans la grotte resplendissait « la vraie Lumière, qui éclaire tout homme
» (Jn 1, 9). Toutefois tout se passa dans la simplicité et dans la discrétion,
selon le style par lequel Dieu opère dans toute l'histoire du salut. Dieu aime
allumer des lumières circonscrites, pour éclairer ensuite sur un vaste rayon.
La Vérité, comme l'Amour, qui en sont le contenu, s'allument là où la lumière
est accueillie, se répandant ensuite en cercles concentriques, presque par
contact, dans les cœurs et dans les esprits de ceux qui, s'ouvrant librement à
sa splendeur, deviennent à leur tour sources de lumière. C'est l'histoire de
l'Église qui commence son cheminement dans la pauvre grotte de Bethléem, et
qui, à travers les siècles, devient Peuple et source de lumière pour
l'humanité. Aujourd'hui aussi, à travers ceux qui vont à la rencontre de l'Enfant,
Dieu allume encore des feux dans la nuit du monde pour appeler les hommes à
reconnaître en Jésus le « signe » de sa présence salvatrice et libératrice et
élargir le « nous » des croyants dans le Christ à l'humanité tout entière.
Partout où il y a un « nous » qui accueille l'amour de Dieu, là resplendit la
lumière du Christ, même dans les situations les plus difficiles. L'Église,
comme la Vierge Marie, offre au monde Jésus, le Fils qu'elle-même a reçu en
don, et qui est venu libérer l'homme de l'esclavage du péché. Comme Marie, l'Église n'a pas peur, car
cet Enfant est sa force. Mais elle ne le garde pas pour elle : elle l'offre à
tous ceux qui le cherchent d'un cœur sincère, aux humbles de la terre et aux
affligés, aux victimes de la violence, à ceux qui désirent ardemment le bien de
la paix. Aujourd'hui aussi, pour la famille humaine profondément marquée par
une grave crise économique, mais d'abord encore morale, et par les douloureuses
blessures de guerres et de conflits, sous la forme du partage et de la fidélité
à l'homme, l'Église répète avec les bergers : « Allons jusqu'à Bethléem » (Lc
2, 15), là nous trouverons notre espérance.
Le « nous » de l'Église vit là où Jésus est né, en Terre Sainte, pour inviter
ses habitants à abandonner toute logique de violence et de vengeance et à
s'engager avec une vigueur renouvelée et avec générosité sur le chemin d'une
coexistence pacifique. Le « nous » de l'Église est présent dans les autres Pays
du Moyen Orient. Comment ne pas penser à la situation tourmentée en Irak et à
ce petit troupeau de chrétiens qui vit dans la Région ? Il souffre parfois de
violences et d'injustices mais il est toujours disposé à donner sa propre
contribution à l'édification de la cohabitation civile contraire à la logique
du conflit et du refus du voisin. Le « nous » de l'Église opère au Sri Lanka,
dans la Péninsule coréenne et aux Philippines, comme aussi en d'autres terres
asiatiques, comme levain de réconciliation et de paix. Sur le continent
africain, il ne cesse d'élever sa voix vers Dieu pour implorer la fin de toutes
les exactions en République Démocratique du Congo. Il invite les habitants de
la Guinée et du Niger au respect des droits de toute personne et au dialogue. À
ceux de Madagascar, il demande de dépasser les divisions internes et de
s'accueillir réciproquement. À tous, il rappelle qu'ils sont appelés à l'espérance, malgré les drames, les épreuves et
les difficultés qui continuent de les affliger. En Europe et en Amérique
septentrionale, le « nous » de l'Église incite à dépasser la mentalité égoïste
et techniciste, à promouvoir le bien commun et à respecter les personnes plus
faibles, à commencer par celles qui ne sont pas encore nées. Au Honduras, il
aide à reprendre le chemin institutionnel. Dans toute l'Amérique Latine, le «
nous » de l'Église est facteur identitaire, plénitude de vérité et de charité qu'aucune idéologie ne peut remplacer,
appel au respect des droits inaliénables de toute personne et à son
développement intégral, annonce de justice et de fraternité, source d'unité.
Fidèle au mandat de son Fondateur, l'Église est solidaire de ceux qui sont
frappés par les calamités naturelles et par la pauvreté, également dans les
sociétés opulentes. Face à l'exode de ceux qui émigrent de leur terre et qui
sont poussés au loin par la faim, par l'intolérance ou par la dégradation
environnementale, l'Église est une présence qui appelle à l'accueil. En un mot,
l'Église annonce partout l'Évangile du Christ malgré les persécutions, les
discriminations, les attaques et l'indifférence, parfois hostile, qui - quoi
qu'il en soit - lui permettent de partager le sort de son Maître et Seigneur.
Chers frères et sœurs, quel grand don de faire partie d'une communion qui est
pour tous ! C'est la communion de la Sainte Trinité, du cœur de laquelle l'Emmanuel,
Jésus, Dieu-avec-nous, est descendu dans le monde. Comme les bergers de
Bethléem, contemplons pleins d'émerveillement et de gratitude ce mystère d'amour et de lumière ! Joyeux Noël à tous
!
Benoît XVI invite les enfants à accueillir Jésus chaque jour de leur
vie
ROME, Lundi 21 Décembre 2009 (ZENIT.org) - Accueillez Jésus « tous les jours de votre vie,
dans vos jeux et vos engagements, dans vos prières, quand il demande votre
amitié et votre générosité, quand vous êtes heureux et quand vous avez peur », a
dit Benoît XVI aux enfants de l'Action catholique italienne qu'il a reçus en
audience au Vatican le 19 décembre.
« A Noël, encore une fois, l'ami Jésus vient à votre rencontre et vous
appelle ! », a-t-il poursuivi. « Il vous parle toujours d'un amour ‘plus grand',
capable de se donner sans limite, d'apporter la paix et le pardon ».
« Jésus vous voit et vous entend, même si vous êtes petits, même si parfois,
les adultes ne vous considèrent pas comme vous le voudriez ». Il « veut établir
avec chacun de vous une amitié forte », a encore souligné le Saint Père.
« Seule la présence de Jésus dans vos vies donne une joie pleine, parce qu'il
est capable de rendre toute chose toujours belle et nouvelle », a-t-il insisté.
« Il ne vous oubliera jamais ».
Cinq voyages de Benoît XVI déjà annoncés pour 2010
Malte, le Portugal, Chypre et la Grande Bretagne
ROME, Vendredi 1er janvier 2010 (ZENIT.org) -
L'agenda international de Benoît XVI en 2010 prévoit quatre voyages « saut de
puce » en Europe : Malte, le Portugal, Chypre et la Grande-Bretagne. D'autres
invitations pourraient être honorées. En Italie, il se rendra à Turin.
Malte et le Portugal
Le pape est attendu à Malte les 17 et 18 avril 2010, au lendemain
de son 83e anniversaire (cf. Zenit du 13 septembre 2009). Un voyage qui
commémorerait le 1950e anniversaire du naufrage de Saint-Paul dans l'archipel
maltais.
Benoît XVI est aussi attendu au Portugal, à Fatima, en mai 2010,
autour de l'anniversaire de l'apparition du 13 mai 1917 (11-14 mai). Le cardinal
Joseph Ratzinger avait été chargé par Jean-Paul II du commentaire théologique de la troisième partie du « secret
» révélée à Fatima le 13 mai 2000.
Un pape à Chypre
Puis, ce sera la première visite d'un pape à Chypre, où la
majorité de la population est orthodoxe, du 4 au 6 juin, a annoncé le
gouvernement chypriote. Le pape a en effet reçu en audience au Vatican le
président de la République de Chypre, M. Demetris Christofias, qui l'a invité,
le 27 mars 2009. Le pape a été également invité par l'Eglise locale.
Le quatrième voyage programmé pour le moment, en dehors de
l'Italie est la Grande-Bretagne dans la deuxième quinzaine de septembre (17-19
septembre) : le pape pourrait béatifier le cardinal Paul Henry Newman et se
rendre à Birmingham, à Oxford et, en Ecosse, à Edimbourg.
D'aucuns ont suggéré que ce serait l'occasion d'un voyage en
Irlande. Les étapes évoquées sont Armagh et Dublin, mais le Saint-Siège n'a rien
confirmé.
Ostension du Suaire de Turin
En Italie, plusieurs déplacements sont également prévus, notamment
le 2 mai, à Turin pour l'ostension du Saint-Suaire, comme l'a annoncé le
cardinal Severino Poletto, archevêque de Turin. Une annonce confirmée par le
Saint-Siège.
Danemark : l’environnement et l’homme sont indissociables, selon le
pape
Le pape reçoit le nouvel ambassadeur du Danemark près le
Saint-Siège
ROME, Lundi 21 Décembre 2009 (ZENIT.org) - Benoît XVI a rappelé que les devoirs vis-à-vis de
l'environnement ne sauraient être séparés de ceux qui touchent la personne
humaine.
Le pape a reçu en audience, le 17 décembre, le nouvel ambassadeur du Danemark
près le Saint-Siège, venu lui présenter ses lettres de créance, Hans
Klingenberg.
« Dans un monde toujours plus mondialisé, les efforts visant à promouvoir le
développement humain intégral et un ordre économique durable doivent tenir
compte du rapport fondamental qui existe entre Dieu, la création et ses
créatures », a expliqué le pape dans son discours au représentant danois.
Dans cette perspective, « les tendances à la fragmentation sociale et les
initiatives disparates de développement peuvent être surmontées en reconnaissant
la dimension morale unifiante qui fait partie de chaque être humain, et les
conséquences morales de chaque décision économique ».
Rappelant que la capitale danoise, Copenhague, a accueilli la conférence de
l'ONU sur les changements climatiques, le pape a souligné que « les
délibérations politiques et diplomatiques en jeu, confrontées aux questions que
soulève un sujet aussi complexe, sont un test pour la détermination à renoncer à
de prétendus avantages nationalistes, à court terme, au profit de bénéfices à
long terme pour la famille humaine tout entière ».
« Tout changement radical d'un quelconque comportement humain, individuel ou
collectif, exige une conversion de cœur », a-t-il affirmé.
Il déploré à ce propos que « trop souvent les efforts pour promouvoir une
compréhension intégrale de l'environnement ont dû cohabiter avec une vision
réductionniste de la personne », révélant « quelque lacune concernant le respect
de la dimension spirituelle des individus et parfois une de l'hostilité envers
la famille ».
Le pape a également évoqué le soutien du Danemark aux causes humanitaires
qu'il a défini de « vaste et multiple ».
Le Saint-Siège a ainsi évoqué la « générosité » et le « professionnalisme »
du Danemark dans son « engagement » pour « soutenir les opérations de maintien
de la paix et les projets de développement », ainsi que son « engagement
croissant envers le continent africain »
« Parmi les principes que nous partageons concernant le développement, il y a
la conviction que toute forme de corruption est toujours une offense à la
dignité de la personne humaine et sera toujours un grave obstacle au progrès
juste et équitable des peuples », a ajouté le pape.
Le nouvel ambassadeur du Danemark près le Saint-Siège est âgé de 63 ans. Il
est actuellement ambassadeur en Suisse et au Liechtenstein. Fonctionnaire du
ministère des Affaires étrangères depuis 1971, il a notamment été ambassadeur en
Arabie Saoudite (2004-2009).
Noël, c’est la réponse de Dieu au drame de l’humanité, déclare Benoît
XVI
Paroles de Benoît XVI avant l’angélus
ROME, Dimanche 20 décembre 2009 (ZENIT.org) - « Noël n'est pas une fable pour les
enfants, mais la réponse de Dieu au drame de l'humanité à la recherche du
Messie », fait observer Benoît XVI à l'occasion de l'angélus de ce dimanche.
Benoît XVI a en effet expliqué la prophétie de Michée proposée par la
liturgie de ce dimanche, depuis la fenêtre de son bureau, place Saint-Pierre, un
dimanche froid (il gèle depuis plusieurs nuits à Rome) mais avec un grand soleil
qui a vite fait remonter le mercure.
« Il y a un dessein divin qui comprend et explique les temps et les lieux de
la venue du Fils de Dieu dans le monde. Il y a un dessein de paix », a souligné
le pape.
Et d'expliquer : « C'est précisément ce dernier aspect de la prophétie, celui
de la paix messianique, qui nous conduit naturellement à souligner que Bethléem
est aussi une cité-symbole de la paix, en Terre sainte, et dans le monde
entier ».
« Hélas, de nos jours, elle ne représente pas une paix atteinte et stable,
mais une paix recherchée et attendue péniblement », a déploré le pape avant de
proclamer cette espérance : « Mais Dieu ne se résigne jamais à cet état de
choses ».
Et le pape a brossé le portrait robot du chrétien en proie aux drames de
notre époque avec les accents de saint François d'Assise : « C'est pourquoi
cette année encore, à Bethléem et dans le monde entier, se renouvellera dans
l'Eglise le mystère de Noël, prophétie de paix pour tout homme, qui oblige les
chrétiens à vivre les fermetures, les drames, souvent inconnus et cachés, et
dans les conflits du contexte dans lequel ils vivent, avec les sentiments de
Jésus, pour devenir partout des instruments et des messagers de paix, pour
apporter l'amour, là où il y a la haine, le pardon là où il y a l'offense, la
joie là où il y a la tristesse, et la vérité là où il y a l'erreur ».
« Aujourd'hui, a affirmé le pape, comme à l'époque de Jésus, Noël n'est pas
une fable pour les enfants, mais la réponse de Dieu au drame de l'humanité à la
recherche de la vraie paix. « Lui-même sera la paix ! » dit le prophète en se
référant au Messie. Il nous revient d'ouvrir, d'ouvrir tout grand les portes
pour l'accueillir ».
En français, le pape a fait cette exhortation, après l'angélus : « A la
suite de la Vierge Marie, prenons le temps de faire silence et d'écouter Dieu
nous parler au plus profond de nous-mêmes ! Sachons faire confiance au Christ
qui vient et rendons-nous disponibles pour nous abandonner librement à sa
volonté ! Soyons déjà les porteurs de la Bonne Nouvelle de sa venue en notre
monde ! Que Dieu comble tous les peuples de bonheur et de paix ! »

Homélie du Pape à Nazareth en présence de 40 000 fidèles - Jeudi 14 mai - (EXTRAITS)
Chers
Frères et Sœurs,
■ « Que, dans vos cœurs, règne la paix du Christ
ressuscité à laquelle vous avez été appelés pour former en lui un seul corps ! »
(Col 3, 15). Avec ce souhait de l’Apôtre Paul, je vous salue tous avec affection
dans le Seigneur ! Je me réjouis de venir ici à Nazareth, lieu béni par le
mystère de l’Annonciation, lieu qui fut le témoin des années cachées du Christ
grandissant en sagesse, en âge et en grâce (cf. Lc 2, 52).
Nous voici rassemblés ici, dans la ville où
vécurent Jésus, Marie et Joseph, pour marquer la
clôture de l’Année de la Famille qui a
été célébrée par l'Église en
Terre Sainte. En signe d’espérance pour l’avenir, je
vais bénir la première pierre du Centre international
pour la Famille qui doit être construit à Nazareth. Prions
pour que ce Centre promeuve une vie familiale solide dans cette
région, qu’il offre partout un soutien et une assistance
aux familles, et qu’il les encourage dans leur mission
irremplaçable dans la société.
Cette
étape de mon pèlerinage, j’en suis sûr, va faire converger l’attention de toute
l'Église vers cette ville de Nazareth. Chacun de nous, comme le Pape Paul VI
l’avait dit ici, a besoin de revenir à Nazareth, de contempler d’un regard
toujours nouveau le silence et l’amour de la Sainte Famille, modèle de toute
famille chrétienne. Ici, devant l’exemple de Marie, Joseph et Jésus, nous sommes
conduits à apprécier toujours plus pleinement le caractère sacré de la famille,
qui, selon le plan de Dieu, est fondée sur la fidélité d’un homme et d’une femme
unis pour toute la vie dans l’alliance du mariage et ouverts au don, par Dieu,
d’une vie nouvelle. Les hommes et les femmes de notre temps ont un tel besoin de
redécouvrir et de faire leur cette vérité fondamentale, qui est à la base de la
société ! Et combien est important le témoignage de couples mariés pour la
formation de consciences droites et l’édification d’une civilisation de l’amour
!
Dans la première lecture de ce jour, tirée du Livre de Ben Sirac (3,
3-7, 14-17), la Parole de Dieu présente la famille comme la première école de
sagesse, une école qui apprend à ses membres à pratiquer les vertus conduisant à
un bonheur authentique et à des réalisations durables.
Selon le plan de Dieu
pour la famille, l’amour du mari et de sa femme porte ses fruits dans l’éclosion
d’une nouvelle vie, et trouve son expression quotidienne dans les efforts pleins
d’amour des parents pour assurer à leurs enfants une formation humaine et
spirituelle intégrale. Dans la famille chaque personne, qu’il s’agisse du plus
petit des enfants ou du parent le plus âgé, est appréciée pour elle-même et
n’est pas considérée simplement en fonction d’autres buts.
L’Apôtre saint Paul, en écrivant aux Colossiens, prend
instinctivement l’exemple de la famille quand il veut montrer les vertus qui
permettent d’édifier « le seul corps » qu’est l'Église. Parce que nous sommes
choisis par Dieu, nous ses fidèles et bien-aimés, nous sommes appelés à vivre en
harmonie et en paix les uns avec les autres, à nous supporter les uns les autres
et par-dessus tout à pardonner, ayant l’amour qui fait l’unité dans la
perfection (cf. Col 3, 12-14).
Tout comme dans l’alliance du mariage, l’amour de
l’homme et de la femme est élevé par la grâce au point d’avoir part à l’amour du
Christ pour son Église et d’en être une expression (cf. Ep 5, 32), de la même
manière la famille, enracinée dans cet amour, est appelée à être « une Église
domestique », un lieu de foi, de prière et de souci affectueux pour le bien
véritable et durable de chacun de ses membres.
Tandis que nous
réfléchissons sur ces réalités dans cette ville, la cité de l’Annonciation, nos
pensées se tournent naturellement vers Marie, la « pleine de grâce », la Mère de
la Sainte Famille et notre Mère. Nazareth nous remet en mémoire le besoin que
nous avons de reconnaître et de respecter ces dons de Dieu que sont la dignité
et le rôle propre des femmes ainsi que leurs charismes et talents particuliers.
Que ce soit comme mères de famille, ou bien par leur présence au travail ou dans
les institutions de la société ou encore à travers une vocation particulière à
suivre le Seigneur par les conseils évangéliques de chasteté, pauvreté et
obéissance, les femmes ont un rôle indispensable pour créer cette « écologie
humaine » (cf. Centesimus Annus, n. 39) dont notre monde et cette terre ont un
si grand besoin : c’est un environnement où les enfants apprennent à aimer et à
accueillir les autres, à être honnêtes et respectueux envers tous, à pratiquer
les vertus de miséricorde et de pardon.
Ici nous pensons aussi à saint
Joseph, l’homme juste que Dieu a voulu placer à la garde de sa maison. A travers
l’exemple fort et paternel de Joseph, Jésus a appris les vertus d’une piété
vigoureuse, la fidélité à la parole donnée, la droiture et le dur labeur. Dans
le charpentier de Nazareth, il découvrait comment l’autorité placée au service
de l’amour est infiniment plus féconde que le pouvoir qui cherche à dominer.
Notre monde a tant besoin d’être guidé par l’exemple, la force paisible d’hommes
comme Joseph !
Enfin, en contemplant la Sainte Famille de Nazareth, nous
nous tournons vers l’Enfant Jésus qui, dans la maison de Marie et Joseph,
grandit en sagesse et en intelligence jusqu’au jour où il commença son ministère
public. C’est le lieu maintenant de vous faire part, à vous les jeunes qui êtes
ici, d’une simple pensée. Le Deuxième Concile du Vatican nous enseigne que les
enfants ont un rôle particulier à jouer pour aider leurs parents à croître en
sainteté (cf. Gaudium et Spes, n. 48).
Je vous encourage à réfléchir sur cela,
et à laisser l’exemple de Jésus vous guider, pas seulement en montrant du
respect à vos parents, mais aussi en les aidant à découvrir plus pleinement
l’amour qui donne à nos vies leur sens le plus profond. Dans la Sainte Famille
de Nazareth, c’était Jésus qui enseignait à Marie et à Joseph quelque chose de
la grandeur de l’amour de Dieu, son Père céleste, source première de tout amour,
Père dont toute famille au ciel et sur terre tire son nom (cf. Ep 3,
14-15).
Chers amis, dans la Prière d’ouverture de la Messe d’aujourd’hui,
nous avons demandé au Père de « nous aider à vivre comme la Sainte Famille, unis
dans le respect et l’amour ». Réaffirmons ensemble, ici, notre engagement à être
ferment de respect et d’amour dans le monde qui nous entoure. Ce « Mont du
Précipice » nous rappelle, comme il l’a fait pour des générations de pèlerins
avant nous, que le message du Seigneur était parfois source de contradiction et
de conflit pour ses auditeurs.
Et ces dernières années, Nazareth a
malheureusement connu des tensions, dont le monde entier a eu l’écho, et qui ont
blessé (meurtri) les relations entre les communautés chrétiennes et musulmanes.
J’invite les personnes de bonne volonté de ces deux communautés à remédier aux
dommages qui ont été causés et, dans la fidélité à notre foi commune au Dieu
Unique, Père de la famille humaine, je leur demande de travailler à construire
des ponts et de trouver les moyens de vivre paisiblement ensemble. Que chacun
rejette le pouvoir destructeur de la haine et des préjugés, qui porte la mort
dans l’âme des personnes avant de tuer les corps !
Permettez-moi de
conclure avec un mot de gratitude et de félicitations à tous ceux qui
s’efforcent de porter l’amour de Dieu aux enfants de cette ville, et d’éduquer
les nouvelles générations sur les chemins de la paix. Je remercie de manière
particulière les efforts des Églises particulières qui, notamment à travers
leurs écoles et leurs institutions de charité, cherchent à briser les murs et à
offrir un terrain favorable pour les rencontres, le dialogue, la réconciliation
et la solidarité.
J’encourage le dévouement des prêtres, des religieux et des
religieuses, des catéchistes et des enseignants, avec les parents et tous ceux
qui se soucient du bien de nos enfants, les invitant à témoigner avec
persévérance de l’Évangile, à garder confiance dans le triomphe de la bonté et
de la vérité.
« Que tout se passe pour moi selon ta
parole » (Lc 1, 38). Que Notre-Dame de l’Annonciation, qui a courageusement
ouvert son cœur au plan mystérieux de Dieu et est devenue la Mère de tous les
croyants, nous guide et nous assiste par son intercession ! Puisse-t-elle
obtenir, pour nous et pour nos familles, la grâce d’ouvrir l’oreille au message
du Seigneur qui a le pouvoir d’élargir nos cœurs (cf. Ac 20, 32), afin de nous
inspirer les décisions courageuses à prendre et de guider nos pas sur les
chemins de la paix !

MESSAGES AUX JEUNES
« N’ayez pas peur de donner votre vie au Christ »

Messe aux Invalides (2)
PARIS, Samedi 13 septembre 2008 (ZENIT.org)
- « N'ayez pas peur ! » : Benoît
XVI a appelé les « jeunes » et les
« moins jeunes » que Dieu appelle au sacerdoce,
à lui répondre avec joie : « ne laissez
pas l'appel du Christ sans réponse ». Il demande
aussi à tous les catholiques présents de retrouver une
grande vénération pour l'Eucharistie.
Le pape a lancé ces deux appels dans son homélie à Paris, ce samedi 13
septembre, sur l'esplanade des Invalides, en présence de quelque 260.000
personnes.
« Ici, chers fidèles de Paris et de la région parisienne, mais vous aussi qui
êtes venus de la France entière et d'autres pays limitrophes, permettez-moi de
lancer un appel confiant en la foi et en la générosité des jeunes qui se posent
la question de la vocation religieuse ou sacerdotale : n'ayez pas peur ! N'ayez
pas peur de donner votre vie au Christ », a dit le pape.
Benoît XVI venait d'inviter les fidèles à la vénération de l'Eucharistie en
disant : « Frères et sœurs, entourons de la plus grande vénération le sacrement
du Corps et du Sang du Seigneur, le Très Saint-Sacrement de la présence réelle
du Seigneur à son Eglise et à toute l'humanité. Ne négligeons rien pour lui
manifester notre respect et notre amour ! Donnons-lui les plus grandes marques
d'honneur ! »
Plus encore, citant saint Jean Chrysostome, le grand liturge de l'Orient
chrétien, dont c'est aujourd'hui la fête liturgique, le pape ajoutait cette
exhortation : « Par nos paroles, nos silences et nos gestes n'acceptons jamais
de laisser s'affadir en nous et autour de nous la foi dans le Christ ressuscité
présent dans l'Eucharistie ! »
A ceux que Dieu appelle au sacerdoce, le pape disait encore combien le
ministère du prêtre est indispensable : « Rien ne remplacera jamais une Messe
pour le Salut du monde ! Chers jeunes ou moins jeunes qui m'écoutez, ne laissez
pas l'appel du Christ sans réponse. Saint Jean Chrysostome, dans son « Traité
sur le sacerdoce », a montré combien la réponse de l'homme pouvait être lente à
venir, cependant, il est l'exemple vivant de l'action de Dieu au cœur d'une
liberté humaine qui se laisse façonner par sa grâce ».
A ceux qui « acceptent de se laisser saisir » par le Christ, le pape disait
encore : « Dans cette espérance indéfectible de la présence réelle de Dieu à
chacune de nos âmes, dans cette joie de savoir que le Christ est avec nous
jusqu'à la fin des temps, dans cette force que l'Esprit Saint donne à tous ceux
et à toutes celles qui acceptent de se laisser saisir par lui, je vous confie,
chers chrétiens de paris et de France, à l'action puissante et miséricordieuse
du Dieu d'amour qui est mort pour nous sur la croix et ressuscité au matin de
Pâques ».
Avant la veillée des jeunes à Notre Dame de Paris
Le pape demande aux jeunes rassemblés à Paris de vénérer la croix
Même si celle-ci apporte railleries et persécutions
Le pape a demandé aux dizaines de milliers de
jeunes rassemblés près de la Cathédrale Notre-Dame, à Paris, vendredi soir, de
vénérer la croix, même si cela « attire aussi parfois la raillerie et même la
persécution ».
Avant la veillée de prière, le pape leur a confié « deux trésors : l'Esprit
Saint et la Croix », dans un discours parsemé d'expressions affectueuses, et de
références à la Journée mondiale de la jeunesse de Sydney.
« Beaucoup d'entre vous portent autour de leur cou une chaîne avec une croix.
Moi aussi, j'en porte une, comme tous les évêques d'ailleurs. Ce n'est pas un
ornement, ni un bijou. C'est le symbole précieux de notre foi, le signe visible
et matériel du ralliement au Christ », a-t-il expliqué.
« Pour les chrétiens, la Croix symbolise la sagesse de Dieu et son amour
infini révélé dans le don salvifique du Christ mort et ressuscité pour la vie du
monde », a-t-il ajouté, mais aussi, « le témoin muet des douleurs des hommes et,
en même temps, l'expression unique et précieuse de toutes leurs
espérances ».
Saint Paul, a poursuivi le pape, « en avait conclu que la Croix exprime la
loi fondamentale de l'amour et est la formulation parfaite de la vraie vie ».
« Puisse cette découverte bouleversante de Dieu qui s'est fait homme par
amour vous inviter à respecter et à vénérer la Croix ! », a affirmé le pape, en
précisant qu'il leur remettait cette croix comme « un trésor ».
« Chers jeunes, je sais que vénérer la Croix attire aussi parfois la
raillerie et même la persécution. La Croix compromet en quelque sorte la
sécurité humaine, mais elle affermit, aussi et surtout, la grâce de Dieu et
confirme notre salut », a-t-il expliqué.
« Puisse l'approfondissement du mystère de la Croix faire découvrir à
certains d'entre vous l'appel à servir le Christ de manière plus totale dans la
vie sacerdotale ou religieuse », a exhorté le pape.
L'importance de la confirmation
Benoît XVI a offert aux jeunes un « deuxième trésor » : la confirmation.
« Sydney a fait redécouvrir à de nombreux jeunes l'importance de l'Esprit
Saint, dans notre vie, dans la vie du chrétien », a-t-il rappelé.
« Tous, vous cherchez à aimer et à être aimés ! C'est vers Dieu que vous
devez vous tourner pour apprendre à aimer et pour avoir la force d'aimer.
L'Esprit, qui est Amour, peut ouvrir vos cœurs pour recevoir le don de l'amour
authentique », a-t-il dit.
« Tous, vous cherchez la vérité et vous voulez en vivre, en vivre réellement
! Cette vérité, c'est le Christ », a-t-il insisté. « Confiez-vous à l'Esprit
Saint pour découvrir le Christ. L'Esprit est le guide nécessaire de la prière,
l'âme de notre espérance et la source de la vraie joie ».
Pour approfondir ces vérités, le pape a encouragé les jeunes à « méditer la
grandeur du sacrement de la Confirmation ».
« Il est urgent de mieux comprendre ce sacrement pour vérifier la qualité et
la profondeur de votre foi et pour l'affermir », a-t-il souligné.
« L'Esprit Saint vous fait approcher du Mystère de Dieu et vous fait
comprendre qui est Dieu. Il vous invite à voir dans votre prochain, le frère que
Dieu vous a donné pour vivre avec lui en communion, humainement et
spirituellement, pour vivre en Église, donc », a expliqué Benoît XVI.
« Vous êtes à l'âge de la générosité. Il est urgent de parler du Christ
autour de vous, à vos familles et à vos amis, sur vos lieux d'études, de travail
ou de loisirs. N'ayez pas peur ! Ayez le courage de vivre l'évangile et l'audace
de le proclamer », a-t-il exhorté.
« Je voudrais, pour conclure, vous dire encore une fois que je vous fais
confiance, chers jeunes, et je voudrais que vous éprouviez aujourd'hui et demain
l'estime et l'affection de l'Église, et le monde verra ainsi l'Église vivante
! », a-t-il dit.
Après le départ du pape, la veillée s'est poursuivie à Notre-Dame et dans les
paroisses voisines, jusqu'à tard dans la nuit. L'une des prières a été présidée
par le cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris.
Puis les jeunes ont formé un « chemin de lumière », de Notre-Dame de Paris
jusqu'à l'esplanade des Invalides. Ils étaient environ 10.000 au départ de
Notre-Dame à minuit et déjà près de 40.000 deux heures plus tard, à mesure que
les jeunes des paroisses voisines se joignaient à eux, puis 60.000 à 3 heures,
selon des chiffres de la Conférence des évêques.
Extraits des messages de Benoît XVI aux JMJ :
"Notre monde en a assez de
l'avidié, de l'exploitation et de la division, de l'ennui
des fausses idoles et des réponses partielles, ainsi que des
fausses promesses. Notre coeur aspirent à une vision de la vie
où règne l'amour, où les dons sont
partagés, où l'unité se construit, où la
liverté trouve sa propre signification dans la
vérité et où l'identité se trouve dans une
communion respectueuse. C'est là l'oeuvre de l'Esprit Saint !
C'est là l'espérance qu'offre l'Evangile de
Jésus Christ !
C'est pour rendre témoignage
à cette réalité que vous avez été
recréés par le baptême et affermis par les dons de
l'Esprit, reçus à la confirmation.
Voilà le message que, de Sydney, vous portez au monde !" (discours d'accueil le 17 juillet)
"Ce soir, réunis
sous la beauté du ciel étoilé, nos coeurs et nos
esprits sont remplis de gratitude envers Dieu pour le merveilleux don
de notre foi en la Trinité. Nous nous rappelons nos parents et
grands-parents qui ont marché à nos côtés
lorsqu'enfants, nous faisions nos premiers pas sur le chemin de la foi.
Aujourd'hui, bveaucoup d'années plus tard, vous êtes
rassemlés comme jeunes adultes avec le successeur de Pierre. Je
suis profondément heureux d'être avec vous. Invoquoons
l'Esprit Saint, il est l'artisan de l'oeuvre de Dieu. Laissez ses dons
vous modeler. De même que l'Eglise partage le même voyage
que toute l'humanité, vous êtes également
appelés à exercer les dons du Saint Esprit à
travers les hauts et les bas de votre vie quotidienne." (Homélie de la veillée, le 19 juillet)
"Chers jeunes, laissez-moi
maintenant vous poser une question. Et vous, qu'allez-vous laisser
à la prochaine génération N Bâtissez-vous
votre vie sur des fondations solides, construisez-vous quelque chose
qui perdurera ? Vivez-vous votre vie de manière à laissez
la place à l'Esprit au milieu d'un monde qui veut oublier Dieu,
voire le rejeter au nom d'une fausse conception de la liberté ?
Comment utilisez-vous les dons que vous avez reçus, la "force"
que l'Esprit Saint s'appreête à libérer en vous ?
Quel héritage allez-vous transmettre à la jeune
génération à venir ? Quel différence
allez(-vous faire ?
(Homélie de la messe de clôture)
Dans les contes de fées,
l'histoire se termine là et tous "vécurent heureux et
eurent beaucoup d'enfants". Dans la réalité, ce
n'est pas si simple. Pour Marie, nombreuses furent les
difficultész qui l'attendaient comme conséquence de son
"oui" donné au Seigneur. Siméon prophétisa
qu'une épée transpererait son coeur. Dans les
épreuves, elle resta fidèle à sa promesse,
soutenue par l'Esprit de courage. Et elle fut glorieusement
récompensée. chers jeunes, nous aussi devons rester
fidèles au "oui" que nous avons donné en répondant
à l'offre d'amitié du Seigneur. Nous savons qu'il ne nous
abandonnera jamais." (Angelus final, raandwick, le 20 juillet)
Extraits des messages de Benoît XVI aux JMJ :
"Notre monde en a assez de
l'avidié, de l'exploitation et de la division, de l'ennui
des fausses idoles et des réponses partielles, ainsi que des
fausses promesses. Notre coeur aspirent à une vision de la vie
où règne l'amour, où les dons sont
partagés, où l'unité se construit, où la
liverté trouve sa propre signification dans la
vérité et où l'identité se trouve dans une
communion respectueuse. C'est là l'oeuvre de l'Esprit Saint !
C'est là l'espérance qu'offre l'Evangile de
Jésus Christ !
C'est pour rendre témoignage
à cette réalité que vous avez été
recréés par le baptême et affermis par les dons de
l'Esprit, reçus à la confirmation.
Voilà le message que, de Sydney, vous portez au monde !" (discours d'accueil le 17 juillet)
"Ce soir, réunis
sous la beauté du ciel étoilé, nos coeurs et nos
esprits sont remplis de gratitude envers Dieu pour le merveilleux don
de notre foi en la Trinité. Nous nous rappelons nos parents et
grands-parents qui ont marché à nos côtés
lorsqu'enfants, nous faisions nos premiers pas sur le chemin de la foi.
Aujourd'hui, bveaucoup d'années plus tard, vous êtes
rassemlés comme jeunes adultes avec le successeur de Pierre. Je
suis profondément heureux d'être avec vous. Invoquoons
l'Esprit Saint, il est l'artisan de l'oeuvre de Dieu. Laissez ses dons
vous modeler. De même que l'Eglise partage le même voyage
que toute l'humanité, vous êtes également
appelés à exercer les dons du Saint Esprit à
travers les hauts et les bas de votre vie quotidienne." (Homélie de la veillée, le 19 juillet)
"Chers jeunes, laissez-moi
maintenant vous poser une question. Et vous, qu'allez-vous laisser
à la prochaine génération N Bâtissez-vous
votre vie sur des fondations solides, construisez-vous quelque chose
qui perdurera ? Vivez-vous votre vie de manière à laissez
la place à l'Esprit au milieu d'un monde qui veut oublier Dieu,
voire le rejeter au nom d'une fausse conception de la liberté ?
Comment utilisez-vous les dons que vous avez reçus, la "force"
que l'Esprit Saint s'appreête à libérer en vous ?
Quel héritage allez-vous transmettre à la jeune
génération à venir ? Quel différence
allez(-vous faire ?
(Homélie de la messe de clôture)
Dans les contes de fées,
l'histoire se termine là et tous "vécurent heureux et
eurent beaucoup d'enfants". Dans la réalité, ce
n'est pas si simple. Pour Marie, nombreuses furent les
difficultész qui l'attendaient comme conséquence de son
"oui" donné au Seigneur. Siméon prophétisa
qu'une épée transpererait son coeur. Dans les
épreuves, elle resta fidèle à sa promesse,
soutenue par l'Esprit de courage. Et elle fut glorieusement
récompensée. chers jeunes, nous aussi devons rester
fidèles au "oui" que nous avons donné en répondant
à l'offre d'amitié du Seigneur. Nous savons qu'il ne nous
abandonnera jamais." (Angelus final, raandwick, le 20 juillet)

Le jeudi 17 juillet LE PAPE ACCUEILLI PAR 250 000 JEUNES
Le Pape appelle les jeunes à respecter la dignité de la Création et de l'homme
article
Homélie du Saint Père à Randwick
Chers amis,
« Vous allez recevoir une force, celle de l’Esprit Saint qui
descendra sur vous » (Actes 1,8). Nous avons vu cette promesse
s’accomplir ! Le jour de la Pentecôte, comme nous l’entendions dans la
première lecture, le Seigneur ressuscité, assis à la droite du Père,
envoya l’Esprit sur les disciples réunis dans la chambre haute. Avec la
force de cet Esprit, Pierre et les apôtres partirent annoncer
l’Évangile jusqu’aux extrémités de la Terre. À travers les âges, dans
toutes les langues, l’Église dans le monde entier continue à proclamer
les merveilles de Dieu et à appeler tous les peuples et nations à la
foi, à l’espérance et à une vie nouvelle dans le Christ.
Je suis venu en ces jours, en tant que successeur de Saint Pierre,
dans ce magnifique pays qu’est l’Australie. Je suis venu, mes jeunes
frères et sœurs, pour vous conforter dans votre foi et pour vous
encourager à ouvrir votre cœur à la force de l’Esprit du Christ et à la
richesse de ses dons. Je prie que cette belle assemblée, qui unit des
jeunes « de toutes les nations qui sont sous le ciel » (cf. Actes 2,5),
soit une nouvelle chambre haute. Puisse le feu de l’Amour de Dieu
descendre remplir votre cœur, vous unisse toujours plus étroitement au
Seigneur et à son Église, et vous envoie de l’avant, nouvelle
génération d’apôtres, pour mener le monde à Dieu.
« Vous allez recevoir une force, celle de l’Esprit Saint qui
descendra sur vous ». Ces mots du Seigneur ressuscité prennent un sens
particulier pour les jeunes qui vont être confirmés, marqués du don de
l’Esprit Saint, à la messe d’aujourd’hui. Mais ils sont également
adressés à chacun d’entre nous – à tous ceux qui ont reçu, dans le
baptême, le don de l’Esprit de la réconciliation et d’une vie nouvelle,
qui l’ont accueilli dans leur cœur le jour de leur confirmation comme
leur soutien et leur guide, et qui grandissent chaque jour dans ses
dons de grâce par la Sainte Eucharistie. À chaque messe en effet, le
Saint Esprit descend à nouveau, invoqué par la prière solennelle de
l’Église, non seulement pour transformer nos offrandes du pain et du
vin en corps et sang du Seigneur, mais aussi pour transformer nos vies,
pour faire de nous, par sa force, « un seul corps, un seul esprit dans
le Christ ».
Mais quelle est cette « force » de l’Esprit Saint ? C’est la force
de la vie divine ! C’est la force de ce même esprit qui plana sur les
eaux à l’aube de la création et qui, quand vint la plénitude des temps,
ressuscita Jésus des morts. C’est la force qui nous montre, à nous et à
notre monde, la venue du Royaume de Dieu. Dans l’Évangile
d’aujourd’hui, Jésus déclare qu’un nouvel âge a commencé, dans lequel
l’Esprit Saint sera déversé sur toute l’humanité. (cf. Luc 4:21). Il
est venu lui-même parmi nous pour nous donner cet Esprit. Comme la
source de notre vie nouvelle dans le Christ, le Saint Esprit est aussi,
d’une manière très réelle, l’âme de l’Église, l’Amour qui nous unit au
Seigneur et les uns avec les autres, et la lumière qui nous ouvre les
yeux pour voir tout autour de nous les merveilles de la grâce de Dieu.
Ici en Australie, cette grande « terre australe du Saint Esprit »,
nous avons tous eu une expérience inoubliable de la présence et de la
force de l’Esprit dans la beauté de la nature. Nos yeux ont été ouverts
pour voir le monde qui nous entoure tel qu’il est réellement : « chargé
» comme dit le poète « de la grandeur de Dieu », rempli de la gloire de
son amour créateur. Ici aussi, dans cette grande assemblée de jeunes
chrétiens du monde entier, nous avons eu une expérience intense de la
présence et de la force du Saint-Esprit dans la vie de l’Église. Nous
avons vu l’Église telle qu’elle est réellement : le Corps du Christ,
une communauté d’amour vivante, embrassant des gens de toutes races,
pays et langues, de tous temps et de tous lieux, dans l’unité née de
notre foi dans le Christ ressuscité.
La force de l’Esprit ne cesse jamais de remplir l’Église de vie !
Par la grâce des sacrements de l’Église, cette force circule au plus
profond de notre être, comme une rivière souterraine qui nourrit notre
esprit et nous attire toujours plus près de la source de la vraie vie :
le Christ. Saint Ignace d’Antioche, qui est mort martyr à Rome au début
du second siècle, nous a laissé une splendide description de la force
de l’Esprit demeurant en nous. Il parlait de l’Esprit comme d’une
fontaine d’eau vive jaillissant dans son cœur et murmurant : « viens,
viens vers le Père » (cf. Ad Rom., 6,1-9).
Cependant, cette force, la grâce de l’Esprit, n’est pas quelque
chose que nous pouvons mériter ou atteindre, mais que nous pouvons
seulement recevoir comme un don. L’amour de Dieu ne peut déployer sa
force que lorsque nous le laissons nous convertir de l’intérieur. Nous
devons le laisser pénétrer l’épaisse carapace de notre indifférence, de
notre lassitude spirituelle, de notre conformité aveugle à l’esprit de
notre temps. Alors seulement, pouvons-nous laisser cet amour enflammer
notre imagination et modeler nos aspirations les plus profondes. C’est
pourquoi la prière est si importante : la prière quotidienne, la prière
personnelle dans le secret de nos cœurs et devant le Saint Sacrement,
et la prière liturgique au cœur de l’Église. La prière est pure
réceptivité à la grâce de Dieu, amour en action, communion avec
l’Esprit qui demeure en nous, nous conduisant, par Jésus, vers notre
Père céleste. Par la force de son Esprit, Jésus est toujours présent
dans nos cœurs, attendant calmement que nous fassions silence, que nous
entendions sa voix, que nous trouvions notre réconfort dans son amour,
que nous recevions sa « force venue d’en haut », qui nous permettra de
devenir le sel et la lumière de notre monde.
À son Ascension, le
Seigneur ressuscité dit à ses disciples : « Vous serez mes témoins …
jusqu’aux extrémités de la terre » (Actes 1,8). Ici, en Australie,
remercions le Seigneur pour le don de la foi, qui est descendu sur nous
comme un trésor transmis de génération en génération dans la communion
de l’Église. Ici, en Océanie, rendons grâce d’une manière particulière
pour tous ces missionnaires héroïques, prêtres et religieux dévoués,
parents et grands-parents chrétiens, enseignants et catéchistes qui
édifièrent l’Église sur ces terres – des témoins comme Mary Mac Killop,
Saint Pierre Chanel, Bienheureux Pierre To Rot et tant d’autres ! La
force de l’Esprit, révélée dans leur vie, est toujours à l’œuvre dans
les bonnes choses qu’ils ont laissées derrière eux, dans la société
qu’ils ont modelée et qui vous est confiée.
Chers jeunes, laissez-moi maintenant vous poser une question. Et vous,
qu’allez-vous laisser à la prochaine génération ? Bâtissez-vous votre
vie sur des fondations solides, construisez-vous quelque chose qui
perdurera ? Vivez-vous votre vie de manière à laisser la place à
l’Esprit au milieu d’un monde qui veut oublier Dieu, voire le rejeter
au nom d’une fausse conception de la liberté ? Comment utilisez-vous
les dons que vous avez reçus, la « force » que l’Esprit Saint s’apprête
à libérer en vous ? Quel héritage allez-vous transmettre à la jeune
génération à venir ? Quelle différence allez-vous faire ?
La force de l’Esprit Saint ne fait pas que nous éclairer et nous
consoler. Elle nous indique aussi le futur, la venue du Royaume de
Dieu. Quelle magnifique vision d’une humanité rachetée et renouvelée
pouvons-nous voir dans le nouvel âge promis par l’Évangile
d’aujourd’hui ! Saint Luc nous dit que Jésus-Christ est
l’accomplissement de toutes les promesses de Dieu, le Messie qui
possède pleinement l’Esprit-Saint afin de le répandre sur tous les
hommes. L’effusion de l’Esprit du Christ sur l’humanité est une
promesse d’espérance et de délivrance de tout ce qui nous appauvrit.
Elle rend aux aveugles la vue ; libère les opprimés, et crée l’unité
dans et à travers la diversité (cf. Luc 4,18-19; Is 61,1-2). Cette
force peut créer un monde nouveau : elle peut « renouveler la face de
la terre » (cf. Ps 104,30) !
Ayant reçu la force de l’Esprit, et s’appuyant sur la riche vision de
la foi, une nouvelle génération de chrétiens est appelée à construire
un monde dans lequel le don de la vie de Dieu est accueilli, respecté
et chéri – et non rejeté, craint comme une menace et détruit. Un nouvel
âge dans lequel l’amour n’est pas cupide ni égoïste, mais pur, fidèle
et authentiquement libre, ouvert aux autres, respectueux de leur
dignité, cherchant leur bien, rayonnant de joie et de beauté. Un nouvel
âge dans lequel l’espérance nous libère de la superficialité, de
l’apathie et de l’égocentrisme qui affaiblissent nos âmes et
empoisonnent nos relations. Chers jeunes amis, le Seigneur vous demande
d’être les prophètes de ce nouvel âge, les messagers de son amour,
attirant les hommes vers le Père et construisant un futur rempli
d’espérance pour l’humanité entière.
Le monde a besoin de ce renouveau ! Dans tant de nos sociétés,
parallèlement à la prospérité matérielle, se répand le désert spirituel
: un vide intérieur, une peur indéfinissable, un sentiment caché de
désespoir. Combien de nos contemporains se sont creusé des citernes
lézardées et vides (cf. Jr 2:13) dans leur quête désespérée de sens –
le sens ultime que seul l’amour peut donner ? C’est le grand don
libérateur que nous apporte l’Évangile : il révèle notre dignité
d’hommes et de femmes créés à l’image de Dieu et à sa ressemblance. Il
révèle la sublime vocation de l’humanité : trouver la plénitude dans
l’amour. Il révèle la vérité sur l’homme et la vérité sur la vie.
L’Église aussi a besoin de ce renouveau ! Elle a besoin de votre foi,
de votre idéalisme et de votre générosité afin de pouvoir rester jeune
dans l’Esprit (cf. Lumen Gentium, 4) ! Dans la deuxième lecture
d’aujourd’hui, Paul nous rappelle que tout chrétien a reçu un don
destiné à construire le Corps du Christ. L’Église a tout
particulièrement besoin des dons des jeunes, de tous les jeunes. Elle a
besoin de grandir dans la force de L’Esprit qui, aujourd’hui encore,
donne de la joie à votre jeunesse et vous inspire à servir le Seigneur
avec joie. Ouvrez vos cœurs à cette force ! Je lance cet appel d’une
manière particulière à ceux d’entre vous que le Seigneur appelle à la
prêtrise et à la vie consacrée. N’ayez pas peur de dire « oui » à
Jésus, de trouver votre bonheur en faisant sa volonté, en vous donnant
complètement pour parvenir à la sainteté, et en mettant tout vos
talents aux services des autres !
Dans quelques instants, nous célébrerons le sacrement de Confirmation.
L’Esprit Saint descendra sur les confirmands ; ils seront « scellés »
par le don de l’Esprit et envoyés pour être les témoins du Christ. Que
signifie recevoir le « sceau » de l’Esprit Saint ? Cela signifie être
marqué de manière indélébile, transformé de manière inaltérable, être
une nouvelle création. Pour ceux qui ont reçu ce don, rien ne sera
comme avant ! Être « baptisé » en un seul Esprit (cf. 1 Co 12,13)
signifie être embrasé de l’amour de Dieu. Être « abreuvé » de l’Esprit
signifie être rafraîchi par la beauté du plan de Dieu pour nous et pour
le monde, et devenir à notre tour une source de rafraîchissement
spirituel pour les autres. Être « scellé de l’Esprit » signifie ne pas
avoir peur de défendre le Christ, laissant la vérité de l’Évangile
imprégner notre manière de voir, de penser et d’agir, tandis que nous
œuvrons pour le triomphe de la civilisation de l’amour.
Alors que nous prions pour les confirmands, demandons que la force du
Saint-Esprit ravive la grâce de notre propre confirmation. Qu’il
répande ses dons en abondance sur vous qui êtes ici présents, sur la
ville de Sydney, sur cette terre australienne et sur tout son peuple !
Que chacun d’entre nous soit renouvelé dans l’esprit de sagesse et
d’intelligence, l’esprit de conseil et de force, l’esprit de science et
de piété, l’esprit d’admiration et de crainte face à la présence de
Dieu !
Par l’intercession aimante de Marie, Mère de l’Eglise, que ces
vingt-troisièmes Journées Mondiales de la Jeunesse soient vécues comme
une nouvelle chambre haute, depuis laquelle, chacun d’entre nous,
brûlant du feu et de l’amour de l’Esprit Saint, se mette en route pour
proclamer le Christ ressuscité et attirer tous les cœurs à lui ! Amen.
Message Urbi et Orbi
MESSAGE DU DIMANCHE DE PAQUES
ROME, Dimanche 23 mars 2008 (ZENIT.org) - Les
« plaies » de l'humanité « attendent d'être soulagées et guéries
par les plaies glorieuses du Seigneur ressuscité »: l
e pape Benoît XVI a
lancé cet appel à la responsabilité du chrétien dans son message de Pâques, à
l'occasion de sa bénédiction « Urbi et Orbi », au terme de la messe
de Pâques.
Le parvis de la basilique était à cette
occasion transformé en jardin parfumé et fleuri par des horticulteurs
hollandais, mais la pluie battante démentait ce printemps liturgique, sans pour
autant décourager les dizaines de milliers de chrétiens participant à la
célébration.
« Le Christ est ressuscité. Sainte fête
de Pâques ! Que pour vous ce mystère soit source de bonheur et de paix
profonde », disait ensuite le pape aux francophones présents place
Saint-Pierre ou en liaison directe par la télévision ou la radio.
Benoît XVI citait ces paroles liturgiques en
latin : « Je suis ressuscité, je suis toujours avec toi. Alleluia !
Chers frères et sœurs, Jésus crucifié et ressuscité nous répète aujourd'hui
cette joyeuse annonce : l'annonce pascale. Accueillons-la avec un profond
émerveillement et avec une grande gratitude ! »
Mais Benoît XVI mentionnait en même temps
« les plaies de l'humanité, ouvertes et douloureuses en tout coin de la
planète, même si elles sont souvent ignorées et parfois volontairement cachées
; plaies qui écorchent les âmes et les corps de tant de nos frères et de nos
sœurs ».
D'où cet appel à la responsabilité du
chrétien dans le monde d'aujourd'hui: « Elles attendent d'être
soulagées et guéries par les plaies glorieuses du Seigneur ressuscité (cf. 1 P
2, 24-25) et par la solidarité de tous les hommes qui, sur ses pas et en son
nom, posent des gestes d'amour, s'engagent concrètement pour la justice et
répandent autour d'eux des signes lumineux d'espérance dans les lieux
ensanglantés par les conflits et partout où la dignité de la personne humaine
continue à être outragée et foulée aux pieds ».
Le pape en appelle à des « témoignages de
douceur et de pardon ! » Et de citer « le Darfour et la
Somalie », le « Moyen-Orient tourmenté », et spécialement la
Terre Sainte, l'Irak, le Liban, et le Tibet. Pour toutes ces régions, le pape
« encourage la recherche de solutions qui sauvegardent le bien et la paix
! », mais aussi « la solidarité fraternelle » et « la
paix ».
Le pape invite « à contempler le Christ
ressuscité, en en faisant résonner la voix dans notre cœur » :
« Par son sacrifice rédempteur, Jésus de Nazareth nous a rendus fils
adoptifs de Dieu, de sorte que maintenant nous pouvons, nous aussi, nous
insérer dans le dialogue mystérieux entre Lui et le Père. Nous avons en mémoire
ce qu'un jour il a dit à ses auditeurs : « Tout m'a été confié par mon Père ;
personne ne connaît le Fils, sinon le Père, et personne ne connaît le Père,
sinon le Fils, et celui à qui le Fils veut le révéler » (Mt 11, 27) ».
Le pape actualisait cette parole de l'Evangile
en soulignant l'œuvre de la miséricorde divine: « Grâce à la mort et à la
résurrection du Christ, nous aussi aujourd'hui, nous ressuscitons à une vie
nouvelle et, unissant notre voix à la sienne, nous proclamons que nous voulons
demeurer pour toujours avec Dieu, notre Père infiniment bon et
miséricordieux ».
Benoît XVI soulignait aussi cette
manifestation de l'amour trinitaire: « L'événement surprenant de la
résurrection de Jésus est essentiellement un événement d'amour : amour du Père
qui livre son Fils pour le salut du monde ; amour du Fils qui s'abandonne à la
volonté du Père pour nous tous ; amour de l'Esprit qui ressuscite Jésus d'entre
les morts dans son corps transfiguré. Et encore : amour du Père qui « embrasse
de nouveau » le Fils, l'enveloppant dans sa gloire ; amour du Fils qui, par la
force de l'Esprit, retourne au Père, revêtu de notre humanité
transfigurée ».
Benoît XVI évoque cette « expérience absolue
et particulière de la résurrection de Jésus » qui constitue un «
appel à nous convertir à l'Amour », à « vivre en refusant la haine et
l'égoïsme, et à suivre docilement les traces de l'Agneau immolé pour notre
salut, à imiter le Rédempteur « doux et humble de cœur », qui est «repos pour
nos âmes » (cf. Mt 11, 29) ».
VEILLEE PASCALE
Pâques : Dans le « départ » de Jésus, une nouveauté qui « change le monde
»
Homélie prononcée par Benoît XVI la nuit de Pâques
ROME, Dimanche 23 mars 2008 (ZENIT.org) - Dans la mort et la résurrection de Jésus se
trouve « une nouveauté unique, qui change le monde », explique Benoît XVI dans
son homélie pour la veillée pascale. Et, ajoute le pape, c'est une espérance
pour la paix et la réconciliation dans le monde : « les croyants ne sont jamais
totalement étrangers l'un à l'autre ».
Le pape a en effet présidé la
célébration de la veillée pascale,
« mère » de toutes les
célébrations liturgiques de l'Eglise.
« Dans le cas de Jésus, expliquait Benoît XVI, il y a une nouveauté unique,
qui change le monde. Dans notre mort, s'en aller, c'est quelque chose de
définitif, il n'y a pas de retour. Jésus, au contraire, dit de sa mort : ‘Je
m'en vais, et je reviens vers vous' ».
Transformés par l'amour
C'est un départ pour une « présence », et une présence d'amour, sans fin,
souligne le pape : « En réalité, dans ce départ, il vient. Son départ inaugure
pour lui un mode de présence totalement nouveau et plus grand. Par sa mort, il
entre dans l'amour du Père. Sa mort est un acte d'amour. Mais l'amour est
immortel. C'est pourquoi son départ se transforme en un nouveau retour, en une
forme de présence qui parvient plus en profondeur et qui ne finit plus ».
Et de préciser la différence entre les amours humains, toujours plus ou moins
entravés, et l'amour du Christ, absolument libre: « Bien sûr, dans l'amour nous
pouvons d'une certaine façon entrer dans l'existence d'autrui. Cependant, la
barrière qui vient du fait que nous sommes différents demeure infranchissable.
Au contraire, Jésus, qui est maintenant totalement transformé par l'action de
l'amour, est libéré de ces barrières et de ces limites ».
Le Christ passe les murailles des limites humaines : « Il est en mesure de
passer non seulement à travers les portes extérieures fermées, comme nous le
racontent les Évangiles (cf. Jn 20, 19). Il peut passer à travers la porte
intérieure entre le je et le tu, la porte fermée entre l'hier et l'aujourd'hui,
entre le passé et l'avenir ».
Un départ qui est une présence
D'où ce paradoxe du « départ »
pour une présence universelle : « Son
départ devient un retour dans le mode universel de la
présence du Ressuscité, dans lequel il est présent
hier, aujourd'hui et pour l'éternité ; dans lequel il
embrasse tous les temps et tous les lieux. Maintenant il peut aussi
franchir le mur de l'altérité qui sépare le je du
tu ».
Au catéchumènes, le pape expliquait ce qui est en jeu dans la relation
nouvelle avec le Christ : « Dans le Baptême, le Seigneur entre dans votre vie
par la porte de votre cœur. Nous ne sommes plus l'un à côté de l'autre ou l'un
contre l'autre. Le Seigneur traverse toutes ces portes. Telle est la réalité du
Baptême : lui, le Ressuscité, vient, il vient à vous et il associe sa vie à la
vôtre, vous tenant dans le feu ouvert de son amour. Vous devenez une unité, oui,
un avec Lui, et de ce fait un entre vous ».
Benoît XVI souligne que le baptême est la source d'une fraternité
universelle : « Dans un premier temps, cela peut sembler très théorique et peu
réaliste. Mais plus vous vivrez la vie de baptisés, plus vous pourrez faire
l'expérience de la vérité de ces paroles. Les personnes baptisées et croyantes
ne sont jamais vraiment étrangères l'une à l'autre. (...) Les croyants ne sont
jamais totalement étrangers l'un à l'autre. Nous sommes en communion en raison
de notre identité la plus profonde : le Christ en nous ».
Au milieu des dangers
Benoît XVI y voit une espérance pour la paix et la réconciliation : « Ainsi
la foi est une force de paix et de réconciliation dans le monde : l'éloignement
est dépassé ; dans le Seigneur nous sommes devenus proches (cf. Ep 2, 13) ».
Comment tant un passage de l'Epître aux Hébreux, Benoît XVI soulignait
encore cette libération apportée par le Christ dans l'histoire : « Pour nous
Jésus est descendu dans les eaux obscures de la mort. Mais en vertu de son sang,
nous dit la Lettre aux Hébreux, il a été remonté de la mort : son amour s'est
uni à celui du Père et ainsi, de la profondeur de la mort, il a pu remonter à la
vie. Maintenant il nous élève de la mort à la vraie vie. Oui, c'est ce qui se
réalise dans le Baptême : il nous remonte vers lui, il nous attire dans la vraie
vie. Il nous conduit à travers la mer souvent si obscure de l'histoire, où nous
sommes fréquemment menacés de sombrer, au milieu des confusions et des
dangers ».
Le pape faisait le rapprochement avec le récit de la libération du peuple
d'Israël d ‘Egypte lu pendant cette liturgie: « Dans le Baptême, il nous prend
comme par la main, il nous conduit sur le chemin qui passe à travers la Mer
Rouge de ce temps et il nous introduit dans la vie sans fin, celle qui est vraie
et juste. Tenons serrée sa main ! Quoiqu'il arrive ou quel que soit ce que nous
rencontrons, n'abandonnons pas sa main ! Nous marchons alors sur le chemin qui
conduit à la vie ».
Je peux « passer ma vie à dormir »
A propos du symbole de la lumière du Christ, le pape ajoutait : « Etre
baptisés signifie que le feu de cette lumière est descendu jusqu'au plus intime
de nous-mêmes. C'est pourquoi, dans l'Église ancienne, le Baptême était appelé
aussi le Sacrement de l'illumination : la lumière de Dieu entre en nous ; nous
devenons ainsi nous-mêmes fils de la lumière ».
Surtout le pape soulignait la responsabilité du baptisé qui a reçu cette
lumière : « Cette lumière de la vérité qui nous indique le chemin, nous ne
voulons pas la laisser s'éteindre. Nous voulons la protéger contre toutes les
puissances qui veulent l'éteindre pour faire en sorte que nous soyons dans
l'obscurité sur Dieu et sur nous-mêmes. De temps en temps, l'obscurité peut
sembler commode. Je peux me cacher et passer ma vie à dormir. Cependant, nous ne
sommes pas appelés aux ténèbres mais à la lumière ».
Devenir des personnes pascales
C'est pourquoi le baptisé renouvelle chaque année ces promesses baptismales,
à Pâques, rappelait le pape : « Le Seigneur nous a donné la lumière de la
vérité. Cette lumière est en même temps feu, force qui vient de Dieu, force qui
ne détruit pas, mais qui veut transformer nos cœurs, afin que nous devenions
vraiment des hommes de Dieu et que sa paix devienne efficace en ce monde ».
Le pape concluait sur cette effort constant du chrétien pour correspondre à
al grâce reçue : « Et nous devons toujours de nouveau faire en sorte que notre
cœur soit soustrait à la force de gravité qui le tire vers le bas, et que nous
l'élevions intérieurement vers le haut : dans la vérité et l'amour (...). Et
nous le prions ainsi : Oui, Seigneur, fait que nous devenions des personnes
pascales, des hommes et des femmes de la lumière, remplis du feu de ton amour.
Amen ».
Chemin de croix au Colisée : Le Christ est la réponse à notre soif
d’infini

Allocution de Benoît XVI
ROME, Vendredi 21 mars 2008 (ZENIT.org) - Le Christ est la réponse à la soif d'infini du
cœur humain, a rappelé Benoît XVI à l'issue du chemin de croix qu'il a présidé
ce vendredi soir au Colisée, à Rome.
Plusieurs dizaines de milliers de personnes - que le pape a remerciées pour
leur « patience sous la pluie » - ont participé à ce chemin de croix, bravant un
froid inattendu et une pluie battante.
« De nombreuses personnes, à notre époque également, ne connaissent pas Dieu
et ne peuvent pas le trouver dans le Christ crucifié. Beaucoup sont à la
recherche d'un amour ou d'une liberté qui exclut Dieu. Beaucoup croient ne pas
avoir besoin de Dieu », a déclaré Benoît XVI.
« Jésus Christ est mort pour affranchir l'humanité tout entière de
l'ignorance de Dieu, du cercle de la haine et de la violence, de l'esclavage du
péché. La Croix fait de nous des frères et sœurs », a-t-il expliqué
« Mais demandons-nous, maintenant, ce que nous avons fait de ce don.
Qu'avons-nous fait de la révélation du visage de Dieu en Jésus Christ, de la
révélation de l'amour de Dieu qui triomphe de la haine ? » s'est-il
interrogé.
Le pape a invité les croyants à se laisser « interpeller » par le sacrifice
du Christ.
« Laissons-le mettre nos certitudes humaines en crise, a-t-il exhorté.
Ouvrons-lui notre cœur. Jésus est la vérité qui nous rend libres d'aimer.
N'ayons pas peur : en mourant, le Seigneur a détruit le péché et sauvé les
pécheurs, c'est-à-dire nous tous ».
« Voilà la vérité du Vendredi Saint : sur la croix, le Rédempteur a fait de
nous des fils adoptifs de Dieu, il nous a créés à son image et à sa
ressemblance », a-t-il expliqué.
« O Christ, donne-nous la paix que nous cherchons, la joie à laquelle nous
aspirons, l'amour qui comble notre cœur assoiffé d'infini. Nous t'en prions, ce
soir, Fils de Dieu, mort pour nous sur la croix et ressuscité le troisième
jour », a conclu le pape.
Les méditations et les prières, confiées cette année par Benoît XVI au
cardinal Joseph Zen Ze-kiun, s.d.b., évêque de Hong Kong, ont permis de
sensibiliser les fidèles à la situation des « martyrs vivants », les chrétiens
persécutés à travers le monde.
« Plus que nous, sans doute, ils ont probablement vécu dans leur corps la
Passion de Jésus. Dans leur chair, Jésus a été de nouveau arrêté, calomnié,
torturé, raillé, traîné, écrasé sous le poids de la croix et cloué sur ce bois,
comme un criminel », explique le cardinal chinois dans l'introduction aux
méditations.
Dans les représentations de chacune des quatorze stations du chemin de croix
figurant dans le livret remis aux pèlerins et présentées par les chaînes de
télévision du monde, Jésus apparaît avec des traits orientaux, de même que les
autres personnages de l'Evangile.
A la douzième station, une jeune Chinoise a remis la croix au pape qui avait
suivi le chemin de croix sous un abri installé sur le mont Palatin, tout proche
du Colisée.
La croix avait été auparavant portée par des frères de la Custodie de Terre
sainte, une femme porteuse de handicap, en fauteuil, une famille de Rome, une
religieuse du Burkina Faso et le cardinal Camillo Ruini, vicaire du pape pour le
diocèse de Rome.
Benoît XVI, ce mercredi 19 mars lors de l'Audience Générale :
"Nous allons revivre les jours appelés «saints», événement central de
notre Rédemption. Ces trois jours sont le cœur de l’année liturgique et
de la vie de l’Église.
Le
Jeudi Saint, l’Église fait mémoire de la dernière Cène, au cours de
laquelle le Seigneur institua l’Eucharistie et nous donna le
commandement nouveau de l’amour fraternel. Cette célébration est
précédée dans tous les diocèses par la Messe chrismale, où l’Évêque et
les prêtres renouvellent les promesses de leur ordination.
Le
Vendredi Saint, nous ferons mémoire de la passion, de la crucifixion et
de la mort de Jésus. L’Église se recueille pour méditer sur le grand
mystère du mal et du péché opprimant l’humanité, parcourant de nouveau,
à la lumière des Écritures et des gestes liturgiques, les souffrances
du Seigneur. Toutes les traditions de piété ont pour objectif
d’imprimer dans l’âme des fidèles le sentiment d’une participation
véritable au sacrifice rédempteur du Christ.
Le Samedi Saint
est marqué par un profond silence; dans l’attente de la Résurrection,
avec Marie, les chrétiens persévèrent dans la prière et la méditation.
Une grande importance est donnée au Sacrement de Réconciliation, chemin
indispensable pour se purifier et se préparer à Pâques.
La
Veillée pascale nous introduit dans le dimanche le plus important de
l’année: la Pâque du Christ. Dans les ténèbres, l’Église accueille la
lumière et médite la promesse, contenue dans l’Écriture, de la
libération définitive de l’esclavage du péché et de la mort."
Le Jésus de Benoît XVI
Telle est la grande question qui nous accompagnera tout au long
de ce livre : qu’est-ce que Jésus a vraiment apporté, s’il n’a pas apporté la paix
dans le monde, le bien-être pour tous, un monde meilleur ? Qu’a-t-il apporté ?
la réponse est très simple : Dieu. Il a apporté Dieu...
site croire :
http://www.croire.com/article/index.jsp?docId=2300465&rubId=188