MESSAGE DU PAPE FRANCOIS

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« Demande à Jésus ce qu’il veut faire de toi et sois courageux » : le pape François a demandé aux jeunes de prendre des risques pour Dieu, en ce dimanche « Du Bon Pasteur », Journée mondiale de prière pour les vocations. Le pape rappelle : « Les vocations naissent dans la prière et de la prière. Et elle ne peut persévérer et porter du fruit que dans la prière. »

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Sans attendre le rendez-vous de Rio de Janeiro, en juillet prochain, le pape François indique aux jeunes leur mission dans cette première catéchèse du mercredi consacrée à l'Année de la foi.

Le pape a en effet déclaré, dans sa catéchèse en italien: "Le Seigneur est vivant et il marche à vos côtés dans votre vie. C’est votre mission: allez apporter cette espérance".

Le pape déplore au contraire ce qu'il appelle une foi "à l’eau de rose", qui "n’est pas la foi forte". Il invite à "« sortir » pour apporter cette joie et cette lumière dans tous les lieux de notre vie !"

ALLEZ VOIR LES DOCUMENTS DU PAPE FRANCOIS :  (Zenit.org)

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LE PAPE BENOIT XVI
                    
                                   

« La vie est plus forte que la mort »

Homélie pour la veillée pascale


ROME, dimanche 8 avril 2012 (ZENIT.org) – « La vie est plus forte que la mort. Le bien est plus fort que le mal. L’amour est plus fort que la haine. La vérité est plus forte que le mensonge. L’obscurité des jours passés est dissipée au moment où Jésus ressuscite du tombeau et devient, lui-même, pure lumière de Dieu » : Benoît XVI a proposé cette méditation sur la vie et la lumière qui jaillit de l’obscurité, lors de la veillée pascale dans la nuit de samedi 7 au dimanche 8 avril 2012 (cf. « Documents » pour le texte intégral). Le pape insiste sur la force transformante de l'amour du Christ.

Au cours de cette veillée le pape a conféré le baptême, la confirmation, et la première communion à huit jeunes adultes, 5 femmes et 3 hommes venant d'Italie, d'Albanie, de Slovaquie, d'Allemagne, du Turkménistan, du Cameroun et des Etats-Unis.

Le nouveau jour de Dieu, pour tous

« A Pâques, au matin du premier jour de la semaine, a déclaré le pape, en commentant les lectures de cette veillée pascale, Dieu a dit de nouveau : « Que la lumière soit ! ». Auparavant il y avait eu la nuit du Mont des Oliviers, l’éclipse solaire de la passion et de la mort de Jésus, la nuit du sépulcre. Mais désormais c’est de nouveau le premier jour - la création recommence entièrement nouvelle. « Que la lumière soit ! », dit Dieu, « et la lumière fut ». Jésus se lève du tombeau. La vie est plus forte que la mort. Le bien est plus fort que le mal. L’amour est plus fort que la haine. La vérité est plus forte que le mensonge ».

« L’obscurité des jours passés est dissipée, a ajouté le pape, à l’adresse de chaque baptisé au moment où Jésus ressuscite du tombeau et devient, lui-même, pure lumière de Dieu. Ceci, toutefois, ne se réfère pas seulement à lui ni à l’obscurité de ces jours. Avec la résurrection de Jésus, la lumière elle-même est créée de façon nouvelle. Il nous attire tous derrière lui dans la nouvelle vie de la résurrection et vainc toute forme d’obscurité. Il est le nouveau jour de Dieu, qui vaut pour nous tous. »

Le Christ transforme le monde

Le pape a médité sur el signe du cierge pascal, symbole du sacrifice du Christ, mais aussi de la force transformante de son amour : « C’est une lumière qui vit en vertu du sacrifice. Le cierge illumine en se consumant lui-même. Il donne la lumière en se donnant lui-même. Ainsi il représente d’une façon merveilleuse le mystère pascal du Christ qui se donne lui-même et ainsi donne la grande lumière ».

« En second lieu, ajoute le pape, nous pouvons réfléchir sur le fait que la lumière du cierge est du feu. Le feu est une force qui modèle le monde, un pouvoir qui transforme. Et le feu donne la chaleur. Là encore le mystère du Christ se rend à nouveau visible. Le Christ, la lumière est feu, il est la flamme qui brûle le mal transformant ainsi le monde et nous-mêmes ».

L’œuvre des abeilles

Le pape a commenté la leçon à tirer du travail des abeilles qu’évoque le chant de l’Exultet : « Le grand hymne de l’Exultet, que le diacre chante au début de la liturgie pascale (…) rappelle que ce produit, la cire, est dû en premier lieu au travail des abeilles. Ainsi la création tout entière entre en jeu. Dans la cire, la création devient porteuse de lumière ».

Le pape y voit une image de l’activité de l’Eglise : « La coopération de la communauté vivante des fidèles dans l’Église est presque semblable à l’œuvre des abeilles. Elle construit la communauté de la lumière. Nous pouvons ainsi voir dans la cire un rappel fait à nous-mêmes et à notre communion dans la communauté de l’Église, qu’elle existe afin que la lumière du Christ puisse illuminer le monde. »


Que cesse l'effusion de sang en Syrie

Message "Urbi et Orbi"


ROME, dimanche 8 avril 2012 (ZENIT.org) – Benoît XVI lance un nouvel appel à la pacification en Syrie, en Irak, dans la Corne de l’Afrique, la Région des Grands lacs, au Soudan, au Soudan du Sud, au Mali, au Nigeria.

Dans son message pascal « Urbi et Orbi », depuis la loggia des bénédictions de la basilique vaticane, Benoît XVI a affirmé, ce dimanche, 8 avril, son espérance dans le Christ ressuscité, pour les régions du monde traversées par la violence.

« Jésus, est quelqu’un en qui nous pouvons avoir absolument confiance, et non pas seulement dans son message, mais vraiment en Lui, parce que le Ressuscité n’appartient pas au passé, mais Il est présent aujourd’hui, vivant », a déclaré le pape.

Benoît XVI a évoqué les chrétiens persécutés : « Le Christ est espérance et réconfort particulièrement pour les communautés chrétiennes qui sont les plus éprouvées par des discriminations et des persécutions à cause de leur foi. Et par son Église, Il est présent comme force d’espérance, proche de toutes les situations humaines de souffrance et d’injustice. »

Parcourant les régions du monde éprouvées par la violence, le pape a évoqué tout d’abord le Moyen Orient : « Puisse le Christ ressuscité donner espérance au Moyen-Orient, afin que toutes les composantes ethniques, culturelles et religieuses de cette Région collaborent pour le bien commun et le respect des droits humains ».

Il a lancé cet appel pour la Syrie et les réfugiés: « En Syrie, particulièrement, que cesse l’effusion de sang et que soit entrepris sans délai le chemin du respect, du dialogue et de la réconciliation, comme le souhaite la communauté internationale. Que les nombreux réfugiés, provenant de ce pays et ayant besoin d’aide humanitaire, trouvent l’accueil et la solidarité qui puissent soulager leurs pénibles souffrances ».

Pour l’Irak et la Terre Sainte, le pape a ajouté : « Que la victoire pascale encourage le peuple irakien à ne ménager aucun effort pour avancer sur le chemin de la stabilité et du développement. Qu’en Terre Sainte, Israéliens et Palestiniens reprennent avec courage le processus de paix ».

Puis Benoît XVI a lancé un appel pour l’Afrique : « « Puisse le Seigneur, victorieux du mal et de la mort, soutenir les communautés chrétiennes du Continent africain, leur donner espérance pour affronter les difficultés, les rendre promotrices de paix et artisanes du développement des sociétés auxquelles elles appartiennent ».

Il a spécialement cité certains pays et certaines régions d’Afrique : « Puisse Jésus Ressuscité réconforter les populations de la Corne de l’Afrique en proie à la souffrance et favoriser leur réconciliation ; qu’il aide la Région des Grands Lacs, le Soudan et le Sud-Soudan, en donnant à leurs habitants la force du pardon. Au Mali, qui traverse un délicat moment politique, puisse le Christ Glorieux accorder la paix et la stabilité. Au Nigeria qui, ces derniers temps, a été le théâtre d’attaques terroristes sanglantes, que la joie pascale donne les énergies nécessaires pour recommencer à construire une société pacifique et respectueuse de la liberté religieuse de ses citoyens. »


   BENOIT XVI, 6 ans de pontificat   (du journal  LA CROIX)





        
                       


LES TEXTES DES  MESSAGES ET DISCOURS DES JMJ 2011 A MADRID


VIDEOS-REPORTAGES JMJ 2011 A MADRID - KTO

 
   


Chers frères et sœurs de Rome et du monde entier !

Le matin de Pâques nous a rapporté l'annonce ancienne et toujours nouvelle : le Christ est ressuscité ! L'écho de cet évènement, parti de Jérusalem il y a 20 siècles, continue de résonner dans l'Eglise qui garde vivante dans son cœur la foi vibrante de Marie, la Mère de Jésus, la foi de Madeleine et des autres femmes qui, les premières, virent le tombeau vide, la foi de Pierre et des autres Apôtres.

Jusqu'à ce jour – même à notre époque de communications ultra-technologiques –, la foi des chrétiens se base sur cette annonce, sur le témoignage de ces sœurs et de ces frères qui ont vu d'abord le rocher renversé et le tombeau vide, puis les mystérieux messagers qui attestaient que Jésus, le Crucifié, était ressuscité ; ensuite lui-même, le Maître et Seigneur, vivant et tangible, qui était apparu à Marie de Magdala, aux deux disciples d'Emmaüs, enfin à tous les onze, réunis au Cénacle (cf. Mc 16, 9-14).


MESSAGE DE SA SAINTETÉ BENOÎT XVI POUR LA CÉLÉBRATION DE LAJOURNÉE MONDIALE DE LA PAIX le 1er JANVIER 2011

                                                   LIBERTÉ RELIGIEUSE, CHEMIN VERS LA PAIX

   - EXTRAITS -

1. AU DÉBUT D’UNE ANNÉE NOUVELLE, mes vœux voudraient rejoindre tous et chacun ; vœux de sérénité et de prospérité, mais surtout vœux de paix. L’année qui vient de se clôturer a été marquée, elle aussi, malheureusement par la persécution, la discrimination, par de terribles actes de violence et d’intolérance religieuse.

Je pense en particulier à la chère terre d’Irak qui, dans sa marche vers une stabilité et une réconciliation tant souhaitées, continue à être une scène de violences et d’attentats. Viennent à la mémoire les récentes souffrances de la communauté chrétienne, et tout particulièrement le lâche attentat contre la cathédrale siro-catholique Notre-Dame du Perpétuel Secours, à Bagdad, où, le 31 octobre dernier, deux prêtres et plus de cinquante fidèles ont été tués, alors qu’ils étaient réunis pour la célébration de la sainte Messe. Et il y eut d’autres attaques les jours suivants, aussi contre des habitations privées, suscitant la peur au sein de la communauté chrétienne et le désir, chez beaucoup de ses membres, d’émigrer pour aller chercher de meilleures conditions de vie. Je les assure de ma proximité et de celle de toute l’Eglise. Ce sentiment a été concrètement exprimé lors de la récente Assemblée spéciale pour le Moyen-Orient du Synode des Evêques. Cette Assemblée a adressé un encouragement aux communautés catholiques en Irak et dans tout le Moyen-Orient à vivre la communion et à continuer à offrir un témoignage courageux de foi en ces régions.

C’est en effet dans la liberté religieuse que se trouve l’expression de la spécificité de la personne humaine, qui peut ainsi ordonner sa vie personnelle et sociale selon Dieu :  à Sa lumière se comprennent pleinement l’identité, le sens et le but de la personne. Nier ou limiter de manière arbitraire cette liberté signifie cultiver une vision réductrice de la personne humaine ; mettre dans l’ombre le rôle public de la religion signifie engendrer une société injuste, puisque celle-ci n’est pas en harmonie avec la vraie nature de la personne humaine ; cela signifie rendre impossible l’affirmation d’une paix authentique et durable de toute la famille humaine.

J’exhorte donc les hommes et les femmes de bonne volonté à renouveler leur engagement pour la construction d’un monde où tous soient libres de professer leur religion ou leur foi, et de vivre leur amour pour Dieu de tout leur cœur, de toute leur âme et de tout leur esprit (cf. Mt 22,37). Voilà le sentiment qui inspire et guide le Message pour la XLIVème Journée Mondiale de la Paix, consacré au thème : Liberté religieuse, chemin vers la paix.

Le droit sacré à la vie et à une vie spirituelle

2. Le droit à la liberté religieuse s’enracine dans la dignité même de la personne humaine[2], dont la nature transcendante ne doit être ni ignorée ni négligée. Dieu a créé l’homme et la femme à son image et à sa ressemblance (cf. Gn 1,27). C’est pour cela que chaque personne a le droit sacré à une vie intègre aussi du point de vue spirituel. Sans la reconnaissance de son être spirituel, sans l’ouverture au transcendant, la personne humaine se replie sur elle-même, et elle n’arrive pas à trouver des réponses aux interrogations de son cœur sur le sens de la vie et à conquérir des valeurs et des principes éthiques durables. Elle ne peut donc même pas réussir à expérimenter une authentique liberté et à développer une société juste[3].

La Sainte Ecriture, en harmonie avec notre propre expérience, révèle la valeur profonde de la dignité humaine : « A voir ton ciel, ouvrage de tes doigts, la lune et les étoiles que tu fixas, qu’est donc le mortel, que tu t’en souviennes, le fils d’Adam, que tu le veuilles visiter ? A peine le fis-tu moindre qu’un dieu ; tu le couronnes de gloire et de beauté, pour qu’il domine sur l’œuvre de tes mains ; tout fut mis par toi sous ses pieds » (Ps 8, 4-7).

Liberté religieuse et respect mutuel

3. La liberté religieuse est à l’origine de la liberté morale. En effet, l’ouverture à la vérité et au bien, l’ouverture à Dieu, qui est enracinée dans la nature humaine, confère une pleine dignité à chaque personne et elle est garante d’un respect mutuel et plénier entre les personnes. C’est pourquoi la liberté religieuse doit être comprise non seulement comme une absence de la coercition, mais d’abord comme une capacité d’ordonner ses choix selon la vérité.

Il existe un lien infrangible entre liberté et respect ; car, « la loi morale oblige tout homme et tout groupe social à tenir compte, dans l’exercice de leurs droits, des droits d’autrui, de leurs devoirs envers les autres et du bien commun de tous »[5].

Une liberté ennemie ou indifférente à l’égard de Dieu finit par se nier elle-même et ne garantit pas le plein respect de l’autre. Une volonté qui se croit radicalement incapable de rechercher la vérité et le bien n’a plus de raisons objectives ni de motifs pour agir, sinon ceux que lui imposent ses intérêts momentanés et contingents, elle n’a pas « une identité » à conserver et à construire en opérant des choix vraiment libres et conscients. Elle ne peut donc revendiquer le respect de la part d’autres « volontés », elles aussi détachées de leur être plus profond et qui, de ce fait, peuvent faire valoir d’autres « raisons » ou même aucune « raison ». L’illusion que l’on puisse trouver dans le relativisme moral la clé d’une coexistence pacifique, est en réalité l’origine des divisions et de la négation de la dignité des êtres humains. On comprend alors qu’il soit nécessaire de reconnaître une double dimension dans l’unité de la personne humaine : la dimension religieuse et la dimension sociale. A cet égard, il est inconcevable que des croyants « doivent se priver d’une partie d’eux-mêmes – de leur foi – afin d’être des citoyens actifs ; il ne devrait jamais être nécessaire de nier Dieu pour jouir de ses droits »[6].

La famille, école de liberté et de paix

4. Si la liberté religieuse est chemin vers la paix, l’éducation religieuse est une route privilégiée pour donner aux nouvelles générations la possibilité de reconnaître en l’autre un frère et une sœur, avec qui marcher ensemble et collaborer pour que tous se sentent comme les membres vivants d’une même famille humaine, au sein de laquelle personne ne doit être exclu.

La famille fondée sur le mariage, expression d’une union intime et d’une complémentarité entre un homme et une femme, s’insère dans ce contexte comme première école de formation et de croissance sociale, culturelle, morale et spirituelle des enfants, qui devraient toujours trouver dans leur père et leur mère les premiers témoins d’une vie orientée vers la recherche de la vérité et de l’amour de Dieu. Les parents eux-mêmes devraient être toujours libres de transmettre, sans entraves et de manière responsable, leur patrimoine de foi, de valeurs et de culture à leurs enfants. La famille, première cellule de la société humaine, reste le milieu primordial de formation pour des relations harmonieuses à tous les niveaux de la convivialité humaine, nationale et internationale. Nous trouvons ici la route à suivre avec sagesse pour construire un tissu social solide et solidaire, pour préparer les jeunes à prendre leurs propres responsabilités dans la vie, au sein d’une société libre, dans un esprit de compréhension et de paix.

Un patrimoine commun

5. On pourrait dire que, parmi les droits et les libertés fondamentaux enracinés dans la dignité humaine, la liberté religieuse jouit d’un statut spécial. Quand la liberté religieuse est reconnue, la dignité de la personne humaine est respectée à sa racine même, et l’ethos et les institutions des peuples se consolident. A l’inverse, quand la liberté religieuse est niée, quand on essaie d’empêcher de professer sa religion ou sa foi et de vivre en conformité avec elles, la dignité humaine est lésée, et de cette manière se trouvent menacées la justice et la paix, lesquelles se fondent sur l’ordre social juste qui s’édifie à la lumière de la Vérité Suprême et du Souverain Bien.

La dimension publique de la religion

6. La liberté religieuse, comme toute liberté, tout en provenant de la sphère personnelle, se réalise dans la relation avec les autres. Une liberté sans relations n’est pas une liberté achevée. La liberté religieuse ne s’épuise pas non plus dans la seule dimension individuelle, mais elle se met en œuvre dans la communauté dont elle fait partie et dans la société, ceci en cohérence avec l’être relationnel de la personne et avec la nature publique de la religion.

La mise en relation est une composante décisive de la liberté religieuse qui pousse les communautés des croyants à pratiquer la solidarité en vue du bien commun. Dans cette dimension communautaire, chaque personne reste unique et absolument originale, tout en se complétant et en se réalisant pleinement.


Un problème de justice et de civilisation :
le fondamentalisme et l’hostilité à l’égard des croyants
nuisent à la laïcité positive des Etats

8. La même détermination avec laquelle sont condamnées toutes les formes de fanatisme et de fondamentalisme religieux, doit animer aussi l’opposition à toutes les formes d’hostilité à l’égard de la religion, qui limitent le rôle public des croyants dans la vie civile et politique.

On ne peut oublier que le fondamentalisme religieux et le laïcisme sont des formes spéculaires et extrêmes du refus du légitime pluralisme et du principe de laïcité. Tous deux, en effet, absolutisent une vision réductrice et partiale de la personne humaine, favorisant dans le premier cas, des formes d’intégralisme religieux, et dans le second, de rationalisme. La société qui veut imposer, ou qui, au contraire, nie la religion par la violence, est injuste à l’égard de la personne et de Dieu, mais aussi envers elle-même. Dieu appelle à lui l’humanité dans un dessein d’amour qui, alors qu’il concerne la personne tout entière dans sa dimension naturelle et spirituelle, exige d’y répondre en termes de liberté et de responsabilité, de tout son cœur et de tout son être, individuel et communautaire. La société elle-même, en tant qu’expression de la personne et de l’ensemble de ses dimensions constitutives, doit donc vivre et s’organiser en sorte de favoriser l’ouverture à la transcendance. C’est précisément pour cela que les lois et les institutions d’une société ne peuvent pas être configurées en ignorant la dimension religieuse des citoyens ou au point d’en faire totalement abstraction. Elles doivent se mesurer – grâce à la participation démocratique de citoyens conscients de leur haute vocation – à l’être de la personne afin de pouvoir la seconder dans sa dimension religieuse. N’étant pas une création de l’Etat, elle ne peut être manipulée par lui ; elle devrait plutôt en recevoir reconnaissance et respect.


Vérité morale dans la politique et dans la diplomatie

12. La politique et la diplomatie devraient prendre en considération le patrimoine moral et spirituel offert par les grandes religions du monde pour reconnaître et affirmer des vérités, des principes et des valeurs universelles qui ne peuvent être niés sans nier en même temps la dignité de la personne humaine. Mais, dans la pratique, qu’est-ce que cela veut dire promouvoir la vérité morale dans le monde de la politique et de la diplomatie ? Cela signifie agir de manière responsable à partir de la connaissance objective et complète des faits ; cela veut dire déstructurer des idéologies politiques qui finissent par supplanter la vérité et la dignité humaine et veulent promouvoir des pseudo valeurs sous le couvert de la paix, du développement et des droits humains ; cela veut dire favoriser un engagement constant pour fonder la loi positive sur les principes de la loi naturelle[16]. Tout cela est nécessaire et est cohérent avec le respect de la dignité et de la valeur de la personne humaine,  respect garanti par les Peuples de la terre dans la Charte de l’Organisation des Nations Unies de 1945, qui présente des valeurs et des principes moraux universels de référence pour les normes, les institutions, les systèmes de coexistence au niveau national et international.

Au-delà de la haine et des préjugés

13. En dépit des enseignements de l’histoire et de l’engagement des Etats, des Organisations internationales au niveau mondial et local, en dépit des efforts des Organisations non gouvernementales et de tous les hommes et femmes de bonne volonté qui, chaque jour, se dépensent pour la sauvegarde des droits et des libertés fondamentaux, on constate aujourd’hui encore, dans le monde des persécutions, des discriminations, des actes de violence et d’intolérance liés à la religion. En Asie et en Afrique en particulier, les principales victimes sont les membres des minorités religieuses, auxquels il est interdit de professer librement leur religion ou d’en changer, par des intimidations, par la violation des droits et des libertés fondamentaux et des biens essentiels, allant jusqu’à la privation de la liberté personnelle ou même de la vie.


La liberté religieuse dans le monde

14. Je m’adresse maintenant aux communautés chrétiennes qui souffrent de persécutions, de discriminations, de violences et d’intolérance, particulièrement en Asie, en Afrique, au Moyen-Orient et spécialement en Terre Sainte, lieu choisi et béni par Dieu. Tout en leur renouvelant l’assurance de mon affection paternelle et de ma prière, je demande à tous les responsables d’agir avec promptitude pour mettre fin à toute brimade contre les chrétiens qui habitent dans ces régions. Puissent les disciples du Christ, confrontés aux adversités du moment, ne pas perdre courage, car le témoignage rendu à l’Evangile est et sera toujours signe de contradiction !

Méditons en notre cœur les paroles du Seigneur Jésus : « Heureux les affligés, car ils seront consolés. Heureux les affamés et assoiffés de la justice, car ils seront rassasiés. […] Heureux êtes-vous quand on vous insultera, qu’on vous persécutera, et qu’on dira faussement contre vous toute sorte d’infamie à cause de moi. Soyez dans la joie et l’allégresse, car votre récompense sera grande dans les cieux » (Mt 5, 5-12). Renouvelons donc « l’engagement pris par nous à l’indulgence et au pardon, que nous demandons à Dieu dans le Notre Père, en posant nous-mêmes la condition et la mesure de la miséricorde désirée. En effet, nous prions ainsi : "Pardonne-nous nos offenses, comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés" (Mt 6, 12) »[17]. La violence ne se vainc pas par la violence. Que notre cri de douleur soit toujours accompagné par la foi, par l’espérance et le témoignage de l’amour de Dieu ! J’exprime aussi le souhait qu’en Occident, spécialement en Europe, cessent l’hostilité et les préjugés à l’encontre des chrétiens qui veulent donner à leur vie une orientation cohérente avec les valeurs et les principes exprimés dans l’Evangile. Que l’Europe apprenne plutôt à se réconcilier avec ses propres racines chrétiennes : elles sont essentielles pour comprendre le rôle qu’elle a eu, qu’elle a et veut avoir dans l’histoire ; elle saura ainsi faire l’expérience de la justice, de la concorde et de la paix,  en cultivant un dialogue sincère avec tous les peuples.

La liberté religieuse, chemin vers la paix

15. Le monde a besoin de Dieu. Il a besoin de valeurs éthiques et spirituelles, universelles et partagées, et la religion peut offrir une contribution précieuse dans leur recherche, pour la construction d’un ordre social juste et pacifique au niveau national et international.

La paix est un don de Dieu et en même temps un projet à mettre en œuvre, jamais complètement achevé. Une société réconciliée avec Dieu est plus proche de la paix, qui n’est pas simplement l’absence de guerre, qui n’est pas le simple fruit d’une prédominance militaire ou économique, ni encore moins de ruses mensongères ou d’habiles manipulations. La paix, en fait, est le résultat d’un processus de purification et d’élévation culturelle, morale et spirituelle de chaque personne et chaque peuple, processus dans lequel la dignité humaine est pleinement respectée. J’invite tous ceux qui désirent devenir artisans de paix, et spécialement les jeunes, à se mettre à l’écoute de la voix intérieure qui est en eux, pour trouver en Dieu, le point de référence stable pour la conquête d’une liberté authentique, la force inépuisable pour orienter le monde avec un esprit nouveau, capable de ne pas répéter les erreurs du passé. Comme l’enseigne le Serviteur de Dieu Paul VI, dont la sagesse et la clairvoyance nous ont valu l’institution de la Journée Mondiale de la Paix : « Il faut avant tout donner à la Paix d’autres armes que celles destinées à tuer et à exterminer l’humanité. Il faut surtout les armes morales, qui donnent force et prestige au droit international, à commencer par l’observation des pactes »[18]. La liberté religieuse est une arme authentique de la paix, et elle a une mission historique et prophétique. En effet, elle valorise et fait fructifier les qualités les plus intimes et les potentialités de la personne humaine capables de changer et rendre meilleur le monde. Elle permet de nourrir l’espérance en un avenir de justice et de paix, même devant les graves injustices et les misères matérielles et morales. Puissent tous les hommes et toutes les sociétés, à tout niveau et en tout point de la terre, faire sans tarder l’expérience de la liberté religieuse, chemin vers la paix !

message complet :   http://www.vatican.va/latest/latest_fr.htm

Pour le pape, Noël est un fait que des témoins ont vu

Dieu n'est pas lointain, il est proche, il a un visage, celui de Jésus

 ROME, Samedi 25 décembre 2010 (ZENIT.org) - Dans son message de Noël au monde, le pape Benoît XVI a rappelé que la naissance de Jésus est un fait historique, « que des témoins crédibles ont vu ».

S'adressant aux milliers de pèlerins rassemblés place Saint-Pierre et aux millions de personnes à travers le monde qui l'écoutaient en direct à travers la télévision, la radio ou Internet, le pape a profité de ses voeux de Noël au monde pour expliquer le plus grand mystère du christianisme.

« Chers frères et sœurs, qui m'écoutez à Rome et dans le monde entier, je vous annonce avec joie le message de Noël : Dieu s'est fait homme, il est venu habiter parmi nous. Dieu n'est pas lointain : il est proche, ou mieux, il est l'"Emmanuel", Dieu-avec-nous. Il n'est pas un inconnu : il a un visage, celui de Jésus », a-t-il affirmé.

« C'est un message toujours nouveau, toujours surprenant, parce qu'il dépasse notre espérance la plus audacieuse », a poursuivi le pape.

« Surtout parce qu'il n'est pas seulement une annonce : il est un évènement, un fait, que des témoins crédibles ont vu, entendu, touché dans la Personne de Jésus de Nazareth ! Étant avec Lui, observant ses actes et écoutant ses paroles, ils ont reconnu en Jésus le Messie ; et le voyant ressuscité, après qu'il ait été crucifié, ils ont eu la certitude que Lui, vrai homme, était en même temps vrai Dieu, le Fils unique venu du Père, plein de grâce et de vérité », a-t-il ajouté.

Puis le pape s'est interrogé : comment le Verbe peut-il se faire chair ? « Comment la Parole éternelle et toute-puissante peut-elle devenir un homme fragile et mortel ? ».

« Il n'y a qu'une réponse : l'Amour », a poursuivi le pape.

« Celui qui aime veut partager avec l'aimé, veut être uni à lui, et la Sainte Écriture nous présente justement la grande histoire de l'amour de Dieu pour son peuple, qui culmine en Jésus Christ », a-t-il expliqué.

« Seulement tous ceux qui s'ouvrent à l'amour sont enveloppés de la lumière de Noël. Il en fut ainsi dans la nuit de Bethléem, et il en est encore ainsi aujourd'hui », a ajouté Benoît XVI.

« Si la vérité avait été seulement une formule mathématique, en un certain sens elle s'imposerait d'elle-même. Si au contraire, la Vérité est Amour, elle demande la foi, le " oui " de notre cœur », a-t-il affirmé.

« L'annonce de Noël est aussi lumière pour les peuples », a poursuivi le pape. C'est « comme le levain de l'humanité », « la force qui fait avancer le véritable développement », « l'élan pour collaborer au bien commun, au service désintéressé du prochain, à la lutte pacifique pour la justice ».

Pour Benoît XVI, « croire en Dieu qui a voulu partager notre histoire est un encouragement constant à s'y engager, même au milieu de ses contradictions. C'est un motif d'espérance pour tous ceux dont la dignité est offensée et violée, parce que Celui qui est né à Bethléem est venu libérer l'homme de la racine de tout esclavage »

Messe de Noël : Le pape rappelle que l'homme ne peut se racheter lui-même

Il prie pour que « finisse le temps des manteaux couverts de sang »

 ROME, Samedi 25 décembre 2010 (ZENIT.org) - Lors de la messe de la nuit de Noël, le pape Benoît XVI a rejeté le faux moralisme selon lequel l'homme pense pouvoir se racheter lui-même, et montré comment, à travers l'Enfant de Bethléem, Dieu est venu à sa rencontre pour qu'il puisse découvrir l'amour.

La célébration, qui s'est déroulée dans la basilique Saint-Pierre, a commencé par la proclamation du chant des Kalendas, le texte antique qui annonce la naissance du Christ, chanté en latin par un chanteur du Choeur de la Chapelle Sixtine.

Dans son homélie, le pape a expliqué le sens de Noël en soulignant que grâce à Noël, « l'infinie distance entre Dieu et l'homme est dépassée ». Il a également prié pour que prenne fin le temps de la tyrannie, de la violence et des « manteaux couverts de sang ».

Le pape a invité à dépasser deux extrêmes dans la vie spirituelle : de reconnaître d'une part « seulement l'oeuvre exclusive de Dieu, comme s'il n'avait pas appelé l'homme à une réponse d'amour qui soit libre », d'autre part, de penser que « l'homme avec sa bonne volonté pourrait, pour ainsi dire, se racheter lui-même ».

« Les deux choses vont ensemble : grâce et liberté ; l'amour de Dieu, qui nous précède et sans lequel nous ne pourrions pas l'aimer, et notre réponse, qu'il attend », a expliqué Benoît XVI.

« Ainsi cette parole est en même temps promesse et appel. Dieu nous a précédés par le don de son Fils. Toujours de nouveau Dieu nous précède de façon inattendue. Il ne cesse pas de nous chercher, de nous relever chaque fois que nous en avons besoin. Il n'abandonne pas la brebis égarée dans le désert où elle s'est perdue. Dieu ne se laisse pas troubler par notre péché. Il recommence toujours à nouveau avec nous. Toutefois il attend en retour notre amour. Il nous aime pour que nous puissions devenir des personnes qui aiment avec lui et ainsi il peut y avoir la paix sur la terre », a-t-il poursuivi.

Le pape a expliqué qu'à Noël, « Dieu ne s'est pas seulement penché vers en bas », il est vraiment « entré dans le monde, devenu l'un de nous pour nous attirer tous à lui. Ce petit enfant est vraiment l'Emmanuel, "le Dieu-avec-nous". Son royaume s'étend vraiment jusqu'aux confins de la terre ».

« Dans l'étendue universelle de la sainte Eucharistie, il a vraiment érigé des îlots de paix. Partout où elle est célébrée, on a un îlot de paix, de cette paix qui est propre à Dieu. Ce petit enfant a allumé parmi les hommes la lumière de la bonté et leur a donné la force de résister à la tyrannie du pouvoir. En chaque génération il construit son royaume de l'intérieur, à partir du cœur », a-t-il ajouté.

« Mais il est vrai aussi que "le bâton du tortionnaire" n'a pas été brisé », a-t-il poursuivi.

Pour le pape, la joie de Noël est aussi « une prière : Seigneur, réalise totalement ta promesse. Brise les bâtons des tortionnaires. Brûle les chaussures bruyantes. Fais que finissent le temps des manteaux couverts de sang. Réalise la promesse : "La paix sera sans fin" (Is 9, 6). Nous te rendons grâce pour ta bonté, mais nous te prions encore : montre ta puissance. Établis dans le monde la domination de ta vérité, de ton amour - le "royaume de la justice, de l'amour et de la paix" ».

A la fin de la messe, des enfants ont apporté l'enfant Jésus dans la crèche de la Basilique Saint-Pierre, devant lequel le pape s'est recueilli un instant en prière.

Jesús Colina

Noël : Benoît XVI demande la liberté religieuse

Il exprime sa proximité aux chrétiens discriminés et persécutés

 ROME, Samedi 25 décembre 2010 (ZENIT.org) - Dans son message de Noël au monde, le pape Benoît XVI a lancé un appel au respect de la liberté religieuse et exprimé sa solidarité aux chrétiens victimes de discrimination et de persécution.

Devant plusieurs milliers de pèlerins rassemblés place Saint-Pierre malgré la pluie pour recevoir la bénédiction « urbi et orbi », et plusieurs millions de personnes à travers le monde qui l'écoutaient en direct à travers la télévision, la radio ou Internet, le pape a présenté ses voeux de Noël en 65 langues, depuis la loggia des bénédictions, située au centre de la façade de la Basilique Saint-Pierre.

Dans son message de Noël, prononcé avant la bénédiction, le pape a évoqué les populations frappées par les catastrophes naturelles ou victimes de la violence : depuis la Terre sainte et l'Irak jusqu'à Haïti et plusieurs pays d'Amérique latine ; depuis l'Afghanistan et le Pakistan jusqu'aux pays d'Afrique en guerre ; depuis la tension entre les deux Corées jusqu'à la difficile situation des chrétiens en Chine.

« Que l'amour du « Dieu avec nous » donne persévérance à toutes les communautés chrétiennes qui souffrent la discrimination et la persécution, et inspire les responsables politiques et religieux à s'engager pour le plein respect de la liberté religieuse de tous », a souhaité le pape.

« Puisse la célébration de la naissance du Rédempteur renforcer l'esprit de foi, de patience et de courage chez les fidèles de l'Église en Chine Continentale, afin qu'ils ne se découragent pas à cause des limitations de leur liberté de religion et de conscience et, persévérant dans la fidélité au Christ et à son Église, qu'ils maintiennent vive la flamme de l'espérance », a dit Benoît XVI.

Noël « est un motif d'espérance pour tous ceux dont la dignité est offensée et violée, parce que Celui qui est né à Bethléem est venu libérer l'homme de la racine de tout esclavage », a expliqué le pape.

Le pape s'est d'abord tourné vers le pays où Jésus est né en souhaitant que « la lumière de Noël » resplendisse de nouveau et inspire « Israéliens et Palestiniens dans leur recherche d'une cohabitation juste et pacifique ».

« Que l'annonce consolante de la venue de l'Emmanuel allège leur douleur et réconforte dans leurs épreuves les chères communautés chrétiennes en Irak et dans tout le Moyen-Orient, leur donnant apaisement et espérance pour l'avenir et stimulant les Responsables des Nations à une solidarité active envers eux », a-t-il ajouté.

« Que cela se passe aussi en faveur de ceux qui, en Haïti, souffrent encore des conséquences du tremblement de terre dévastateur et de la récente épidémie de choléra. Que ne soient pas non plus oubliés ceux qui, en Colombie et au Venezuela, mais aussi au Guatemala et au Costa Rica, ont subi récemment des calamités naturelles », a-t-il poursuivi.

Puis le pape a souhaité une « paix durable » et un « progrès authentique » en Somalie, au Darfour, en Côte d'Ivoire, la « stabilité politique et sociale » à Madagascar, la « sécurité et le respect des droits humains » en Afghanistan et au Pakistan, le « dialogue » entre le Nicaragua et le Costa Rica, la « réconciliation » dans la Péninsule coréenne

Benoît XVI demande la fin des violences contre les chrétiens

Discours de Benoît XVI à la Curie romaine (II)

ROME, Lundi 20 décembre 2010 (ZENIT.org) - Benoît XVI demande la fin des violences contre les chrétiens et de la « christianophobie ». Il appelle au « dialogue », au « pardon et à « l'accueil mutuel ». Il souligne la richesse des Eglises orientales et déplore la division de l'île de Chypre.

Dans son discours à la Curie romaine, le pape a évoqué le synode du Moyen-Orient, et a spécialemet remercié l'Eglise orthodoxe pour son hospitalité à Chypre, pour sa première rencontre avec les évêques de la région.

Le pape a rappelé que le « Synode des Églises du Moyen-Orient » a commencé avec ce voyage à Chypre (4-6 juin 2010) au cours duquel il a remis « l'Instrument de travail » du synode aux évêques de la région.

Benoît XVI a souligné l'ancrage de la communion avec l'orthodoxie : « L'hospitalité de l'Église orthodoxe dont nous avons pu faire l'expérience avec grande gratitude demeure inoubliable. Même si la pleine communion ne nous est pas encore donnée, nous avons pu toutefois constater avec joie que la forme de base de l'Église antique nous unit profondément les uns avec les autres : le ministère sacramentel des Évêques comme porteur de la tradition apostolique, la lecture de l'Écriture selon l'herméneutique de la « Règle de la foi », la compréhension de l'Écriture dans l'unité multiforme centrée sur le Christ qui se développe grâce à l'inspiration de Dieu et, enfin, la foi dans la centralité de l'Eucharistie dans la vie de l'Église ».

Il souligne la richesse spirituelle des Eglises catholiques orientales dans leurs différents rites, mais il déplore la division de l'île : « Nous avons eu des liturgies avec des Maronites et avec des Melchites, nous avons célébré en rite latin et nous avons eu des moments de prière œcuménique avec les Orthodoxes, et, en des manifestations imposantes, nous avons pu voir la riche culture chrétienne de l'Orient chrétien ».

« Mais nous avons vu aussi le problème du pays divisé », a constaté le pape qui en appelle à « la compréhension mutuelle » pour rétablir l'unité : « Préparer les gens à cette attitude de paix est une tâche essentielle de la pastorale ».

Pour ce qui est du Moyen-Orient le pape dénonce la persécution des chrétiens : « Dans la situation actuelle, les chrétiens sont la minorité la plus opprimée et tourmentée. Pendant des siècles ils ont vécu pacifiquement avec leurs voisins juifs et musulmans ».

Il cite « les paroles sages du conseiller du Mufti de la République du Liban contre les actes de violence à l'égard des chrétiens », qui disait : « Avec l'agression des chrétiens, nous sommes blessés nous-mêmes ».

« Malheureusement, cependant, cette voix de la raison et d'autres analogues, dont nous sommes profondément reconnaissants, sont trop faibles, a constaté le pape. Ici aussi l'obstacle est le lien entre avidité de lucre et aveuglement idéologique ».

« Sur la base de l'esprit de la foi et de sa justesse, le Synode a développé un grand concept du dialogue, du pardon et de l'accueil mutuel, un concept que maintenant nous voulons crier au monde », déclare Benoît XVI.

Il insiste sur la dignité de chaque personne : « L'être humain est unique et l'humanité est unique. Ce qui, en quelque lieu, est fait contre l'homme finalement les blesse tous. Ainsi les paroles et les pensées du Synode doivent être un cri fort adressé à toutes les personnes qui ont une responsabilité politique ou religieuse pour qu'ils arrêtent la christianophobie ; pour qu'ils se lèvent pour défendre les réfugiés et ceux qui souffrent et revitaliser l'esprit de la réconciliation ».

Pour Benoît XVI, ce dont le Moyen-Orient - et l'humanité - ont le plus besoin, c'est de Dieu : « En dernière analyse, la guérison peut venir seulement d'une foi profonde dans l'amour réconciliateur de Dieu. Donner force à cette foi, la nourrir et la faire resplendir est la tâche principale de l'Église en ce moment ».

« Prions-le donc de nous réveiller du sommeil d'une foi devenue fatiguée et de redonner à la foi le pouvoir de déplacer les montagnes -

 

Benoît XVI présente l'espérance de la résurrection à un monde qui souffre

Message de Pâques et bénédiction « urbi et orbi »

ROME, Dimanche 4 avril 2010 (ZENIT.org) - Aujourd'hui encore l'humanité souffrante a besoin d'un « exode », c'est-à-dire de passer de l'esclavage du péché à la Terre promise. Ce passage est une « nouvelle naissance dans l'Esprit Saint », qui nous est donnée dans le mystère de Pâques.

C'est ce qu'a expliqué le pape Benoît XVI dans le message de Pâques qu'il a transmis au monde, ce dimanche, depuis la loggia centrale de la basilique Saint-Pierre, en présence de plusieurs milliers de personnes rassemblées sur la place, malgré la pluie, après avoir célébré la messe de la résurrection, sur le parvis de la basilique.

« L'humanité a besoin d'un ‘exode', non pas seulement d'ajustements superficiels, mais d'une conversion spirituelle et morale. Elle a besoin du salut de l'Évangile, pour sortir d'une crise qui est profonde et qui, comme telle, réclame des changements profonds, à commencer par celui de la conscience », a expliqué Benoît XVI.

« Par sa mort et sa résurrection, Jésus Christ a libéré l'homme de l'esclavage radical, celui du péché, et lui a ouvert la route vers la Terre promise, le Royaume de Dieu, règne universel de justice, d'amour et de paix », a souligné le pape.

« Cet 'exode' se réalise avant tout à l'intérieur de l'homme lui-même, et il consiste en une nouvelle naissance dans l'Esprit Saint, conséquence du Baptême que le Christ nous a précisément donné dans le mystère pascal. L'homme ancien laisse la place à l'homme nouveau ; en laissant derrière soi la vie d'avant, il est possible d'avancer dans une vie nouvelle (cf. Rm 6, 4). Mais l' ‘exode' spirituel est le principe d'une libération intégrale, susceptible de rénover l'homme dans toutes ses dimensions, personnelle et sociale », a-t-il ajouté.

« Oui, frères, Pâques est le vrai salut de l'humanité ! Si le Christ - l'Agneau de Dieu - n'avait pas versé son Sang pour nous, nous n'aurions aucune espérance ; notre destin et celui du monde entier serait inévitablement la mort », a insisté le pape.

« Mais la Pâque a renversé la perspective : la Résurrection du Christ est une nouvelle création, à la manière d'une greffe qui peut régénérer l'ensemble de la planète. C'est un événement qui a modifié l'orientation profonde de l'histoire, la faisant basculer une fois pour toutes du côté du bien, de la vie, du pardon. Nous sommes libres, nous sommes sauvés ! », a-t-il déclaré.

Le pape a présenté l'espérance de la résurrection à tous les peuples qui souffrent particulièrement : le Moyen Orient et en particulier la terre sainte, les chrétiens d'Irak, l'Amérique latine qui souffre du trafic de la drogue, Haïti, le Chili, l'Afrique où les conflits « continuent à provoquer destructions et souffrances », le Pakistan.

Benoît XVI a rappelé que « la Pâque n'agit pas de façon magique ».

« Tout comme au-delà de la Mer rouge les hébreux trouvèrent le désert, l'Église, après la Résurrection, rencontre toujours l'histoire avec ses joies et ses espérances, ses douleurs et ses angoisses », a-t-il constaté.

« Et cependant, cette histoire est transformée, elle est marquée par une alliance nouvelle et éternelle, elle est réellement ouverte à un avenir. C'est pourquoi, sauvés en espérance, nous poursuivons notre pèlerinage en portant dans le cœur le cantique ancien et toujours nouveau : 'Chantons le Seigneur : il est vraiment ressuscité!' » a conclu le pape.

Avant de donner sa bénédiction urbi et orbi, le pape a présenté ses voeux de Pâques, retransmis en mondiovision, dans 65 langues.

Messe de la Cène du Seigneur : Homélie de Benoît XVI

Appel à l’unité, « pour que le monde croie »


ROME, Jeudi 1er avril 2010 (ZENIT.org) - Benoît XVI a lancé un appel à l'unité des disciples du Christ - « pour que le monde croie » - lors de la messe de la Cène du Seigneur ce Jeudi Saint, en la basilique Saint-Jean-du-Latran, sa cathédrale.

Chers frères et sœurs,

D'une façon plus ample que les trois autres évangélistes, saint Jean, à sa manière propre, nous renvoie dans son évangile au discours d'adieu de Jésus, qui apparaît aussi comme son testament et comme la synthèse du noyau essentiel de son message. Au début de ce discours, il y a le lavement des pieds, dans lequel le service rédempteur de Jésus pour l'humanité qui a besoin de purification est résumé dans un geste d'humilité. A la fin, les paroles de Jésus se transforment en prière, c'est la Prière sacerdotale, dont les exégètes ont repéré l'arrière-fond dans le rituel de la fête juive de l'Expiation. Ce qui était le sens de cette fête et de ses rites-la purification du monde, sa réconciliation avec Dieu- se réalise dans l'acte de la prière de Jésus, une prière qui en même temps, anticipe la Passion, la transforme en prière. Ainsi, dans la Prière sacerdotale, se rend aussi visible d'une manière tout à fait particulière, le mystère permanent du Jeudi Saint : le nouveau sacerdoce de Jésus Christ et sa continuation dans la consécration des Apôtres, dans la participation des disciples au sacerdoce du Seigneur. Dans ce texte inépuisable, je voudrais, à présent, choisir trois paroles de Jésus, qui puissent nous introduire plus profondément dans le mystère du Jeudi-Saint.

Il y a tout d'abord la phrase : « La vie éternelle, c'est de te connaître, toi, le seul Dieu, le vrai Dieu et de connaître celui que tu as envoyé, Jésus-Christ » (Jn 17,3). Chaque être humain veut vivre. Il désire une vie véritable, pleine, une vie qui vaille la peine, qui soit une joie. A l'aspiration à la vie, est jointe, en même temps, la résistance à la mort, qui, cependant, est inéluctable. Lorsque Jésus parle de la vie éternelle, il entend la vie authentique, vraie, qui mérite d'être vécue. Il n'entend pas simplement la vie qui vient après la mort. Il entend la manière authentique de la vie- une vie qui est pleinement vie et pour cela est soustraite à la mort, mais qui peut, de fait, déjà commencer en ce monde, ou mieux, qui doit commencer en lui : c'est seulement si nous apprenons déjà maintenant à vivre de façon authentique, si nous apprenons cette vie que la mort ne peut enlever, que la promesse de l'éternité a un sens. Mais comment cela se réalise-t-il ? Qu'est donc cette vie vraiment éternelle, à laquelle la mort ne peut nuire ? La réponse de Jésus, nous l'avons entendue : la vraie vie c'est qu'ils te connaissent, toi, Dieu et ton Envoyé, Jésus Christ. A notre surprise, il nous est dit là que la vie est connaissance. Cela signifie, par-dessus-tout : la vie est relation. Personne n'a la vie de lui-même et seulement pour lui-même. Nous l'avons de l'autre, dans la relation avec l'autre. Si c'est une relation dans la vérité et dans l'amour, un donner et recevoir, elle donne plénitude à la vie, elle la rend belle. Mais justement à cause de cela, la destruction de la relation, œuvre de la mort, peut être particulièrement douloureuse, peut mettre en question la vie elle-même. Seule la relation avec Celui qui est lui-même la Vie, peut soutenir aussi ma vie au-delà des eaux de la mort, peut me conduire vivant à travers elles. Déjà, dans la philosophie grecque, existait l'idée que l'homme peut trouver une vie éternelle s'il s'attache à ce qui est indestructible-à la vérité qui est éternelle. On devrait, pour ainsi dire, se remplir de la vérité pour porter en soi la substance de l'éternité. Mais seulement si la Vérité est Personne, elle peut me faire traverser la nuit de la mort. Nous nous accrochons à Dieu, à Jésus Christ, le Ressuscité. Et nous sommes ainsi portés par Celui qui est la Vie même. Dans cette relation, nous vivons aussi en traversant la mort, parce que Celui qui est la Vie même ne nous abandonne pas.

Mais revenons aux paroles de Jésus : La vie éternelle : c'est qu'ils te connaissent, Toi et ton Envoyé. La connaissance de Dieu devient vie éternelle. Naturellement, ici par ‘connaissance', on entend quelque chose de plus qu'un savoir extérieur, comme nous savons, par exemple, quand est mort un personnage célèbre et quand fut faite une invention. Connaître dans le sens de la Sainte Écriture, c'est devenir intérieurement une seule chose avec l'autre. Connaître Dieu, connaître le Christ signifie toujours aussi L'aimer, devenir en quelque sorte une seule chose avec Lui, en vertu de la connaissance et de l'amour. Notre vie devient donc une vie authentique, vraie et ainsi aussi éternelle, si nous connaissons Celui qui est la source de tout être et de toute vie. Ainsi, la parole de Jésus devient une invitation pour nous: devenons amis de Jésus, cherchons à Le connaître toujours plus ! Vivons en dialogue avec lui ! Apprenons de Lui la vie droite, devenons ses témoins ! Alors nous devenons des personnes qui aiment et alors nous agissons de façon juste. Alors, nous vivons vraiment.

Par deux fois, au cours de la Prière sacerdotale, Jésus parle de la révélation du nom de Dieu. « J'ai fait connaître ton nom aux hommes que tu as pris dans le monde pour me les donner » (v.6). « Je leur ai fait connaître ton nom et je le ferai connaître encore : pour qu'ils aient en eux l'amour dont tu m'as aimé, et que moi aussi, je sois en eux» (v.26). Le Seigneur fait allusion ici à la scène du Buisson ardent, dans laquelle Dieu, à la demande de Moïse, avait révélé son nom. Jésus veut donc dire que Lui porte à sa fin ce qui avait commencé au Buisson ardent ; qu'en Lui, Dieu, qui s'était fait connaître à Moïse, se révèle maintenant pleinement. Et qu'ainsi il accomplit la réconciliation ; que l'amour avec lequel Dieu aime son fils dans le mystère de la Trinité, entraîne maintenant les hommes dans cette circulation divine de l'amour. Mais qu'est-ce-que cela signifie plus précisément que la révélation du Buisson ardent soit portée à son terme, atteigne pleinement son but ? L'essentiel de l'événement du Mont Horeb, n'a pas été la parole mystérieuse, le ‘Nom', que Dieu avait livré à Moïse, pour ainsi dire, comme signe de reconnaissance. Communiquer le nom signifie entrer en relation avec l'autre. La révélation du nom divin signifie donc que Dieu, qui est infini et subsistant en lui-même, entre dans le jeu des relations humaines ; que Lui, pour ainsi dire, sort de lui-même et devient l'un de nous, quelqu'un qui est présent au milieu de nous et pour nous. Pour cela, en Israël, sous le nom de Dieu, on ne voyait pas seulement un terme enveloppé de mystère, mais le fait de l'être-avec-nous de Dieu. Le Temple, selon la Sainte Écriture, est le lieu dans lequel habite le nom de Dieu. Dieu n'est pas renfermé dans quelque espace terrestre ; Il demeure infiniment au-dessus du monde. Mais dans le Temple il est présent pour nous comme celui qui peut être nommé-comme Celui qui veut être avec nous. Cet être de Dieu avec son peuple s'accomplit dans l'Incarnation du Fils. En elle se complète réellement ce qui avait débuté au Buisson ardent : Dieu comme Homme peut être appelé par nous et nous est proche. Il est l'un de nous et, par-dessus tout, Il est Dieu éternel et infini. Son amour sort, pour ainsi dire, de lui-même et entre en nous. Le mystère eucharistique, la présence du Seigneur sous les espèces du pain et du vin est la plus haute et la plus intense condensation de ce nouvel être-avec-nous de Dieu. « Vraiment tu es un Dieu caché, Dieu d'Israël », a prié le prophète Isaïe (45,15). Cela reste toujours vrai. Mais en même temps, nous pouvons dire : vraiment tu es un Dieu proche, tu es un Dieu-avec-nous. Tu nous as révélé ton mystère et tu nous as montré ton visage. Tu t'es révélé toi-même et tu t'es donné dans nos mains... En ce moment, doit nous envahir la joie et la gratitude parce qu'il s'est montré ; parce que Lui, l'Infini et l'Insaisissable pour notre raison, est le Dieu proche qui aime, le Dieu que nous pouvons connaître et aimer.

La demande la plus connue de la Prière sacerdotale est la demande de l'unité pour les disciples, pour ceux d'alors et ceux de l'avenir : « Je ne prie pas seulement pour ceux qui sont là-la communauté des disciples réunis au Cénacle- mais encore pour ceux qui accueilleront leur parole et croiront en moi : que tous, ils soient un, comme toi, Père, tu es en moi et moi en toi. Qu'ils soient un en nous, eux aussi, pour que le monde croie que tu m'as envoyé (v. 20sv ; cf. v. 11.13) ». Que demande précisément ici le Seigneur ? Par-dessus tout, il prie pour les disciples de ce temps et de tous les temps à venir. Il regarde en avant vers l'étendue de l'histoire à venir. Il en voit les dangers et recommande cette communauté au cœur du Père. Et il demande au Père l'Église et son unité. Il a été dit que, dans l'Évangile de Jean, l'Église n'apparaît pas. Ici, au contraire, elle apparaît, dans ses caractéristiques essentielles : comme la communauté des disciples qui, grâce à la parole apostolique, croient en Jésus Christ et ainsi deviennent un. Jésus implore l'Église comme une et apostolique. Ainsi, cette prière est précisément un acte fondateur de l'Église. Le Seigneur demande l'Église au Père. Elle naît de la prière de Jésus et grâce à l'annonce des Apôtres, qui font connaître le nom de Dieu et introduisent les hommes dans la communion d'amour avec Dieu. Jésus demande donc que l'annonce des disciples se poursuive au long des temps ; qu'une telle annonce rassemble les hommes, que grâce à elle, ils reconnaissent Dieu et son Envoyé, le Fils Jésus Christ. Et il prie afin que les hommes soient conduits à la foi, et au moyen de la foi, à l'amour. Et il demande au Père que ces croyants «soient un en nous » (v. 21) ; qu'ils vivent, pourrait-on dire, à l'intérieur de la communion avec Dieu et avec Jésus Christ, et que par cet être intérieurement en communion avec Dieu, s'édifie l'unité visible. Par deux fois, le Seigneur dit que cette unité devrait faire en sorte que le monde croie à la mission de Jésus. En effet, ce doit être une unité qui puisse se voir-une unité qui va tellement au-delà de ce qu'il est habituellement possible entre les hommes, qu'elle devient un signe pour le monde et confirme la mission de Jésus Christ. La prière de Jésus nous donne la garantie que l'annonce des Apôtres ne pourra jamais cesser dans l'histoire ; qu'elle suscitera toujours la foi et rassemblera les hommes dans l'unité-dans une unité qui devient témoignage pour la mission de Jésus Christ. Mais cette prière est toujours aussi un examen de conscience pour nous. En ce moment, le Seigneur nous demande : vis-tu, par la foi, dans la communion avec moi et aussi dans la communion avec Dieu ? Ou ne vis-tu pas peut-être plutôt pour toi-même, t'éloignant ainsi de la foi ? Et n'es-tu pas ainsi coupable de la division qui obscurcit ma mission dans le monde, qui barre aux hommes l'accès à l'amour de Dieu ? Que Lui l'ai vue, et qu'il voie encore tout ce qui menace et détruit l'unité, a été une composante de la Passion historique de Jésus et demeure une partie de sa Passion qui se prolonge dans l'histoire. Quand nous méditons sur la Passion du Seigneur, nous devons aussi percevoir la douleur de Jésus par le fait que nous sommes en opposition avec sa prière ; que nous résistons à son amour ; que nous nous opposons à l'unité qui doit être pour le monde le témoignage de sa mission.

En ce moment où, le Seigneur dans la Très Sainte Eucharistie se donne lui-même-son corps et son sang-, se donne dans nos mains et dans nos cœurs, nous voulons nous laisser toucher par sa prière. Nous voulons entrer nous aussi dans sa prière, et nous l'implorons ainsi: Oui, Seigneur, donne-nous la foi en toi, Toi qui es un avec le Père dans l'Esprit-Saint. Donne-nous de vivre dans ton amour et ainsi de devenir un avec toi, comme tu es un avec le Père pour que le monde croie. Amen.

© Copyright : Libreria Editrice del Vaticano

Traduction du texte original en italien distribuée par le Bureau de presse du Saint-Siège

« Arrêtez  ! » : Appel de Benoît XVI aux groupes armés du monde entier

Angélus du 1er janvier 2010

ROME, Vendredi 1er janvier 2010 (ZENIT.org) - « Arrêtez  ! » : Benoît XVI appelle les groupes armés du monde entier à renoncer à la violence, leur faisant entrevoir le retour en eux de la « joie de la paix ».

Benoît XVI a lancé cet appel depuis la fenêtre de son bureau, interrompu par les applaudissements nourris de milliers de visiteurs rassemblés place Saint-Pierre, en dépit de la pluie, avant la prière de l'angélus de ce vendredi 1er janvier 2010.

« En ce premier jour de l'année, je voudrais adresser un appel aux consciences de ceux qui font partie de groupes armés, quelle que soit leur nature. A tous et à chacun je dis : « Arrêtez-vous, réfléchissez, et abandonnez la voie de la violence  ! ». »

Le pape en appelle à leur « courage » en disant : « Sur le moment, ce pas pourra vous sembler impossible, mais si vous avez le courage de l'accomplir, Dieu vous aidera, et vous sentirez la joie de la paix - que vous avez peut-être oubliée depuis longtemps - revenir dans vos cœurs ».

 

MESSAGE DE NOËL DE BENOIT XVI

Chers frères et sœurs de Rome et du monde entier, et vous tous, hommes et femmes aimés du Seigneur !

« Lux fulgebit hodie super nos,
Quia natus est nobis Dominus.
Aujourd'hui, sur nous, la lumière va resplendir,
car le Seigneur nous est né ».
(Missel romain, Nativité du Seigneur - Messe de l'Aurore, Antienne d'ouverture).

La liturgie de la Messe de l'Aurore nous a rappelé que, désormais, la nuit est passée, le jour est avancé ; la lumière qui émane de la grotte de Bethléem resplendit sur nous.

Toutefois la Bible et la Liturgie ne nous parlent pas de la lumière naturelle, mais d'une autre lumière, spéciale, de quelque façon dirigée et orientée vers un « nous », le même « nous » pour lequel l'Enfant de Bethléem « est né ». Ce « nous » c'est l'Église, la grande famille universelle des croyants dans le Christ, qui ont attendu avec espérance la nouvelle naissance du Sauveur et qui, aujourd'hui, célèbrent dans ce mystère l'actualité permanente de cet événement.


Au début, autour de la crèche de Bethléem, ce « nous » était presque invisible aux yeux des hommes. Comme nous le rapporte l'Évangile de saint Luc, il comprenait, en plus de Marie et de Joseph, quelques humbles bergers qui arrivèrent à la grotte, après avoir été avertis par les anges. La lumière du premier Noël fut comme un feu allumé dans la nuit. Autour tout était sombre, tandis que dans la grotte resplendissait « la vraie Lumière, qui éclaire tout homme » (Jn 1, 9). Toutefois tout se passa dans la simplicité et dans la discrétion, selon le style par lequel Dieu opère dans toute l'histoire du salut. Dieu aime allumer des lumières circonscrites, pour éclairer ensuite sur un vaste rayon. La Vérité, comme l'Amour, qui en sont le contenu, s'allument là où la lumière est accueillie, se répandant ensuite en cercles concentriques, presque par contact, dans les cœurs et dans les esprits de ceux qui, s'ouvrant librement à sa splendeur, deviennent à leur tour sources de lumière. C'est l'histoire de l'Église qui commence son cheminement dans la pauvre grotte de Bethléem, et qui, à travers les siècles, devient Peuple et source de lumière pour l'humanité. Aujourd'hui aussi, à travers ceux qui vont à la rencontre de l'Enfant, Dieu allume encore des feux dans la nuit du monde pour appeler les hommes à reconnaître en Jésus le « signe » de sa présence salvatrice et libératrice et élargir le « nous » des croyants dans le Christ à l'humanité tout entière.

Partout où il y a un « nous » qui accueille l'amour de Dieu, là resplendit la lumière du Christ, même dans les situations les plus difficiles. L'Église, comme la Vierge Marie, offre au monde Jésus, le Fils qu'elle-même a reçu en don, et qui est venu libérer l'homme de l'esclavage du péché. Comme Marie, l'Église n'a pas peur, car cet Enfant est sa force. Mais elle ne le garde pas pour elle : elle l'offre à tous ceux qui le cherchent d'un cœur sincère, aux humbles de la terre et aux affligés, aux victimes de la violence, à ceux qui désirent ardemment le bien de la paix. Aujourd'hui aussi, pour la famille humaine profondément marquée par une grave crise économique, mais d'abord encore morale, et par les douloureuses blessures de guerres et de conflits, sous la forme du partage et de la fidélité à l'homme, l'Église répète avec les bergers : « Allons jusqu'à Bethléem » (Lc 2, 15), là nous trouverons notre espérance.

Le « nous » de l'Église vit là où Jésus est né, en Terre Sainte, pour inviter ses habitants à abandonner toute logique de violence et de vengeance et à s'engager avec une vigueur renouvelée et avec générosité sur le chemin d'une coexistence pacifique. Le « nous » de l'Église est présent dans les autres Pays du Moyen Orient. Comment ne pas penser à la situation tourmentée en Irak et à ce petit troupeau de chrétiens qui vit dans la Région ? Il souffre parfois de violences et d'injustices mais il est toujours disposé à donner sa propre contribution à l'édification de la cohabitation civile contraire à la logique du conflit et du refus du voisin. Le « nous » de l'Église opère au Sri Lanka, dans la Péninsule coréenne et aux Philippines, comme aussi en d'autres terres asiatiques, comme levain de réconciliation et de paix. Sur le continent africain, il ne cesse d'élever sa voix vers Dieu pour implorer la fin de toutes les exactions en République Démocratique du Congo. Il invite les habitants de la Guinée et du Niger au respect des droits de toute personne et au dialogue. À ceux de Madagascar, il demande de dépasser les divisions internes et de s'accueillir réciproquement. À tous, il rappelle qu'ils sont appelés à l'espérance, malgré les drames, les épreuves et les difficultés qui continuent de les affliger. En Europe et en Amérique septentrionale, le « nous » de l'Église incite à dépasser la mentalité égoïste et techniciste, à promouvoir le bien commun et à respecter les personnes plus faibles, à commencer par celles qui ne sont pas encore nées. Au Honduras, il aide à reprendre le chemin institutionnel. Dans toute l'Amérique Latine, le « nous » de l'Église est facteur identitaire, plénitude de vérité et de charité qu'aucune idéologie ne peut remplacer, appel au respect des droits inaliénables de toute personne et à son développement intégral, annonce de justice et de fraternité, source d'unité.

Fidèle au mandat de son Fondateur, l'Église est solidaire de ceux qui sont frappés par les calamités naturelles et par la pauvreté, également dans les sociétés opulentes. Face à l'exode de ceux qui émigrent de leur terre et qui sont poussés au loin par la faim, par l'intolérance ou par la dégradation environnementale, l'Église est une présence qui appelle à l'accueil. En un mot, l'Église annonce partout l'Évangile du Christ malgré les persécutions, les discriminations, les attaques et l'indifférence, parfois hostile, qui - quoi qu'il en soit - lui permettent de partager le sort de son Maître et Seigneur.

Chers frères et sœurs, quel grand don de faire partie d'une communion qui est pour tous ! C'est la communion de la Sainte Trinité, du cœur de laquelle l'Emmanuel, Jésus, Dieu-avec-nous, est descendu dans le monde. Comme les bergers de Bethléem, contemplons pleins d'émerveillement et de gratitude ce mystère d'amour et de lumière ! Joyeux Noël à tous !

 


Benoît XVI invite les enfants à accueillir Jésus chaque jour de leur vie

ROME, Lundi 21 Décembre 2009 (ZENIT.org) - Accueillez Jésus « tous les jours de votre vie, dans vos jeux et vos engagements, dans vos prières, quand il demande votre amitié et votre générosité, quand vous êtes heureux et quand vous avez peur », a dit Benoît XVI aux enfants de l'Action catholique italienne qu'il a reçus en audience au Vatican le 19 décembre.

« A Noël, encore une fois, l'ami Jésus vient à votre rencontre et vous appelle ! », a-t-il poursuivi. « Il vous parle toujours d'un amour ‘plus grand', capable de se donner sans limite, d'apporter la paix et le pardon ».

« Jésus vous voit et vous entend, même si vous êtes petits, même si parfois, les adultes ne vous considèrent pas comme vous le voudriez ». Il « veut établir avec chacun de vous une amitié forte », a encore souligné le Saint Père.

« Seule la présence de Jésus dans vos vies donne une joie pleine, parce qu'il est capable de rendre toute chose toujours belle et nouvelle », a-t-il insisté. « Il ne vous oubliera jamais ».

Cinq voyages de Benoît XVI déjà annoncés pour 2010

Malte, le Portugal, Chypre et la Grande Bretagne

ROME, Vendredi 1er janvier 2010 (ZENIT.org) - L'agenda international de Benoît XVI en 2010 prévoit quatre voyages « saut de puce » en Europe : Malte, le Portugal, Chypre et la Grande-Bretagne. D'autres invitations pourraient être honorées. En Italie, il se rendra à Turin.

Malte et le Portugal

Le pape est attendu à Malte les 17 et 18 avril 2010, au lendemain de son 83e anniversaire (cf. Zenit du 13 septembre 2009). Un voyage qui commémorerait le 1950e anniversaire du naufrage de Saint-Paul dans l'archipel maltais.

Benoît XVI est aussi attendu au Portugal, à Fatima, en mai 2010, autour de l'anniversaire de l'apparition du 13 mai 1917 (11-14 mai). Le cardinal Joseph Ratzinger avait été chargé par Jean-Paul II du commentaire théologique de la troisième partie du « secret » révélée à Fatima le 13 mai 2000.

Un pape à Chypre

Puis, ce sera la première visite d'un pape à Chypre, où la majorité de la population est orthodoxe, du 4 au 6 juin, a annoncé le gouvernement chypriote. Le pape a en effet reçu en audience au Vatican le président de la République de Chypre, M. Demetris Christofias, qui l'a invité, le 27 mars 2009. Le pape a été également invité par l'Eglise locale.

Le quatrième voyage programmé pour le moment, en dehors de l'Italie est la Grande-Bretagne dans la deuxième quinzaine de septembre (17-19 septembre) : le pape pourrait béatifier le cardinal Paul Henry Newman et se rendre à Birmingham, à Oxford et, en Ecosse, à Edimbourg.

D'aucuns ont suggéré que ce serait l'occasion d'un voyage en Irlande. Les étapes évoquées sont Armagh et Dublin, mais le Saint-Siège n'a rien confirmé.

Ostension du Suaire de Turin

En Italie, plusieurs déplacements sont également prévus, notamment le 2 mai, à Turin pour l'ostension du Saint-Suaire, comme l'a annoncé le cardinal Severino Poletto, archevêque de Turin. Une annonce confirmée par le Saint-Siège.


Danemark : l’environnement et l’homme sont indissociables, selon le pape


Le pape reçoit le nouvel ambassadeur du Danemark près le Saint-Siège


ROME, Lundi 21 Décembre 2009 (ZENIT.org) - Benoît XVI a rappelé que les devoirs vis-à-vis de l'environnement ne sauraient être séparés de ceux qui touchent la personne humaine.

Le pape a reçu en audience, le 17 décembre, le nouvel ambassadeur du Danemark près le Saint-Siège, venu lui présenter ses lettres de créance, Hans Klingenberg.

« Dans un monde toujours plus mondialisé, les efforts visant à promouvoir le développement humain intégral et un ordre économique durable doivent tenir compte du rapport fondamental qui existe entre Dieu, la création et ses créatures », a expliqué le pape dans son discours au représentant danois.

Dans cette perspective, « les tendances à la fragmentation sociale et les initiatives disparates de développement peuvent être surmontées en reconnaissant la dimension morale unifiante qui fait partie de chaque être humain, et les conséquences morales de chaque décision économique ».

Rappelant que la capitale danoise, Copenhague, a accueilli la conférence de l'ONU sur les changements climatiques, le pape a souligné que « les délibérations politiques et diplomatiques en jeu, confrontées aux questions que soulève un sujet aussi complexe, sont un test pour la détermination à renoncer à de prétendus avantages nationalistes, à court terme, au profit de bénéfices à long terme pour la famille humaine tout entière ».

« Tout changement radical d'un quelconque comportement humain, individuel ou collectif, exige une conversion de cœur », a-t-il affirmé.

Il déploré à ce propos que « trop souvent les efforts pour promouvoir une compréhension intégrale de l'environnement ont dû cohabiter avec une vision réductionniste de la personne », révélant « quelque lacune concernant le respect de la dimension spirituelle des individus et parfois une de l'hostilité envers la famille ».

Le pape a également évoqué le soutien du Danemark aux causes humanitaires qu'il a défini de « vaste et multiple ».

Le Saint-Siège a ainsi évoqué la « générosité » et le « professionnalisme » du Danemark dans son « engagement » pour « soutenir les opérations de maintien de la paix et les projets de développement », ainsi que son « engagement croissant envers le continent africain »

« Parmi les principes que nous partageons concernant le développement, il y a la conviction que toute forme de corruption est toujours une offense à la dignité de la personne humaine et sera toujours un grave obstacle au progrès juste et équitable des peuples », a ajouté le pape.

Le nouvel ambassadeur du Danemark près le Saint-Siège est âgé de 63 ans. Il est actuellement ambassadeur en Suisse et au Liechtenstein. Fonctionnaire du ministère des Affaires étrangères depuis 1971, il a notamment été ambassadeur en Arabie Saoudite (2004-2009).

Noël, c’est la réponse de Dieu au drame de l’humanité, déclare Benoît XVI

Paroles de Benoît XVI avant l’angélus

ROME, Dimanche 20 décembre 2009 (ZENIT.org) - « Noël n'est pas une fable pour les enfants, mais la réponse de Dieu au drame de l'humanité à la recherche du Messie », fait observer Benoît XVI à l'occasion de l'angélus de ce dimanche.

Benoît XVI a en effet expliqué la prophétie de Michée proposée par la liturgie de ce dimanche, depuis la fenêtre de son bureau, place Saint-Pierre, un dimanche froid (il gèle depuis plusieurs nuits à Rome) mais avec un grand soleil qui a vite fait remonter le mercure.

« Il y a un dessein divin qui comprend et explique les temps et les lieux de la venue du Fils de Dieu dans le monde. Il y a un dessein de paix », a souligné le pape.

Et d'expliquer : « C'est précisément ce dernier aspect de la prophétie, celui de la paix messianique, qui nous conduit naturellement à souligner que Bethléem est aussi une cité-symbole de la paix, en Terre sainte, et dans le monde entier ».

« Hélas, de nos jours, elle ne représente pas une paix atteinte et stable, mais une paix recherchée et attendue péniblement », a déploré le pape avant de proclamer cette espérance : « Mais Dieu ne se résigne jamais à cet état de choses ».

Et le pape a brossé le portrait robot du chrétien en proie aux drames de notre époque avec les accents de saint François d'Assise : « C'est pourquoi cette année encore, à Bethléem et dans le monde entier, se renouvellera dans l'Eglise le mystère de Noël, prophétie de paix pour tout homme, qui oblige les chrétiens à vivre les fermetures, les drames, souvent inconnus et cachés, et dans les conflits du contexte dans lequel ils vivent, avec les sentiments de Jésus, pour devenir partout des instruments et des messagers de paix, pour apporter l'amour, là où il y a la haine, le pardon là où il y a l'offense, la joie là où il y a la tristesse, et la vérité là où il y a l'erreur ».

« Aujourd'hui, a affirmé le pape, comme à l'époque de Jésus, Noël n'est pas une fable pour les enfants, mais la réponse de Dieu au drame de l'humanité à la recherche de la vraie paix. « Lui-même sera la paix ! » dit le prophète en se référant au Messie. Il nous revient d'ouvrir, d'ouvrir tout grand les portes pour l'accueillir ».

En français, le pape a fait cette exhortation, après l'angélus : «  A la suite de la Vierge Marie, prenons le temps de faire silence et d'écouter Dieu nous parler au plus profond de nous-mêmes ! Sachons faire confiance au Christ qui vient et rendons-nous disponibles pour nous abandonner librement à sa volonté ! Soyons déjà les porteurs de la Bonne Nouvelle de sa venue en notre monde ! Que Dieu comble tous les peuples de bonheur et de paix ! »






Homélie du Pape à Nazareth en présence de 40 000 fidèles - Jeudi 14 mai - (EXTRAITS)

Chers Frères et Sœurs,

■ « Que, dans vos cœurs, règne la paix du Christ ressuscité à laquelle vous avez été appelés pour former en lui un seul corps ! » (Col 3, 15). Avec ce souhait de l’Apôtre Paul, je vous salue tous avec affection dans le Seigneur ! Je me réjouis de venir ici à Nazareth, lieu béni par le mystère de l’Annonciation, lieu qui fut le témoin des années cachées du Christ grandissant en sagesse, en âge et en grâce (cf. Lc 2, 52). 

Nous voici rassemblés ici, dans la ville où vécurent Jésus, Marie et Joseph, pour marquer la clôture de l’Année de la Famille qui a été célébrée par l'Église en Terre Sainte. En signe d’espérance pour l’avenir, je vais bénir la première pierre du Centre international pour la Famille qui doit être construit à Nazareth. Prions pour que ce Centre promeuve une vie familiale solide dans cette région, qu’il offre partout un soutien et une assistance aux familles, et qu’il les encourage dans leur mission irremplaçable dans la société.

Cette étape de mon pèlerinage, j’en suis sûr, va faire converger l’attention de toute l'Église vers cette ville de Nazareth. Chacun de nous, comme le Pape Paul VI l’avait dit ici, a besoin de revenir à Nazareth, de contempler d’un regard toujours nouveau le silence et l’amour de la Sainte Famille, modèle de toute famille chrétienne. Ici, devant l’exemple de Marie, Joseph et Jésus, nous sommes conduits à apprécier toujours plus pleinement le caractère sacré de la famille, qui, selon le plan de Dieu, est fondée sur la fidélité d’un homme et d’une femme unis pour toute la vie dans l’alliance du mariage et ouverts au don, par Dieu, d’une vie nouvelle. Les hommes et les femmes de notre temps ont un tel besoin de redécouvrir et de faire leur cette vérité fondamentale, qui est à la base de la société ! Et combien est important le témoignage de couples mariés pour la formation de consciences droites et l’édification d’une civilisation de l’amour !

Dans la première lecture de ce jour, tirée du Livre de Ben Sirac (3, 3-7, 14-17), la Parole de Dieu présente la famille comme la première école de sagesse, une école qui apprend à ses membres à pratiquer les vertus conduisant à un bonheur authentique et à des réalisations durables. 

Selon le plan de Dieu pour la famille, l’amour du mari et de sa femme porte ses fruits dans l’éclosion d’une nouvelle vie, et trouve son expression quotidienne dans les efforts pleins d’amour des parents pour assurer à leurs enfants une formation humaine et spirituelle intégrale. Dans la famille chaque personne, qu’il s’agisse du plus petit des enfants ou du parent le plus âgé, est appréciée pour elle-même et n’est pas considérée simplement en fonction d’autres buts. 

L’Apôtre saint Paul, en écrivant aux Colossiens, prend instinctivement l’exemple de la famille quand il veut montrer les vertus qui permettent d’édifier « le seul corps » qu’est l'Église. Parce que nous sommes choisis par Dieu, nous ses fidèles et bien-aimés, nous sommes appelés à vivre en harmonie et en paix les uns avec les autres, à nous supporter les uns les autres et par-dessus tout à pardonner, ayant l’amour qui fait l’unité dans la perfection (cf. Col 3, 12-14). 

Tout comme dans l’alliance du mariage, l’amour de l’homme et de la femme est élevé par la grâce au point d’avoir part à l’amour du Christ pour son Église et d’en être une expression (cf. Ep 5, 32), de la même manière la famille, enracinée dans cet amour, est appelée à être « une Église domestique », un lieu de foi, de prière et de souci affectueux pour le bien véritable et durable de chacun de ses membres.

Tandis que nous réfléchissons sur ces réalités dans cette ville, la cité de l’Annonciation, nos pensées se tournent naturellement vers Marie, la « pleine de grâce », la Mère de la Sainte Famille et notre Mère. Nazareth nous remet en mémoire le besoin que nous avons de reconnaître et de respecter ces dons de Dieu que sont la dignité et le rôle propre des femmes ainsi que leurs charismes et talents particuliers. Que ce soit comme mères de famille, ou bien par leur présence au travail ou dans les institutions de la société ou encore à travers une vocation particulière à suivre le Seigneur par les conseils évangéliques de chasteté, pauvreté et obéissance, les femmes ont un rôle indispensable pour créer cette « écologie humaine » (cf. Centesimus Annus, n. 39) dont notre monde et cette terre ont un si grand besoin : c’est un environnement où les enfants apprennent à aimer et à accueillir les autres, à être honnêtes et respectueux envers tous, à pratiquer les vertus de miséricorde et de pardon.

Ici nous pensons aussi à saint Joseph, l’homme juste que Dieu a voulu placer à la garde de sa maison. A travers l’exemple fort et paternel de Joseph, Jésus a appris les vertus d’une piété vigoureuse, la fidélité à la parole donnée, la droiture et le dur labeur. Dans le charpentier de Nazareth, il découvrait comment l’autorité placée au service de l’amour est infiniment plus féconde que le pouvoir qui cherche à dominer. Notre monde a tant besoin d’être guidé par l’exemple, la force paisible d’hommes comme Joseph !

Enfin, en contemplant la Sainte Famille de Nazareth, nous nous tournons vers l’Enfant Jésus qui, dans la maison de Marie et Joseph, grandit en sagesse et en intelligence jusqu’au jour où il commença son ministère public. C’est le lieu maintenant de vous faire part, à vous les jeunes qui êtes ici, d’une simple pensée. Le Deuxième Concile du Vatican nous enseigne que les enfants ont un rôle particulier à jouer pour aider leurs parents à croître en sainteté (cf. Gaudium et Spes, n. 48).

 Je vous encourage à réfléchir sur cela, et à laisser l’exemple de Jésus vous guider, pas seulement en montrant du respect à vos parents, mais aussi en les aidant à découvrir plus pleinement l’amour qui donne à nos vies leur sens le plus profond. Dans la Sainte Famille de Nazareth, c’était Jésus qui enseignait à Marie et à Joseph quelque chose de la grandeur de l’amour de Dieu, son Père céleste, source première de tout amour, Père dont toute famille au ciel et sur terre tire son nom (cf. Ep 3, 14-15).

Chers amis, dans la Prière d’ouverture de la Messe d’aujourd’hui, nous avons demandé au Père de « nous aider à vivre comme la Sainte Famille, unis dans le respect et l’amour ». Réaffirmons ensemble, ici, notre engagement à être ferment de respect et d’amour dans le monde qui nous entoure. Ce « Mont du Précipice » nous rappelle, comme il l’a fait pour des générations de pèlerins avant nous, que le message du Seigneur était parfois source de contradiction et de conflit pour ses auditeurs. 

Et ces dernières années, Nazareth a malheureusement connu des tensions, dont le monde entier a eu l’écho, et qui ont blessé (meurtri) les relations entre les communautés chrétiennes et musulmanes. J’invite les personnes de bonne volonté de ces deux communautés à remédier aux dommages qui ont été causés et, dans la fidélité à notre foi commune au Dieu Unique, Père de la famille humaine, je leur demande de travailler à construire des ponts et de trouver les moyens de vivre paisiblement ensemble. Que chacun rejette le pouvoir destructeur de la haine et des préjugés, qui porte la mort dans l’âme des personnes avant de tuer les corps !

Permettez-moi de conclure avec un mot de gratitude et de félicitations à tous ceux qui s’efforcent de porter l’amour de Dieu aux enfants de cette ville, et d’éduquer les nouvelles générations sur les chemins de la paix. Je remercie de manière particulière les efforts des Églises particulières qui, notamment à travers leurs écoles et leurs institutions de charité, cherchent à briser les murs et à offrir un terrain favorable pour les rencontres, le dialogue, la réconciliation et la solidarité. 

J’encourage le dévouement des prêtres, des religieux et des religieuses, des catéchistes et des enseignants, avec les parents et tous ceux qui se soucient du bien de nos enfants, les invitant à témoigner avec persévérance de l’Évangile, à garder confiance dans le triomphe de la bonté et de la vérité.


« Que tout se passe pour moi selon ta parole » (Lc 1, 38). Que Notre-Dame de l’Annonciation, qui a courageusement ouvert son cœur au plan mystérieux de Dieu et est devenue la Mère de tous les croyants, nous guide et nous assiste par son intercession ! Puisse-t-elle obtenir, pour nous et pour nos familles, la grâce d’ouvrir l’oreille au message du Seigneur qui a le pouvoir d’élargir nos cœurs (cf. Ac 20, 32), afin de nous inspirer les décisions courageuses à prendre et de guider nos pas sur les chemins de la paix !





 BENOÎT XVI EN FRANCE



MESSAGES AUX JEUNES

« N’ayez pas peur de donner votre vie au Christ »

Messe aux Invalides (2)

PARIS, Samedi 13 septembre 2008 (ZENIT.org) - « N'ayez pas peur ! » : Benoît XVI a appelé les « jeunes » et les « moins jeunes » que Dieu appelle au sacerdoce, à lui répondre avec joie : « ne laissez pas l'appel du Christ sans réponse ». Il demande aussi à tous les catholiques présents de retrouver une grande vénération pour l'Eucharistie.

Le pape a lancé ces deux appels dans son homélie à Paris, ce samedi 13 septembre, sur l'esplanade des Invalides, en présence de quelque 260.000 personnes.

« Ici, chers fidèles de Paris et de la région parisienne, mais vous aussi qui êtes venus de la France entière et d'autres pays limitrophes, permettez-moi de lancer un appel confiant en la foi et en la générosité des jeunes qui se posent la question de la vocation religieuse ou sacerdotale : n'ayez pas peur ! N'ayez pas peur de donner votre vie au Christ », a dit le pape.

Benoît XVI venait d'inviter les fidèles à la vénération de l'Eucharistie en disant : « Frères et sœurs, entourons de la plus grande vénération le sacrement du Corps et du Sang du Seigneur, le Très Saint-Sacrement de la présence réelle du Seigneur à son Eglise et à toute l'humanité. Ne négligeons rien pour lui manifester notre respect et notre amour ! Donnons-lui les plus grandes marques d'honneur ! »

Plus encore, citant saint Jean Chrysostome, le grand liturge de  l'Orient chrétien, dont c'est aujourd'hui la fête liturgique, le pape ajoutait cette exhortation : « Par nos paroles, nos silences et nos gestes n'acceptons jamais de laisser s'affadir en nous et autour de nous la foi dans le Christ ressuscité présent dans l'Eucharistie ! »

A ceux que Dieu appelle au sacerdoce, le pape disait encore combien le ministère du prêtre est indispensable : « Rien ne remplacera jamais une Messe pour le Salut du monde ! Chers jeunes ou moins jeunes qui m'écoutez, ne laissez pas l'appel du Christ sans réponse. Saint Jean Chrysostome, dans son « Traité sur le sacerdoce », a montré combien la réponse de l'homme pouvait être lente à venir, cependant, il est l'exemple vivant de l'action de Dieu au cœur d'une liberté humaine qui se laisse façonner par sa grâce ».

A ceux qui « acceptent de se laisser saisir » par le Christ, le pape disait encore : « Dans cette espérance indéfectible de la présence réelle de Dieu à chacune de nos âmes, dans cette joie de savoir que le Christ est avec nous jusqu'à la fin des temps, dans cette force que l'Esprit Saint donne à tous ceux et à toutes celles qui acceptent de se laisser saisir par lui, je vous confie, chers chrétiens de paris et de France, à l'action puissante et miséricordieuse du Dieu d'amour qui est mort pour nous sur la croix et ressuscité au matin de Pâques ».



Avant la veillée des jeunes à Notre Dame de Paris

               

Le pape demande aux jeunes rassemblés à Paris de vénérer la croix

Même si celle-ci apporte railleries et persécutions

 Le pape a demandé aux dizaines de milliers de jeunes rassemblés près de la Cathédrale Notre-Dame, à Paris, vendredi soir, de vénérer la croix, même si cela « attire aussi parfois la raillerie et même la persécution ».

Avant la veillée de prière, le pape leur a confié « deux trésors : l'Esprit Saint et la Croix », dans un discours parsemé d'expressions affectueuses, et de références à la Journée mondiale de la jeunesse de Sydney.

« Beaucoup d'entre vous portent autour de leur cou une chaîne avec une croix. Moi aussi, j'en porte une, comme tous les évêques d'ailleurs. Ce n'est pas un ornement, ni un bijou. C'est le symbole précieux de notre foi, le signe visible et matériel du ralliement au Christ », a-t-il expliqué.

« Pour les chrétiens, la Croix symbolise la sagesse de Dieu et son amour infini révélé dans le don salvifique du Christ mort et ressuscité pour la vie du monde », a-t-il ajouté, mais aussi, « le témoin muet des douleurs des hommes et, en même temps, l'expression unique et précieuse de toutes leurs espérances ».

Saint Paul, a poursuivi le pape, « en avait conclu que la Croix exprime la loi fondamentale de l'amour et est la formulation parfaite de la vraie vie ».

« Puisse cette découverte bouleversante de Dieu qui s'est fait homme par amour vous inviter à respecter et à vénérer la Croix ! », a affirmé le pape, en précisant qu'il leur remettait cette croix comme « un trésor ».

« Chers jeunes, je sais que vénérer la Croix attire aussi parfois la raillerie et même la persécution. La Croix compromet en quelque sorte la sécurité humaine, mais elle affermit, aussi et surtout, la grâce de Dieu et confirme notre salut », a-t-il expliqué.

« Puisse l'approfondissement du mystère de la Croix faire découvrir à certains d'entre vous l'appel à servir le Christ de manière plus totale dans la vie sacerdotale ou religieuse », a exhorté le pape.

L'importance de la confirmation

Benoît XVI a offert aux jeunes un « deuxième trésor » : la confirmation.

« Sydney a fait redécouvrir à de nombreux jeunes l'importance de l'Esprit Saint, dans notre vie, dans la vie du chrétien », a-t-il rappelé.

« Tous, vous cherchez à aimer et à être aimés ! C'est vers Dieu que vous devez vous tourner pour apprendre à aimer et pour avoir la force d'aimer. L'Esprit, qui est Amour, peut ouvrir vos cœurs pour recevoir le don de l'amour authentique », a-t-il dit.

« Tous, vous cherchez la vérité et vous voulez en vivre, en vivre réellement ! Cette vérité, c'est le Christ », a-t-il insisté. « Confiez-vous à l'Esprit Saint pour découvrir le Christ. L'Esprit est le guide nécessaire de la prière, l'âme de notre espérance et la source de la vraie joie ».

Pour approfondir ces vérités, le pape a encouragé les jeunes à « méditer la grandeur du sacrement de la Confirmation ».

« Il est urgent de mieux comprendre ce sacrement pour vérifier la qualité et la profondeur de votre foi et pour l'affermir », a-t-il souligné.

« L'Esprit Saint vous fait approcher du Mystère de Dieu et vous fait comprendre qui est Dieu. Il vous invite à voir dans votre prochain, le frère que Dieu vous a donné pour vivre avec lui en communion, humainement et spirituellement, pour vivre en Église, donc », a expliqué Benoît XVI.

« Vous êtes à l'âge de la générosité. Il est urgent de parler du Christ autour de vous, à vos familles et à vos amis, sur vos lieux d'études, de travail ou de loisirs. N'ayez pas peur ! Ayez le courage de vivre l'évangile et l'audace de le proclamer », a-t-il exhorté.

« Je voudrais, pour conclure, vous dire encore une fois que je vous fais confiance, chers jeunes, et je voudrais que vous éprouviez aujourd'hui et demain l'estime et l'affection de l'Église, et le monde verra ainsi l'Église vivante ! », a-t-il dit.

Après le départ du pape, la veillée s'est poursuivie à Notre-Dame et dans les paroisses voisines, jusqu'à tard dans la nuit. L'une des prières a été présidée par le cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris.

Puis les jeunes ont formé un « chemin de lumière », de Notre-Dame de Paris jusqu'à l'esplanade des Invalides. Ils étaient environ 10.000 au départ de Notre-Dame à minuit et déjà près de 40.000 deux heures plus tard, à mesure que les jeunes des paroisses voisines se joignaient à eux, puis 60.000 à 3 heures, selon des chiffres de la Conférence des évêques.


Extraits des messages de Benoît XVI aux JMJ :

"Notre monde en a assez de l'avidié, de  l'exploitation et de la division, de l'ennui des fausses idoles et des réponses partielles, ainsi que des fausses promesses. Notre coeur aspirent à une vision de la vie où règne l'amour, où les dons sont partagés, où l'unité se construit, où la liverté trouve sa propre signification dans la vérité et où l'identité se trouve dans une communion respectueuse. C'est là l'oeuvre de l'Esprit Saint !  C'est là l'espérance qu'offre l'Evangile de Jésus Christ !
C'est pour rendre témoignage à cette réalité que vous avez été recréés par le baptême et affermis par les dons de l'Esprit, reçus à la confirmation.
Voilà le message que, de Sydney, vous portez au monde !"  
(discours d'accueil le 17 juillet)

"Ce soir, réunis sous la beauté du ciel étoilé, nos coeurs et nos esprits sont remplis de gratitude envers Dieu pour le merveilleux don de notre foi en la Trinité. Nous nous rappelons nos parents et grands-parents qui ont marché à nos côtés lorsqu'enfants, nous faisions nos premiers pas sur le chemin de la foi. Aujourd'hui, bveaucoup d'années plus tard, vous êtes rassemlés comme jeunes adultes avec le successeur de Pierre. Je suis profondément heureux d'être avec vous. Invoquoons l'Esprit Saint, il est l'artisan de l'oeuvre de Dieu. Laissez ses dons vous modeler. De même que l'Eglise partage le même voyage que toute l'humanité, vous êtes également appelés à exercer les dons du Saint Esprit à travers les hauts et les bas de votre vie quotidienne."  (Homélie de la veillée, le 19 juillet)

"Chers jeunes, laissez-moi maintenant vous poser une question. Et vous, qu'allez-vous laisser à la prochaine génération N Bâtissez-vous votre vie sur des fondations solides, construisez-vous quelque chose qui perdurera ? Vivez-vous votre vie de manière à laissez la place à l'Esprit au milieu d'un monde qui veut oublier Dieu, voire le rejeter au nom d'une fausse conception de la liberté ? Comment utilisez-vous les dons que vous avez reçus, la "force" que l'Esprit Saint s'appreête à libérer en vous ? Quel héritage allez-vous transmettre à la jeune génération à venir ? Quel différence allez(-vous faire ?
(Homélie de la messe de clôture)

Dans les contes de fées, l'histoire se termine là et tous "vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants".  Dans la réalité, ce n'est pas si simple. Pour Marie, nombreuses furent les difficultész qui l'attendaient comme conséquence de son "oui" donné au Seigneur.  Siméon prophétisa qu'une épée transpererait son coeur. Dans les épreuves, elle resta fidèle à sa promesse, soutenue par l'Esprit de courage. Et elle fut glorieusement récompensée. chers jeunes, nous aussi devons rester fidèles au "oui" que nous avons donné en répondant à l'offre d'amitié du Seigneur. Nous savons qu'il ne nous abandonnera jamais."  (Angelus final, raandwick, le 20 juillet)

                       







  Extraits des messages de Benoît XVI aux JMJ :

"Notre monde en a assez de l'avidié, de  l'exploitation et de la division, de l'ennui des fausses idoles et des réponses partielles, ainsi que des fausses promesses. Notre coeur aspirent à une vision de la vie où règne l'amour, où les dons sont partagés, où l'unité se construit, où la liverté trouve sa propre signification dans la vérité et où l'identité se trouve dans une communion respectueuse. C'est là l'oeuvre de l'Esprit Saint !  C'est là l'espérance qu'offre l'Evangile de Jésus Christ !
C'est pour rendre témoignage à cette réalité que vous avez été recréés par le baptême et affermis par les dons de l'Esprit, reçus à la confirmation.
Voilà le message que, de Sydney, vous portez au monde !"  
(discours d'accueil le 17 juillet)

"Ce soir, réunis sous la beauté du ciel étoilé, nos coeurs et nos esprits sont remplis de gratitude envers Dieu pour le merveilleux don de notre foi en la Trinité. Nous nous rappelons nos parents et grands-parents qui ont marché à nos côtés lorsqu'enfants, nous faisions nos premiers pas sur le chemin de la foi. Aujourd'hui, bveaucoup d'années plus tard, vous êtes rassemlés comme jeunes adultes avec le successeur de Pierre. Je suis profondément heureux d'être avec vous. Invoquoons l'Esprit Saint, il est l'artisan de l'oeuvre de Dieu. Laissez ses dons vous modeler. De même que l'Eglise partage le même voyage que toute l'humanité, vous êtes également appelés à exercer les dons du Saint Esprit à travers les hauts et les bas de votre vie quotidienne."  (Homélie de la veillée, le 19 juillet)

"Chers jeunes, laissez-moi maintenant vous poser une question. Et vous, qu'allez-vous laisser à la prochaine génération N Bâtissez-vous votre vie sur des fondations solides, construisez-vous quelque chose qui perdurera ? Vivez-vous votre vie de manière à laissez la place à l'Esprit au milieu d'un monde qui veut oublier Dieu, voire le rejeter au nom d'une fausse conception de la liberté ? Comment utilisez-vous les dons que vous avez reçus, la "force" que l'Esprit Saint s'appreête à libérer en vous ? Quel héritage allez-vous transmettre à la jeune génération à venir ? Quel différence allez(-vous faire ?
(Homélie de la messe de clôture)

Dans les contes de fées, l'histoire se termine là et tous "vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants".  Dans la réalité, ce n'est pas si simple. Pour Marie, nombreuses furent les difficultész qui l'attendaient comme conséquence de son "oui" donné au Seigneur.  Siméon prophétisa qu'une épée transpererait son coeur. Dans les épreuves, elle resta fidèle à sa promesse, soutenue par l'Esprit de courage. Et elle fut glorieusement récompensée. chers jeunes, nous aussi devons rester fidèles au "oui" que nous avons donné en répondant à l'offre d'amitié du Seigneur. Nous savons qu'il ne nous abandonnera jamais."  (Angelus final, raandwick, le 20 juillet)



           

Le jeudi 17 juillet LE PAPE ACCUEILLI PAR 250 000 JEUNES

Le Pape appelle les jeunes à respecter la dignité de la Création et de l'homme

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Homélie du Saint Père à Randwick

Chers amis,

« Vous allez recevoir une force, celle de l’Esprit Saint qui descendra sur vous » (Actes 1,8). Nous avons vu cette promesse s’accomplir ! Le jour de la Pentecôte, comme nous l’entendions dans la première lecture, le Seigneur ressuscité, assis à la droite du Père, envoya l’Esprit sur les disciples réunis dans la chambre haute. Avec la force de cet Esprit, Pierre et les apôtres partirent annoncer l’Évangile jusqu’aux extrémités de la Terre. À travers les âges, dans toutes les langues, l’Église dans le monde entier continue à proclamer les merveilles de Dieu et à appeler tous les peuples et nations à la foi, à l’espérance et à une vie nouvelle dans le Christ.

Je suis venu en ces jours, en tant que successeur de Saint Pierre, dans ce magnifique pays qu’est l’Australie. Je suis venu, mes jeunes frères et sœurs, pour vous conforter dans votre foi et pour vous encourager à ouvrir votre cœur à la force de l’Esprit du Christ et à la richesse de ses dons. Je prie que cette belle assemblée, qui unit des jeunes « de toutes les nations qui sont sous le ciel » (cf. Actes 2,5), soit une nouvelle chambre haute. Puisse le feu de l’Amour de Dieu descendre remplir votre cœur, vous unisse toujours plus étroitement au Seigneur et à son Église, et vous envoie de l’avant, nouvelle génération d’apôtres, pour mener le monde à Dieu.

« Vous allez recevoir une force, celle de l’Esprit Saint qui descendra sur vous ». Ces mots du Seigneur ressuscité prennent un sens particulier pour les jeunes qui vont être confirmés, marqués du don de l’Esprit Saint, à la messe d’aujourd’hui. Mais ils sont également adressés à chacun d’entre nous – à tous ceux qui ont reçu, dans le baptême, le don de l’Esprit de la réconciliation et d’une vie nouvelle, qui l’ont accueilli dans leur cœur le jour de leur confirmation comme leur soutien et leur guide, et qui grandissent chaque jour dans ses dons de grâce par la Sainte Eucharistie. À chaque messe en effet, le Saint Esprit descend à nouveau, invoqué par la prière solennelle de l’Église, non seulement pour transformer nos offrandes du pain et du vin en corps et sang du Seigneur, mais aussi pour transformer nos vies, pour faire de nous, par sa force, « un seul corps, un seul esprit dans le Christ ».

Mais quelle est cette « force » de l’Esprit Saint ? C’est la force de la vie divine ! C’est la force de ce même esprit qui plana sur les eaux à l’aube de la création et qui, quand vint la plénitude des temps, ressuscita Jésus des morts. C’est la force qui nous montre, à nous et à notre monde, la venue du Royaume de Dieu. Dans l’Évangile d’aujourd’hui, Jésus déclare qu’un nouvel âge a commencé, dans lequel l’Esprit Saint sera déversé sur toute l’humanité. (cf. Luc 4:21). Il est venu lui-même parmi nous pour nous donner cet Esprit. Comme la source de notre vie nouvelle dans le Christ, le Saint Esprit est aussi, d’une manière très réelle, l’âme de l’Église, l’Amour qui nous unit au Seigneur et les uns avec les autres, et la lumière qui nous ouvre les yeux pour voir tout autour de nous les merveilles de la grâce de Dieu.

Ici en Australie, cette grande « terre australe du Saint Esprit », nous avons tous eu une expérience inoubliable de la présence et de la force de l’Esprit dans la beauté de la nature. Nos yeux ont été ouverts pour voir le monde qui nous entoure tel qu’il est réellement : « chargé » comme dit le poète « de la grandeur de Dieu », rempli de la gloire de son amour créateur. Ici aussi, dans cette grande assemblée de jeunes chrétiens du monde entier, nous avons eu une expérience intense de la présence et de la force du Saint-Esprit dans la vie de l’Église. Nous avons vu l’Église telle qu’elle est réellement : le Corps du Christ, une communauté d’amour vivante, embrassant des gens de toutes races, pays et langues, de tous temps et de tous lieux, dans l’unité née de notre foi dans le Christ ressuscité.

La force de l’Esprit ne cesse jamais de remplir l’Église de vie ! Par la grâce des sacrements de l’Église, cette force circule au plus profond de notre être, comme une rivière souterraine qui nourrit notre esprit et nous attire toujours plus près de la source de la vraie vie : le Christ. Saint Ignace d’Antioche, qui est mort martyr à Rome au début du second siècle, nous a laissé une splendide description de la force de l’Esprit demeurant en nous. Il parlait de l’Esprit comme d’une fontaine d’eau vive jaillissant dans son cœur et murmurant : « viens, viens vers le Père » (cf. Ad Rom., 6,1-9).

Cependant, cette force, la grâce de l’Esprit, n’est pas quelque chose que nous pouvons mériter ou atteindre, mais que nous pouvons seulement recevoir comme un don. L’amour de Dieu ne peut déployer sa force que lorsque nous le laissons nous convertir de l’intérieur. Nous devons le laisser pénétrer l’épaisse carapace de notre indifférence, de notre lassitude spirituelle, de notre conformité aveugle à l’esprit de notre temps. Alors seulement, pouvons-nous laisser cet amour enflammer notre imagination et modeler nos aspirations les plus profondes. C’est pourquoi la prière est si importante : la prière quotidienne, la prière personnelle dans le secret de nos cœurs et devant le Saint Sacrement, et la prière liturgique au cœur de l’Église. La prière est pure réceptivité à la grâce de Dieu, amour en action, communion avec l’Esprit qui demeure en nous, nous conduisant, par Jésus, vers notre Père céleste. Par la force de son Esprit, Jésus est toujours présent dans nos cœurs, attendant calmement que nous fassions silence, que nous entendions sa voix, que nous trouvions notre réconfort dans son amour, que nous recevions sa « force venue d’en haut », qui nous permettra de devenir le sel et la lumière de notre monde.
À son Ascension, le Seigneur ressuscité dit à ses disciples : « Vous serez mes témoins … jusqu’aux extrémités de la terre » (Actes 1,8). Ici, en Australie, remercions le Seigneur pour le don de la foi, qui est descendu sur nous comme un trésor transmis de génération en génération dans la communion de l’Église. Ici, en Océanie, rendons grâce d’une manière particulière pour tous ces missionnaires héroïques, prêtres et religieux dévoués, parents et grands-parents chrétiens, enseignants et catéchistes qui édifièrent l’Église sur ces terres – des témoins comme Mary Mac Killop, Saint Pierre Chanel, Bienheureux Pierre To Rot et tant d’autres ! La force de l’Esprit, révélée dans leur vie, est toujours à l’œuvre dans les bonnes choses qu’ils ont laissées derrière eux, dans la société qu’ils ont modelée et qui vous est confiée.
Chers jeunes, laissez-moi maintenant vous poser une question. Et vous, qu’allez-vous laisser à la prochaine génération ? Bâtissez-vous votre vie sur des fondations solides, construisez-vous quelque chose qui perdurera ? Vivez-vous votre vie de manière à laisser la place à l’Esprit au milieu d’un monde qui veut oublier Dieu, voire le rejeter au nom d’une fausse conception de la liberté ? Comment utilisez-vous les dons que vous avez reçus, la « force » que l’Esprit Saint s’apprête à libérer en vous ? Quel héritage allez-vous transmettre à la jeune génération à venir ? Quelle différence allez-vous faire ?
La force de l’Esprit Saint ne fait pas que nous éclairer et nous consoler. Elle nous indique aussi le futur, la venue du Royaume de Dieu. Quelle magnifique vision d’une humanité rachetée et renouvelée pouvons-nous voir dans le nouvel âge promis par l’Évangile d’aujourd’hui ! Saint Luc nous dit que Jésus-Christ est l’accomplissement de toutes les promesses de Dieu, le Messie qui possède pleinement l’Esprit-Saint afin de le répandre sur tous les hommes. L’effusion de l’Esprit du Christ sur l’humanité est une promesse d’espérance et de délivrance de tout ce qui nous appauvrit. Elle rend aux aveugles la vue ; libère les opprimés, et crée l’unité dans et à travers la diversité (cf. Luc 4,18-19; Is 61,1-2). Cette force peut créer un monde nouveau : elle peut « renouveler la face de la terre » (cf. Ps 104,30) !
Ayant reçu la force de l’Esprit, et s’appuyant sur la riche vision de la foi, une nouvelle génération de chrétiens est appelée à construire un monde dans lequel le don de la vie de Dieu est accueilli, respecté et chéri – et non rejeté, craint comme une menace et détruit. Un nouvel âge dans lequel l’amour n’est pas cupide ni égoïste, mais pur, fidèle et authentiquement libre, ouvert aux autres, respectueux de leur dignité, cherchant leur bien, rayonnant de joie et de beauté. Un nouvel âge dans lequel l’espérance nous libère de la superficialité, de l’apathie et de l’égocentrisme qui affaiblissent nos âmes et empoisonnent nos relations. Chers jeunes amis, le Seigneur vous demande d’être les prophètes de ce nouvel âge, les messagers de son amour, attirant les hommes vers le Père et construisant un futur rempli d’espérance pour l’humanité entière.
Le monde a besoin de ce renouveau ! Dans tant de nos sociétés, parallèlement à la prospérité matérielle, se répand le désert spirituel : un vide intérieur, une peur indéfinissable, un sentiment caché de désespoir. Combien de nos contemporains se sont creusé des citernes lézardées et vides (cf. Jr 2:13) dans leur quête désespérée de sens – le sens ultime que seul l’amour peut donner ? C’est le grand don libérateur que nous apporte l’Évangile : il révèle notre dignité d’hommes et de femmes créés à l’image de Dieu et à sa ressemblance. Il révèle la sublime vocation de l’humanité : trouver la plénitude dans l’amour. Il révèle la vérité sur l’homme et la vérité sur la vie.
L’Église aussi a besoin de ce renouveau ! Elle a besoin de votre foi, de votre idéalisme et de votre générosité afin de pouvoir rester jeune dans l’Esprit (cf. Lumen Gentium, 4) ! Dans la deuxième lecture d’aujourd’hui, Paul nous rappelle que tout chrétien a reçu un don destiné à construire le Corps du Christ. L’Église a tout particulièrement besoin des dons des jeunes, de tous les jeunes. Elle a besoin de grandir dans la force de L’Esprit qui, aujourd’hui encore, donne de la joie à votre jeunesse et vous inspire à servir le Seigneur avec joie. Ouvrez vos cœurs à cette force ! Je lance cet appel d’une manière particulière à ceux d’entre vous que le Seigneur appelle à la prêtrise et à la vie consacrée. N’ayez pas peur de dire « oui » à Jésus, de trouver votre bonheur en faisant sa volonté, en vous donnant complètement pour parvenir à la sainteté, et en mettant tout vos talents aux services des autres !
Dans quelques instants, nous célébrerons le sacrement de Confirmation. L’Esprit Saint descendra sur les confirmands ; ils seront « scellés » par le don de l’Esprit et envoyés pour être les témoins du Christ. Que signifie recevoir le « sceau » de l’Esprit Saint ? Cela signifie être marqué de manière indélébile, transformé de manière inaltérable, être une nouvelle création. Pour ceux qui ont reçu ce don, rien ne sera comme avant ! Être « baptisé » en un seul Esprit (cf. 1 Co 12,13) signifie être embrasé de l’amour de Dieu. Être « abreuvé » de l’Esprit signifie être rafraîchi par la beauté du plan de Dieu pour nous et pour le monde, et devenir à notre tour une source de rafraîchissement spirituel pour les autres. Être « scellé de l’Esprit » signifie ne pas avoir peur de défendre le Christ, laissant la vérité de l’Évangile imprégner notre manière de voir, de penser et d’agir, tandis que nous œuvrons pour le triomphe de la civilisation de l’amour.
Alors que nous prions pour les confirmands, demandons que la force du Saint-Esprit ravive la grâce de notre propre confirmation. Qu’il répande ses dons en abondance sur vous qui êtes ici présents, sur la ville de Sydney, sur cette terre australienne et sur tout son peuple ! Que chacun d’entre nous soit renouvelé dans l’esprit de sagesse et d’intelligence, l’esprit de conseil et de force, l’esprit de science et de piété, l’esprit d’admiration et de crainte face à la présence de Dieu !
Par l’intercession aimante de Marie, Mère de l’Eglise, que ces vingt-troisièmes Journées Mondiales de la Jeunesse soient vécues comme une nouvelle chambre haute, depuis laquelle, chacun d’entre nous, brûlant du feu et de l’amour de l’Esprit Saint, se mette en route pour proclamer le Christ ressuscité et attirer tous les cœurs à lui ! Amen.







Message Urbi et Orbi

 MESSAGE DU DIMANCHE DE PAQUES

ROME, Dimanche 23 mars 2008 (ZENIT.org) - Les « plaies » de l'humanité « attendent d'être soulagées et guéries par les plaies glorieuses du Seigneur ressuscité »: l

e pape Benoît XVI a lancé cet appel à la responsabilité du chrétien dans son message de Pâques, à l'occasion de sa bénédiction « Urbi et Orbi », au terme de la messe de Pâques.

Le parvis de la basilique était à cette occasion transformé en jardin parfumé et fleuri par des horticulteurs hollandais, mais la pluie battante démentait ce printemps liturgique, sans pour autant décourager les dizaines de milliers de chrétiens participant à la célébration.

« Le Christ est ressuscité. Sainte fête de Pâques ! Que pour vous ce mystère soit source de bonheur et de paix profonde », disait ensuite le pape aux francophones présents place Saint-Pierre ou en liaison directe par la télévision ou la radio.

Benoît XVI citait ces paroles liturgiques en latin : « Je suis ressuscité, je suis toujours avec toi. Alleluia ! Chers frères et sœurs, Jésus crucifié et ressuscité nous répète aujourd'hui cette joyeuse annonce : l'annonce pascale. Accueillons-la avec un profond émerveillement et avec une grande gratitude ! »

Mais Benoît XVI mentionnait en même temps « les plaies de l'humanité, ouvertes et douloureuses en tout coin de la planète, même si elles sont souvent ignorées et parfois volontairement cachées ; plaies qui écorchent les âmes et les corps de tant de nos frères et de nos sœurs ».

D'où cet appel à la responsabilité du chrétien dans le monde d'aujourd'hui: « Elles attendent d'être soulagées et guéries par les plaies glorieuses du Seigneur ressuscité (cf. 1 P 2, 24-25) et par la solidarité de tous les hommes qui, sur ses pas et en son nom, posent des gestes d'amour, s'engagent concrètement pour la justice et répandent autour d'eux des signes lumineux d'espérance dans les lieux ensanglantés par les conflits et partout où la dignité de la personne humaine continue à être outragée et foulée aux pieds ».

Le pape en appelle à des « témoignages de douceur et de pardon ! » Et de citer « le Darfour et la Somalie », le  « Moyen-Orient tourmenté », et spécialement la Terre Sainte, l'Irak, le Liban, et le Tibet. Pour toutes ces régions, le pape « encourage la recherche de solutions qui sauvegardent le bien et la paix ! », mais aussi « la solidarité fraternelle » et « la paix ».

Le pape invite « à contempler le Christ ressuscité, en en faisant résonner la voix dans notre cœur » : « Par son sacrifice rédempteur, Jésus de Nazareth nous a rendus fils adoptifs de Dieu, de sorte que maintenant nous pouvons, nous aussi, nous insérer dans le dialogue mystérieux entre Lui et le Père. Nous avons en mémoire ce qu'un jour il a dit à ses auditeurs : « Tout m'a été confié par mon Père ; personne ne connaît le Fils, sinon le Père, et personne ne connaît le Père, sinon le Fils, et celui à qui le Fils veut le révéler » (Mt 11, 27) ».

Le pape actualisait cette parole de l'Evangile en soulignant l'œuvre de la miséricorde divine: « Grâce à la mort et à la résurrection du Christ, nous aussi aujourd'hui, nous ressuscitons à une vie nouvelle et, unissant notre voix à la sienne, nous proclamons que nous voulons demeurer pour toujours avec Dieu, notre Père infiniment bon et miséricordieux ».

Benoît XVI soulignait aussi cette manifestation de l'amour trinitaire: « L'événement surprenant de la résurrection de Jésus est essentiellement un événement d'amour : amour du Père qui livre son Fils pour le salut du monde ; amour du Fils qui s'abandonne à la volonté du Père pour nous tous ; amour de l'Esprit qui ressuscite Jésus d'entre les morts dans son corps transfiguré. Et encore : amour du Père qui « embrasse de nouveau » le Fils, l'enveloppant dans sa gloire ; amour du Fils qui, par la force de l'Esprit, retourne au Père, revêtu de notre humanité transfigurée ».

Benoît XVI évoque cette « expérience absolue et particulière de la résurrection de Jésus » qui constitue un «  appel à nous convertir à l'Amour », à « vivre en refusant la haine et l'égoïsme, et à suivre docilement les traces de l'Agneau immolé pour notre salut, à imiter le Rédempteur « doux et humble de cœur », qui est «repos pour nos âmes » (cf. Mt 11, 29) ».


 VEILLEE PASCALE

Pâques : Dans le « départ » de Jésus, une nouveauté qui « change le monde »

Homélie prononcée par Benoît XVI la nuit de Pâques


ROME, Dimanche 23 mars 2008 (ZENIT.org) - Dans la mort et la résurrection de Jésus se trouve « une nouveauté unique, qui change le monde », explique Benoît XVI dans son homélie pour la veillée pascale. Et, ajoute le pape, c'est une espérance pour la paix et la réconciliation dans le monde : « les croyants ne sont jamais totalement étrangers l'un à l'autre ».

Le pape a en effet présidé la célébration de la veillée pascale, « mère » de toutes les célébrations liturgiques de l'Eglise.

« Dans le cas de Jésus, expliquait Benoît XVI, il y a une nouveauté unique, qui change le monde. Dans notre mort, s'en aller, c'est quelque chose de définitif, il n'y a pas de retour. Jésus, au contraire, dit de sa mort : ‘Je m'en vais, et je reviens vers vous' ».

Transformés par l'amour

C'est un départ pour une « présence », et une présence d'amour, sans fin, souligne le pape : «  En réalité, dans ce départ, il vient. Son départ inaugure pour lui un mode de présence totalement nouveau et plus grand. Par sa mort, il entre dans l'amour du Père. Sa mort est un acte d'amour. Mais l'amour est immortel. C'est pourquoi son départ se transforme en un nouveau retour, en une forme de présence qui parvient plus en profondeur et qui ne finit plus ».

Et de préciser la différence entre les amours humains, toujours plus ou moins entravés, et l'amour du Christ, absolument libre: « Bien sûr, dans l'amour nous pouvons d'une certaine façon entrer dans l'existence d'autrui. Cependant, la barrière qui vient du fait que nous sommes différents demeure infranchissable. Au contraire, Jésus, qui est maintenant totalement transformé par l'action de l'amour, est libéré de ces barrières et de ces limites ».

Le Christ passe les murailles des limites humaines : « Il est en mesure de passer non seulement à travers les portes extérieures fermées, comme nous le racontent les Évangiles (cf. Jn 20, 19). Il peut passer à travers la porte intérieure entre le je et le tu, la porte fermée entre l'hier et l'aujourd'hui, entre le passé et l'avenir ».

Un départ qui est une présence

D'où ce paradoxe du « départ » pour une présence universelle : « Son départ devient un retour dans le mode universel de la présence du Ressuscité, dans lequel il est présent hier, aujourd'hui et pour l'éternité ; dans lequel il embrasse tous les temps et tous les lieux. Maintenant il peut aussi franchir le mur de l'altérité qui sépare le je du tu ».

Au catéchumènes, le pape expliquait ce qui est en jeu dans la relation nouvelle avec le Christ : «  Dans le Baptême, le Seigneur entre dans votre vie par la porte de votre cœur. Nous ne sommes plus l'un à côté de l'autre ou l'un contre l'autre. Le Seigneur traverse toutes ces portes. Telle est la réalité du Baptême : lui, le Ressuscité, vient, il vient à vous et il associe sa vie à la vôtre, vous tenant dans le feu ouvert de son amour. Vous devenez une unité, oui, un avec Lui, et de ce fait un entre vous ».

Benoît XVI souligne que le baptême est la source d'une fraternité universelle : « Dans un premier temps, cela peut sembler très théorique et peu réaliste. Mais plus vous vivrez la vie de baptisés, plus vous pourrez faire l'expérience de la vérité de ces paroles. Les personnes baptisées et croyantes ne sont jamais vraiment étrangères l'une à l'autre. (...) Les croyants ne sont jamais totalement étrangers l'un à l'autre. Nous sommes en communion en raison de notre identité la plus profonde : le Christ en nous ».

Au milieu des dangers

Benoît XVI y voit une espérance pour la paix et la réconciliation : « Ainsi la foi est une force de paix et de réconciliation dans le monde : l'éloignement est dépassé ; dans le Seigneur nous sommes devenus proches (cf. Ep 2, 13) ».

Comment tant un passage  de l'Epître aux Hébreux, Benoît XVI soulignait encore cette libération apportée par le Christ dans l'histoire : « Pour nous Jésus est descendu dans les eaux obscures de la mort. Mais en vertu de son sang, nous dit la Lettre aux Hébreux, il a été remonté de la mort : son amour s'est uni à celui du Père et ainsi, de la profondeur de la mort, il a pu remonter à la vie. Maintenant il nous élève de la mort à la vraie vie. Oui, c'est ce qui se réalise dans le Baptême : il nous remonte vers lui, il nous attire dans la vraie vie. Il nous conduit à travers la mer souvent si obscure de l'histoire, où nous sommes fréquemment menacés de sombrer, au milieu des confusions et des dangers ».

Le pape faisait le rapprochement avec le récit de la libération du peuple d'Israël d ‘Egypte lu pendant cette liturgie: « Dans le Baptême, il nous prend comme par la main, il nous conduit sur le chemin qui passe à travers la Mer Rouge de ce temps et il nous introduit dans la vie sans fin, celle qui est vraie et juste. Tenons serrée sa main ! Quoiqu'il arrive ou quel que soit ce que nous rencontrons, n'abandonnons pas sa main ! Nous marchons alors sur le chemin qui conduit à la vie ».

Je peux « passer ma vie à dormir »

A propos du symbole de la lumière du Christ, le pape ajoutait : «  Etre baptisés signifie que le feu de cette lumière est descendu jusqu'au plus intime de nous-mêmes. C'est pourquoi, dans l'Église ancienne, le Baptême était appelé aussi le Sacrement de l'illumination : la lumière de Dieu entre en nous ; nous devenons ainsi nous-mêmes fils de la lumière ».

Surtout le pape soulignait la responsabilité du baptisé qui a reçu cette lumière : « Cette lumière de la vérité qui nous indique le chemin, nous ne voulons pas la laisser s'éteindre. Nous voulons la protéger contre toutes les puissances qui veulent l'éteindre pour faire en sorte que nous soyons dans l'obscurité sur Dieu et sur nous-mêmes. De temps en temps, l'obscurité peut sembler commode. Je peux me cacher et passer ma vie à dormir. Cependant, nous ne sommes pas appelés aux ténèbres mais à la lumière ».

Devenir des personnes pascales

C'est pourquoi le baptisé renouvelle chaque année ces promesses baptismales, à Pâques, rappelait le pape : « Le Seigneur nous a donné la lumière de la vérité. Cette lumière est en même temps feu, force qui vient de Dieu, force qui ne détruit pas, mais qui veut transformer nos cœurs, afin que nous devenions vraiment des hommes de Dieu et que sa paix devienne efficace en ce monde ».

Le pape concluait sur cette effort constant du chrétien pour correspondre à al grâce reçue : «  Et nous devons toujours de nouveau faire en sorte que notre cœur soit soustrait à la force de gravité qui le tire vers le bas, et que nous l'élevions intérieurement vers le haut : dans la vérité et l'amour (...). Et nous le prions ainsi : Oui, Seigneur, fait que nous devenions des personnes pascales, des hommes et des femmes de la lumière, remplis du feu de ton amour. Amen ».




Chemin de croix au Colisée : Le Christ est la réponse à notre soif d’infini

Allocution de Benoît XVI

ROME, Vendredi 21 mars 2008 (ZENIT.org) - Le Christ est la réponse à la soif d'infini du cœur humain, a rappelé Benoît XVI à l'issue du chemin de croix qu'il a présidé ce vendredi soir au Colisée, à Rome.

Plusieurs dizaines de milliers de personnes - que le pape a remerciées pour leur « patience sous la pluie » - ont participé à ce chemin de croix, bravant un froid inattendu et une pluie battante.

« De nombreuses personnes, à notre époque également, ne connaissent pas Dieu et ne peuvent pas le trouver dans le Christ crucifié. Beaucoup sont à la recherche d'un amour ou d'une liberté qui exclut Dieu. Beaucoup croient ne pas avoir besoin de Dieu », a déclaré Benoît XVI.

« Jésus Christ est mort pour affranchir l'humanité tout entière de l'ignorance de Dieu, du cercle de la haine et de la violence, de l'esclavage du péché. La Croix fait de nous des frères et sœurs », a-t-il expliqué

« Mais demandons-nous, maintenant, ce que nous avons fait de ce don. Qu'avons-nous fait de la révélation du visage de Dieu en Jésus Christ, de la révélation de l'amour de Dieu qui triomphe de la haine ? » s'est-il interrogé.

Le pape a invité les croyants à se laisser « interpeller » par le sacrifice du Christ.

« Laissons-le mettre nos certitudes humaines en crise, a-t-il exhorté. Ouvrons-lui notre cœur. Jésus est la vérité qui nous rend libres d'aimer. N'ayons pas peur : en mourant, le Seigneur a détruit le péché et sauvé les pécheurs, c'est-à-dire nous tous ».

« Voilà la vérité du Vendredi Saint : sur la croix, le Rédempteur a fait de nous des fils adoptifs de Dieu, il nous a créés à son image et à sa ressemblance », a-t-il expliqué.

« O Christ, donne-nous la paix que nous cherchons, la joie à laquelle nous aspirons, l'amour qui comble notre cœur assoiffé d'infini. Nous t'en prions, ce soir, Fils de Dieu, mort pour nous sur la croix et ressuscité le troisième jour », a conclu le pape.

Les méditations et les prières, confiées cette année par Benoît XVI au cardinal Joseph Zen Ze-kiun, s.d.b., évêque de Hong Kong, ont permis de sensibiliser les fidèles à la situation des « martyrs vivants », les chrétiens persécutés à travers le monde.

« Plus que nous, sans doute, ils ont probablement vécu dans leur corps la Passion de Jésus. Dans leur chair, Jésus a été de nouveau arrêté, calomnié, torturé, raillé, traîné, écrasé sous le poids de la croix et cloué sur ce bois, comme un criminel », explique le cardinal chinois dans l'introduction aux méditations.

Dans les représentations de chacune des quatorze stations du chemin de croix figurant dans le livret remis aux pèlerins et présentées par les chaînes de télévision du monde, Jésus apparaît avec des traits orientaux, de même que les autres personnages de l'Evangile.

A la douzième station, une jeune Chinoise a remis la croix au pape qui avait suivi le chemin de croix sous un abri installé sur le mont Palatin, tout proche du Colisée.

La croix avait été auparavant portée par des frères de la Custodie de Terre sainte, une femme porteuse de handicap, en fauteuil, une famille de Rome, une religieuse du Burkina Faso et le cardinal Camillo Ruini, vicaire du pape pour le diocèse de Rome.






Benoît XVI, ce mercredi 19 mars lors de l'Audience Générale :

"Nous allons revivre les jours appelés «saints», événement central de notre Rédemption. Ces trois jours sont le cœur de l’année liturgique et de la vie de l’Église.

Le Jeudi Saint, l’Église fait mémoire de la dernière Cène, au cours de laquelle le Seigneur institua l’Eucharistie et nous donna le commandement nouveau de l’amour fraternel. Cette célébration est précédée dans tous les diocèses par la Messe chrismale, où l’Évêque et les prêtres renouvellent les promesses de leur ordination.

Le Vendredi Saint, nous ferons mémoire de la passion, de la crucifixion et de la mort de Jésus. L’Église se recueille pour méditer sur le grand mystère du mal et du péché opprimant l’humanité, parcourant de nouveau, à la lumière des Écritures et des gestes liturgiques, les souffrances du Seigneur. Toutes les traditions de piété ont pour objectif d’imprimer dans l’âme des fidèles le sentiment d’une participation véritable au sacrifice rédempteur du Christ.

Le Samedi Saint est marqué par un profond silence; dans l’attente de la Résurrection, avec Marie, les chrétiens persévèrent dans la prière et la méditation. Une grande importance est donnée au Sacrement de Réconciliation, chemin indispensable pour se purifier et se préparer à Pâques.

La Veillée pascale nous introduit dans le dimanche le plus important de l’année: la Pâque du Christ. Dans les ténèbres, l’Église accueille la lumière et médite la promesse, contenue dans l’Écriture, de la libération définitive de l’esclavage du péché et de la mort."


  Le Jésus de Benoît XVI

Telle est la grande question qui nous accompagnera tout au long de ce livre : qu’est-ce que Jésus a vraiment apporté, s’il n’a pas apporté la paix dans le monde, le bien-être pour tous, un monde meilleur ? Qu’a-t-il apporté ? la réponse est très simple : Dieu. Il a apporté Dieu...

                   site croire :  

http://www.croire.com/article/index.jsp?docId=2300465&rubId=188





Message à la jeunesse mondiale 2007

« Le secret de l’amour » : c’est ce que le pape Benoît XVI confie aux jeunes dans ce message pour la XXIIe Journée mondiale de la jeunesse, le dimanche 1er avril, dimanche des Rameaux.


"Comme je vous ai aimés,

vous aussi aimez-vous les uns les autres " (Jn 13,34) 

EXTRAITS :

Chers jeunes,


À l’occasion de la XXIIe Journée Mondiale de la Jeunesse, qui sera célébrée dans les diocèses lors du prochain Dimanche des Rameaux, je voudrais proposer à votre méditation les paroles de Jésus : « Comme je vous ai aimés, vous aussi aimez-vous les uns les autres » Jn 13, 34).

Est-il possible d’aimer ?

Toute personne éprouve le désir d’aimer et d’être aimée. Pourtant, qu’il est difficile d’aimer, et combien d’erreurs et d’échecs dans l’amour ! Certains en viennent même à douter que l’amour soit possible. Mais si des manques d’affection ou des déceptions sentimentales peuvent faire penser que l’amour est une utopie, un rêve inaccessible, faut-il pour autant se résigner ? Non, l’amour est possible et le but de mon message est de contribuer à raviver en chacun de vous, qui êtes l’avenir et l’espérance de l’humanité, la confiance dans l’amour véritable, fidèle et fort ; un amour qui engendre paix et joie ; un amour qui relie les personnes, leur permettant de se sentir libres, dans le respect mutuel.

Dieu, source de l’amour

Le premier temps concerne la source du véritable amour, qui est unique : Dieu. Saint Jean le met bien en évidence lorsqu’il affirme que « Dieu est amour » (1 Jn 4, 8.16). À ce point, il ne veut pas simplement dire que Dieu nous aime, mais que l’être même de Dieu est amour.

La Croix du Christ révèle pleinement l’amour de Dieu

Comment se manifeste à nous Dieu-amour ? Nous en sommes au deuxième temps de notre itinéraire. Même si déjà, dans la création, les signes de l’amour divin sont clairs, la révélation plénière du mystère intime de Dieu est advenue avec l’Incarnation, quand Dieu lui-même s’est fait homme. Dans le Christ, vrai Dieu et vrai Homme, nous avons connu l’amour dans toute sa signification. C’est sur la Croix que la manifestation de l’amour divin est totale et parfaite, comme l’affirme saint Paul : « La preuve que Dieu nous aime, c’est que le Christ est mort pour nous alors que nous étions encore pécheurs » (Rm 5, 8). Chacun d’entre nous peut donc dire sans peur de se tromper : « Le Christ m’a aimé et s’est livré pour moi » (cf. Ep 5, 2).

Aimer le prochain comme le Christ nous aime

Nous voici maintenant arrivés au troisième temps de notre réflexion. Sur la Croix, le Christ crie : « J’ai soif » (Jn 19, 28), révélant ainsi son ardente soif d’aimer et d’être aimé par chacun de nous. C’est seulement si nous parvenons à comprendre la profondeur et l’intensité d’un tel mystère que nous nous rendons compte de la nécessité et de l’urgence d’aimer à notre tour « comme » Il nous a aimés. Lla nouveauté du Christ consiste dans le fait qu’aimer comme Lui nous a aimés signifie aimer tous les autres, sans distinction, y compris ses ennemis, « jusqu’au bout » (cf. Jn 13,1).

Témoins de l’amour du Christ

Je voudrais maintenant m’arrêter sur trois lieux de la vie quotidienne où vous êtes particulièrement appelés, chers jeunes, à manifester l’amour de Dieu. Le premier lieu est l’Église qui est notre famille spirituelle, composée de tous les disciples du Christ. Vous souvenant de ses paroles : « Ce qui montrera à tous les hommes que vous êtes mes disciples, c’est l’amour que vous aurez les uns pour les autres » (Jn 13,35),

Se préparer à l’avenir

Le deuxième lieu où vous êtes appelés à exprimer l’amour et à grandir en lui concerne la préparation de votre avenir. Si vous êtes fiancés, Dieu a un projet d’amour sur votre avenir de couple et de famille, et il est donc essentiel que vous le découvriez avec l’aide de l’Église. L’amour de l’homme et de la femme est à l’origine de la famille humaine, et le couple que forment un homme et une femme a son fondement dans le dessein originel de Dieu (cf. Gn 2, 18-25).  N’hésitez pas à répondre généreusement à l’appel du Seigneur, car le mariage chrétien est une authentique et véritable vocation dans l’Église. De la même façon, chers jeunes, soyez prêts à dire « oui » si Dieu vous appelle à le suivre sur le chemin du sacerdoce ministériel ou de la vie consacrée.

Croître dans l’amour chaque jour

Le troisième lieu de l’engagement qu’implique l’amour concerne la vie quotidienne, avec ses multiples relations. Je pense notamment à la famille, aux études, au travail et aux loisirs. Chers jeunes, cultivez vos talents, non seulement pour obtenir une position sociale, mais aussi pour aider les autres « à grandir ». Développez toutes vos capacités, non seulement pour devenir plus « compétitifs » et plus « performants », mais pour être des « témoins de la charité ».

« Oser l’amour » en suivant l’exemple des saints

Chers jeunes, je voudrais vous inviter à « oser l’amour », à ne désirer rien de moins pour votre vie qu’un amour fort et beau, capable de faire de toute votre existence un joyeux accomplissement du don de vous-mêmes à Dieu et à vos frères, à l’exemple de Celui qui, par l’amour, est à jamais vainqueur de la haine et de la mort (cf. Ap 5,13). L’amour est la seule force capable de changer le cœur de l’homme et l’humanité entière. C’est de cela que témoigne la vie des saints. Apprenez à mieux les connaître, confiez-vous à leur intercession, cherchez à vivre avec eux.

Le secret de l’amour

Chacun de vous, chers amis, est appelé à atteindre ce même degré d’amour, mais seulement en recourant à l’indispensable soutien de la Grâce divine. Le contact avec le Seigneur, par la prière,  l’Eucharistie est par-dessus tout la grande école de l’amour. En participant régulièrement et avec dévotion à la Messe, en prenant de longs temps d’adoration en présence de Jésus Eucharistie, il est plus facile de comprendre la longueur, la largeur, la hauteur, la profondeur de son amour, qui surpasse toute connaissance (cf. Ep 3, 17-18).


Vers la rencontre de Sydney

À ce sujet, l’exhortation de l’apôtre Jean est éclairante : « Mes enfants, nous devons aimer non pas avec des paroles et des discours, mais par des actes et en vérité. En agissant ainsi, nous reconnaîtrons que nous appartenons à la vérité » (1 Jn 3, 18-19). Chers jeunes, c’est dans cet esprit que je vous invite à vivre la prochaine Journée Mondiale de la Jeunesse avec vos évêques dans vos différents diocèses. Elle constituera une étape importante vers la rencontre de Sydney, dont le thème sera : « Vous allez recevoir une force, celle du Saint-Esprit qui viendra sur vous. Alors vous serez mes témoins » (Ac 1, 8). Que Marie, Mère du Christ et de l’Église, vous aide à faire résonner partout le cri qui a changé le monde : « Dieu est amour ! ». Je vous accompagne de ma prière et vous bénis de tout cœur.

Du Vatican, le 27 janvier 2007.

MESSAGE INTEGRAL

Chers jeunes,

À l’occasion de la XXIIe Journée Mondiale de la Jeunesse, qui sera célébrée dans les diocèses lors du prochain Dimanche des Rameaux, je voudrais proposer à votre méditation les paroles de Jésus : « Comme je vous ai aimés, vous aussi aimez-vous les uns les autres » Jn 13, 34).

Est-il possible d’aimer ?

Toute personne éprouve le désir d’aimer et d’être aimée. Pourtant, qu’il est difficile d’aimer, et combien d’erreurs et d’échecs dans l’amour ! Certains en viennent même à douter que l’amour soit possible. Mais si des manques d’affection ou des déceptions sentimentales peuvent faire penser que l’amour est une utopie, un rêve inaccessible, faut-il pour autant se résigner ? Non, l’amour est possible et le but de mon message est de contribuer à raviver en chacun de vous, qui êtes l’avenir et l’espérance de l’humanité, la confiance dans l’amour véritable, fidèle et fort ; un amour qui engendre paix et joie ; un amour qui relie les personnes, leur permettant de se sentir libres, dans le respect mutuel. Permettez-moi donc de parcourir avec vous un itinéraire en trois temps à la « découverte » de l’amour.

Dieu, source de l’amour

Le premier temps concerne la source du véritable amour, qui est unique : Dieu. Saint Jean le met bien en évidence lorsqu’il affirme que « Dieu est amour » (1 Jn 4, 8.16). À ce point, il ne veut pas simplement dire que Dieu nous aime, mais que l’être même de Dieu est amour. Nous sommes là devant la plus lumineuse révélation de la source de l’amour qu’est le mystère trinitaire : en Dieu, un et trine, il existe un éternel échange d’amour entre les personnes du Père et du Fils, et cet amour n’est pas une énergie ou un sentiment, mais une personne, l’Esprit Saint.

La Croix du Christ révèle pleinement l’amour de Dieu

Comment se manifeste à nous Dieu-amour ? Nous en sommes au deuxième temps de notre itinéraire. Même si déjà, dans la création, les signes de l’amour divin sont clairs, la révélation plénière du mystère intime de Dieu est advenue avec l’Incarnation, quand Dieu lui-même s’est fait homme. Dans le Christ, vrai Dieu et vrai Homme, nous avons connu l’amour dans toute sa signification. En effet, comme je l’ai écrit dans l’encyclique Deus caritas est, « la véritable nouveauté du Nouveau Testament ne consiste pas en des idées nouvelles, mais dans la figure même du Christ qui donne chair et sang aux concepts - un réalisme inouï ! » (n. 12). C’est sur la Croix que la manifestation de l’amour divin est totale et parfaite, comme l’affirme saint Paul : « La preuve que Dieu nous aime, c’est que le Christ est mort pour nous alors que nous étions encore pécheurs » (Rm 5, 8). Chacun d’entre nous peut donc dire sans peur de se tromper : « Le Christ m’a aimé et s’est livré pour moi » (cf. Ep 5, 2). Rachetée par son sang, aucune vie humaine n’est inutile ou sans valeur, parce que nous sommes tous aimés personnellement de Lui, d’un amour passionné et fidèle, d’un amour sans limites. La Croix, folie pour le monde, scandale pour de nombreux croyants, est au contraire « sagesse de Dieu » pour ceux qui se laissent toucher jusqu’au fond de leur être, « car la folie de Dieu est plus sage que l’homme, et la faiblesse de Dieu est plus forte que l’homme » (1 Co 1, 24-25). Plus encore, le Crucifié, qui porte à jamais après sa Résurrection les marques de sa passion, met en lumière les « caricatures » et les mensonges sur Dieu qui s’affublent d’un visage de violence, de vengeance et d’exclusion. Le Christ est l’Agneau de Dieu qui prend sur lui le péché du monde et qui extirpe la haine du cœur de l’homme. Telle est la véritable « révolution » opérée par Lui : l’amour.

Aimer le prochain comme le Christ nous aime

Nous voici maintenant arrivés au troisième temps de notre réflexion. Sur la Croix, le Christ crie : « J’ai soif » (Jn 19, 28), révélant ainsi son ardente soif d’aimer et d’être aimé par chacun de nous. C’est seulement si nous parvenons à comprendre la profondeur et l’intensité d’un tel mystère que nous nous rendons compte de la nécessité et de l’urgence d’aimer à notre tour « comme » Il nous a aimés. Cela comporte l’engagement, si c’est nécessaire, de donner aussi sa vie pour ses frères, en étant soutenus par l’amour du Christ. Déjà dans l’Ancien Testament, Dieu avait dit : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » (Lv 19, 18), mais la nouveauté du Christ consiste dans le fait qu’aimer comme Lui nous a aimés signifie aimer tous les autres, sans distinction, y compris ses ennemis, « jusqu’au bout » (cf. Jn 13,1).

Témoins de l’amour du Christ

Je voudrais maintenant m’arrêter sur trois lieux de la vie quotidienne où vous êtes particulièrement appelés, chers jeunes, à manifester l’amour de Dieu. Le premier lieu est l’Église qui est notre famille spirituelle, composée de tous les disciples du Christ. Vous souvenant de ses paroles : « Ce qui montrera à tous les hommes que vous êtes mes disciples, c’est l’amour que vous aurez les uns pour les autres » (Jn 13,35), soutenez, par votre enthousiasme et votre charité, les activités des paroisses, des communautés, des mouvements ecclésiaux et des groupes de jeunes auxquels vous appartenez. Manifestez votre sollicitude en recherchant le bien d’autrui, dans la fidélité aux engagements que vous avez pris. N’hésitez pas à renoncer avec joie à certains loisirs, acceptez de bon cœur les sacrifices nécessaires, témoignez de votre amour fidèle pour Jésus, annonçant son Évangile tout spécialement aux jeunes de votre âge.

Se préparer à l’avenir

Le deuxième lieu où vous êtes appelés à exprimer l’amour et à grandir en lui concerne la préparation de votre avenir. Si vous êtes fiancés, Dieu a un projet d’amour sur votre avenir de couple et de famille, et il est donc essentiel que vous le découvriez avec l’aide de l’Église, libres du préjugé courant selon lequel le christianisme, avec ses commandements et ses interdits, met des obstacles à la joie de l’amour et empêche en particulier de goûter pleinement au bonheur que l’homme et la femme recherchent dans leur amour réciproque. L’amour de l’homme et de la femme est à l’origine de la famille humaine, et le couple que forment un homme et une femme a son fondement dans le dessein originel de Dieu (cf. Gn 2, 18-25). Apprendre à s’aimer comme couple est un chemin merveilleux, qui requiert toutefois un apprentissage exigeant. La période des fiançailles, fondamentale pour la construction d’un couple, est un temps d’attente et de préparation, qui doit être vécu dans la chasteté des gestes et des paroles. Cela permet de mûrir dans l’amour, dans la prévenance et dans l’attention à l’autre ; cela aide à exercer la maîtrise de soi, à développer le respect de l’autre, caractérisant l’amour véritable, qui ne recherche pas d’abord sa propre satisfaction ni son confort personnel. Dans la prière commune, demandez au Seigneur qu’il garde votre amour, qu’il le fasse grandir et qu’il le purifie de tout égoïsme. N’hésitez pas à répondre généreusement à l’appel du Seigneur, car le mariage chrétien est une authentique et véritable vocation dans l’Église. De la même façon, chers jeunes, soyez prêts à dire « oui » si Dieu vous appelle à le suivre sur le chemin du sacerdoce ministériel ou de la vie consacrée. Votre exemple sera un encouragement pour de nombreux autres jeunes de votre âge qui sont à la recherche du véritable bonheur.

Croître dans l’amour chaque jour

Le troisième lieu de l’engagement qu’implique l’amour concerne la vie quotidienne, avec ses multiples relations. Je pense notamment à la famille, aux études, au travail et aux loisirs. Chers jeunes, cultivez vos talents, non seulement pour obtenir une position sociale, mais aussi pour aider les autres « à grandir ». Développez toutes vos capacités, non seulement pour devenir plus « compétitifs » et plus « performants », mais pour être des « témoins de la charité ». Parallèlement à votre formation professionnelle, faites l’effort d’acquérir des connaissances religieuses qui vous seront utiles pour accomplir votre mission de manière responsable. En particulier, je vous invite à approfondir la doctrine sociale de l’Église, pour que, par ses principes, elle inspire et éclaire votre action dans le monde. Que l’Esprit Saint vous rende inventifs dans la charité, persévérants dans vos engagements et audacieux dans vos initiatives, pour contribuer à l’édification de la « civilisation de l’amour ». L’horizon de l’amour est vraiment illimité : c’est le monde entier !

« Oser l’amour » en suivant l’exemple des saints

Chers jeunes, je voudrais vous inviter à « oser l’amour », à ne désirer rien de moins pour votre vie qu’un amour fort et beau, capable de faire de toute votre existence un joyeux accomplissement du don de vous-mêmes à Dieu et à vos frères, à l’exemple de Celui qui, par l’amour, est à jamais vainqueur de la haine et de la mort (cf. Ap 5,13). L’amour est la seule force capable de changer le cœur de l’homme et l’humanité entière, en rendant fructueux les rapports entre hommes et femmes, entre riches et pauvres, entre cultures et civilisations. C’est de cela que témoigne la vie des saints, qui, véritables amis de Dieu, sont le canal et le reflet de cet amour originaire. Apprenez à mieux les connaître, confiez-vous à leur intercession, cherchez à vivre avec eux. Je voudrais simplement citer Mère Teresa, qui, parce qu’elle s’est empressée de répondre au cri du Christ « J’ai soif », cri qui l’avait profondément touchée, a commencé à accueillir les mourants dans les rues de Calcutta, en Inde. L’unique désir de sa vie est alors devenu d’étancher la soif d’amour de Jésus, non par des mots, mais par des actes concrets, en reconnaissant son visage défiguré, assoiffé d’amour, dans le visage des plus pauvres parmi les pauvres. La Bienheureuse Teresa a mis en pratique l’enseignement du Seigneur : « Chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces petits qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait » (Mt 25, 40). Et le message de cet humble témoin de l’amour divin s’est répandu dans le monde entier.

Le secret de l’amour

Chacun de vous, chers amis, est appelé à atteindre ce même degré d’amour, mais seulement en recourant à l’indispensable soutien de la Grâce divine. Seule l’aide du Seigneur nous permet en effet d’échapper à la résignation devant l’ampleur de la tâche à accomplir et nous donne le courage de réaliser ce qui est humainement inconcevable. Le contact avec le Seigneur, par la prière, nous maintient dans l’humilité, nous rappelant que nous sommes des « serviteurs inutiles » (cf. Lc 17, 10). L’Eucharistie est par-dessus tout la grande école de l’amour. En participant régulièrement et avec dévotion à la Messe, en prenant de longs temps d’adoration en présence de Jésus Eucharistie, il est plus facile de comprendre la longueur, la largeur, la hauteur, la profondeur de son amour, qui surpasse toute connaissance (cf. Ep 3, 17-18). En partageant le pain eucharistique avec nos frères de la communauté ecclésiale, nous sommes poussés, comme le fit la Vierge avec Élisabeth, à concrétiser « en hâte » l’amour du Christ dans un généreux service envers nos frères.

Vers la rencontre de Sydney

À ce sujet, l’exhortation de l’apôtre Jean est éclairante : « Mes enfants, nous devons aimer non pas avec des paroles et des discours, mais par des actes et en vérité. En agissant ainsi, nous reconnaîtrons que nous appartenons à la vérité » (1 Jn 3, 18-19). Chers jeunes, c’est dans cet esprit que je vous invite à vivre la prochaine Journée Mondiale de la Jeunesse avec vos évêques dans vos différents diocèses. Elle constituera une étape importante vers la rencontre de Sydney, dont le thème sera : « Vous allez recevoir une force, celle du Saint-Esprit qui viendra sur vous. Alors vous serez mes témoins » (Ac 1, 8). Que Marie, Mère du Christ et de l’Église, vous aide à faire résonner partout le cri qui a changé le monde : « Dieu est amour ! ». Je vous accompagne de ma prière et vous bénis de tout cœur.

Du Vatican, le 27 janvier 2007.